‹ La Dilatation des Bronches chez l'Adulte: Formes Cliniques, Evolution et Modes de terminaisonChapitre 15 sur 61 · Symptomatologie · texte numérisé non relu

Symptomatologie

Les cas sont bien rares où l’on a pu, à l’aide de la bronchoscopie et de la radiographie après lipiodol, surprendre le début d’une dilatation bronchique et en suivre le développement, et ce n’est guère que dans certains cas de suppuration pulmonaire chronique qu’on assiste à son éclosion (Léon Kindberg). Le plus souvent l'affection est chronique : le début des accidents est lointain et difficile à préciser. Il s’agit en effet d’un vieux tousseur qui depuis de longues années présente de la « bronchite chronique », de « l’emphysème » et chez lequel chaque hiver ramène, à l’occasion d’un rhume, une aggravation plus cu moins inquiétante de son état. Ces poussées successives se rapprochant, vont, avec le temps, aboutir finalement au syndrome que nous allons maintenant décrire.

Dès l’abord, L'EXPECTORATION, symptôme fondamental, attire l'attention du médecin par son intensité et ses caractères.

Dès le réveil, à la suite de quintes de toux pénibles, le malade rejette un flot de mucosités accumulées pendant le sommeil; il fait, selon l’expression clas-

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sique, « la toilette de ses bronches ». D'autres fois discontinue, au cours de la journée, l’expectoration de 24 heures, recueillie dans un récipient, atteindra un volume déconcertant : 300 gr., 500 et 600 gr. ou plus. Un tel « vidage » est en général suivi d’un soulagement marqué. L’aspect de ces crachats est tantôt muqueux, transparent, tantôt jaunâtre, puriforme. Abandonné dans un vase, le liquide se déposera par le repos en trois couches :

a) Une couche supérieure spumeuse et aérée.

b) Une couche moyenne muqueuse avec des filaments purulents tombant lentement en stalactites sur la couche sous-jacente.

c) Une couche inférieure formée d’un magma puriforme, verdâtre.

Quant à l’odeur des crachats, elle est très spéciale et a pu être comparée à celle du « plâtre frais », mais à certaines périodes l’expectoration devient très fétide, rappelant l’odeur de matières animales en putréfaction. Cette fétidité est surtout prononcée au moment des poussées évolutives pour diminuer ou disparaître ensuite (fétidité « à éclipses »).

Le microscope permet de déceler dans la couche profonde (Schützenberg) des polynucléaires altérés et dans les couches superficielles de nombreux cristaux d'acide gras, des aiguilles de leucine, de tyrosine et des cellules bronchiques en voie de dégénérescence marquée: les pseudo « fragments nécrotiques » ne sont que des amas de leucocytes agglomérés.

La flore microbienne est banale : leptothrix buccalis, pneumobacille de Friedlander, cocobacille de

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