OBSERVATION VII
Calcul de l’uretère pelvien invisible à la radiographie. Dilatation sous-jacente à l'obstacle, par laminaires montées sur sonde uretérale. Pas d'expulsion. Urétérotomie. Dilata-
. # # . « tion post-opératoire de l’uretère.
Mme F... Marie, entre au Pavillon Albarran, le 17 juillet 1027. Elle dit souffrir depuis longtemps d2: coliques hépatiques et néphrétiques qui seraient apparues dans l’année qui suivit, i! y à quinze ans, une hystérectomie pour kyste de l'ovaire.
Les crises de coliques néphrétiques ne sont pas très nettes; elles ne s’accompagnent d'aucun symptôme urinaire; il n’a jamais été rendu par les urines, ni calculs, ni graviers ni sang.
Pyurie légère. Reins imperceptibles. Douleur dans l’angl: costo-vertébral droit.
AOC RER 0 4e RERO ESS pK =" 028 "47 D.
Le 10 juillet 1927, la cystoscopie montre un orifice uretéral droit un peu rouge, dans lequel toutes les sondes butent irrémédiablement à 4 cm. 3. La sonde 10 laissée un moment à demeure donne, goutte à goutte des urines notablement plus troubles que les urines totales.
Une radiographie pratiqué: alors ne montre rien d’anormal, absolument rien de visible, en particulier dans le bassin au niveau de l'obstacle uretéral.
Le 21 juillet 1927, mise en place, facile, d'une laminaire du calibre 3 Beniqué, montée sur sonde uretérale. On l’enfonce autant qu'on peut le faire, sans qu’elle disparaisse entièrement dans l’uretère. Elle a 3 centimètres de long. On ne se rend pas compte si on a franchi quelque obstacle. On la laisse en place un quart d'heure. Elle revient au caïibre d'une sonde uretéral 14.
Une nouvelle cystoscopie est faite le ; octobre 1027. Les sondes butent toujours sur un obstacle, qu2l que soit leur calibre. L'obstacle est à ce moment à > cm. de l’orifice vésical.
La malade est perdue de vue pendant dix mois. Elle rentre au Pavillon Albarran, le 17 juillst 1928.
Elle a été prise récemment de violentes douleurs dans la fosse iliaque droite, avec irradiations le long de l’uretère et la vessie, accompagné:s de vomissements. Pas de fièvre. Les urines sont franchement sanglantes, et continuent hématuriques pendant environ quinze jours.
Le 20 juillet 1028, une urétéropyélographie rétrograde
montre une dilatation en boudin cylindrique, régulier, des cinq ou six derniers centimètres de l’uretère droit. Au-dessus, cette dilatation cesse brusquement, pour se continuer avec un uretère de calibre petit, et d’ailleurs, régulier. Le bassinet n'est pas injecté.
La radiographie faite avant l’urétéropyélographie, ne montre rien de susceptible d'expliquer le changement brusque de dimensions de l’uretère dans sa traversée pelvienne.
Il est possible que cet aspect soit dû à la dilatation par la laminaire.
Le 27 juillet 1928, l'exploration fonctionnelle U. D. V. R. G., montre une déficienc: marquée du rein droit. En
voici les chiffres :
Urée Eau Concentration Débit MDN CCC. 127 CC: IST 004 0,061 0,127 DER Ga 18-CC. 19 19 0,085 0,342
U. D. Cell. épithéliales. Polynucléaires. Cocci Grahm +.
Les 6, > et 8 octobre 1928, l’état de la malade, qui a quitté l'hôpital pendant les vacances, est toujours ls même. Toutes les sondes sont arrêtées à 7 cm. dans l’uretère droit. Après retrait des sondes on voit sortir de l’orifice, du liquide trouble, par éjaculations arythmiques.
M. Chevassu décide d'intervenir sur l’obstacle pelvien.
Le 10 octobre 10928, l’incision iliaque conduit sur l’ure-
tre pelvien dans lequel on sent immédiatement un gros calcul
qu'aucune radiographie n'avait relevé. Il est extrait facilsment par une petite incision longitudinale. Il a la forme d’un large noyau d'olive, de surface rugueuse et asez irrégulière, mesurant 1 cm. 3 de long et 8 mm. de largeur. On s'assure de la perméabilité de l’uretère au-dessus et au-dessous du calcul. Pas de suture uretérale. Drain dans la région suturée. Réunion totale en un plan au fil de bronze. Guérison opératoire sans incidents.
Une urétéropyélographie rétrograde, faite le 29 novembre 1928, ne montre rien d'anormal au niveau de la cicatrice d’urétérotomie. Les trois derniers centimètres de l’uretère sont un peu plus dilatés qu’à l’état normal. Il y a un léger fuseau sur l’aileron sacré. L'’uretère lombaire 2st fortement coudé au-dessous du rein. Le bassinet, qu’on n'était pas parvenu à injecter, tant que le calcul était en place, est fortement distendu. L’hydronéphrose est certainement d2 8o cc., au moins.
Même aspect sur une nouvelle urétéropyélographie le o décembre 1928.
Ne souffrant plus, la malade quitte le service. Elle est de nouveau hospitalisée en janvier 1920, pour des douleurs lombaires du côté droit.
L'examen cystoscopique montre des orifices d'apparence normale. Les sondes butent à droite à 2 cm. On réussit à passer une filiforme urétrale, qu'on remplace par une lami-
naire 12, qui passe à frottement. On la pousse jusqu’à ce
Ces
Ou
qu'elle bute. On la laisse en place pendant quinze minutes. Au bout de ce temps on voit qu'elle à disparue dans l’uretère. En la redesc2ndant, on constate qu’elle a franchi l'obstacle, au niveau duquel elle est laissée encore dix minutes.
Après l'avoir retirée, l'orifice apparaît largement ouvert. Par la suite, plusieurs explorations successives suivies de dilatation à une semaine d'intervalle, de même que !’examen fonctionnel, fait suffisamment à distance de la levée de l'obstacle uretéral, montrent une déficienc: très marquée du rein droit, dont les cavités sont très dilatées. On conseil.e à ja malade la néphrectomie qu’elle refuse.
On continue donc, à pratiquer tout2s les semaines une séance de dilatation. Les laminaires, en dilatant fortement l’uretère, permettent à la malade de conserver sans douleurs ni
accidents ce rein, en aftendant qu'eile se décide à le sacrifier.