OBSERVATION VI
Calcul de l'uretère pelvien droit à huit centimètres de l'orifice vésical. Dix séanc:s de dilatation var laminaires montées sur sonde uretérale. Pas d'expulsion du calcul. Ablaïion par ureétérotomie. Rétrécissement cicatriciel. Dilatation par laminaires.
Mme P... Gilberte, 23 ans, entre au Pavillon Albarran, le 26 août 1927 pour colique néphrétique droit:. Opérée d'appendicite il y a onze ans, elle a présenté, il y a six ans des douleurs analogues aux douleurs actuelles, et une radiographie a démontré l’existenc: d'un calcul du bassinet droit.
Actuellement les sondes uretérales sont arrêtées à 8 cen-
timètres dans l'uretère droit. À gauche, elles passent facilement.
Une radiographie sur sonde uretérale opaque montre un calcul des dimensions d'un noyau de cerise au contact de la sonde, se projetant un peu au-dessous du bord inférieur d= l’échancrure sciatique.
Le 27 août 1927, le Docteur Lazard tente de faire descendre le calcul par la dilatation de l’urstère au moyen des tiges de laminaire, bien qu'il soit situé au-dessus du point qui peuvent atteindre les plus grosses laminaires dont dispose alors le service, — 2t qui n’ont que 6 centimètres —. Les laminaires employées ont été, en général, du calibre 6 Beniqué. Jusqu'au milieu d'octobre, une dizaine de séances de dilatation ont été faites, sans constater l'expulsion du calcul. Son ablation chirurgicale s’imposs.
Le 28 octobre 1027, urétérotomie pelvienne par le Docteur Chevassu. On trouve l’uretère dilaté, de la largeur d'un doigt, épaissi, entouré de graiss?. On !'incise sur le calcul sur la iongueur stricte indispensable pour le faire sortir. On constate que le calcul est en quelque sorte incrusté dans la muqueuse par une série d: granulation et d’aspérités ; il a dû être dégagé avec précaution peu à peu, avec l’extrêmité d’une spatule mousse. Ce calcul, très adhérent, laissait passer les urines par deux gouttières longitudinal?s, ressemblant presque au passage qu'auraient pu se frayer des sondes uretérales.
On s'assure qu’une sonde vésicale 10 Beniqué, passe facilement jusqu’à la vessie.
Comme la muqueuse est exubérarnte, on place deux fils sur l'incision uretérale.
Sauf un peu de fièvre pendant les quatre premiers jours qui suivent l'opération, les suites sont des plus simples.
La malade, ne souffrant plus, quitte le service le 27 novembre 1927, en excellent état.
Elle revient pour vérification le G janvier 1928. Une sonde 14 mont: facilement à 25 cm., et évacue une petite rétention de 13 cc.
Le 24 février 1928, la malade rentre d'urgence à l’hôpifal. Elle a été prise d’une grande crise douloureuse à droite à l'endroit même où selle souffrait avant d’être opérée.
Les sondes butent à 6 cm., et ne peuvent passer qu'après forte insistance ou mouvements de torsion.
Une urétéropyélographie rétrograde, pratiquée le 26 avril 1928, montre un rétrécissement très net au niveau de la cicatrice d’urétérotomie. À > centimètres environ au-dessus de l’orifice vésical, on voit l’uretère présenter une sorte de bifurcation qui mène à droite dans un court diverticule de 3 mm., à peine, tandis qu’à gauche continue l'uretère réel, dont le calibre est à ce niveau extrêmement réduit, sur une hauteur d’un centimètre environ. Plus haut, il reprend un calibre normal; il tend même, sur l’aileron sacré, à présenter
une légère dilatation fusiforme.
On entreprend une série de dilatations au moyen de sondes uretérales à extrêmité olivairz. On passe des sondes de calibre 14 et 16. Une nouvelle urétéropyélographie rétrograde faite le 11 juin 1928 montre que la lumière de l'uretère a toujours son asp?ct en encoche, mais la zone sténosée est nota-
blement plus étroite.
Malgré la régularité des dilatations à la sonde, la malade est reprise de douleurs dès qu’on cherche à espacer Îles
dilatations de plus de quinze jours.
En septembre 1928, une sonde 14 monte jusqu'au bas-
sinet. 4 cc. de rétention.
Le 8 novembre 1928, une nouvelle urétéropyélographie rétrograde montre un aspect sensiblement analogue à celui
du 11 juin.
Le 13 décz:mbre 1028, le Docteur Lazard se décide à tenter une dilatation avec une laminaire enfoncée complètement dans l'uretère. Une laminaire de calibre 14 Beniqué bute d’abord à 4 cm. On a l'impression qu’elle manque par trop de souplesse. On n'insiste pas. On vérifie qu’une sonde uretérale 14 peut monter; elle le fait après un arrêt à 4 cm. On reprend alors la laminaire, qui s’est pendant cette manœæuvre, notablement assouplie. Ell: bute un instant sur l’obstacle, puis le franchit sans difficulté. On l’arrête plus haut, sans pouvoir affirmer au juste sa situation. On la laisse ainsi
pendant quelques minutes, puis on la ramène dans la vessie.
Gi =
Elle revient fortement dilatée, laissant derrière elle un orifice béant.
Depuis cett: époque, on passe sans difficulté chaque semaine, des sondes uretérales de calibre 14, 15, ou 16. La
malade en souffre plus.