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Pfeiffer, microbes de la putréfaction au moment des épisodes gangréneux, et parfois spirochètes. Pour Sergent, cette putridité, due aux anaérchies, ne se développerait qu’en période de stagnation et de fermentation en vase clos, par draînage insuffisant dans les grandes dilatations sacciformes. Elle serait donc fonction de la forme anatomique de la dilatation. Dans les crachats on ne trouve jamais de bacille de Koch.
Au cours de la maladie, on peut voir apparaître des hémoptysies plus ou moins abondantes, facilement explicables par la congestion intense des parois des cavités bronchectasiques; ces hémoptysies seraient consécutives à la rupture de petits anévrysmes de la paroi pour Hanot et Gilbert. Elles sont en général peu abondantes, mais peuvent être parfois mortelles (Devic et Bertier). Azoulay, dans sa thèse, a fait une étude détaillée de ces hémoptysies qui, dans certains cas, sont très abondantes et surviennent sans qu'il y ait d’expectoration purulente : il s’agit alors de la « forme sèche hémoptoïque » de la dilatation des bronches décrite par Bezançon, Azoulay, M.-P. Weill et Bernard, et dont nous aurons l’occasion de parler ultérieurement.
LES SIGNES PHYSIQUES sont variables suivant l’état de vacuité ou de réplétion des dilatations bronchiques, l'importance des poussées fluxionnaires, la situation plus ou moins profonde des bronchectasies, l’état du parenchyme pulmonaire voisin.
À peine perceptibles si la cavité bronchectasique est entourée d’une épaisse couche de parenchyme sain, et surtout si elle est pleine de liquide, ils acquiè-
rent au contraire leur intensité maxima s’il existe une cavité volumineuse entourée d’un parenchyme très scléreux.
Cette sclérose du poumon se traduit à l’inspection par une rétraction partielle du thorax, avec aplatissement de la paroi costale, rapprochement des côtes, aspiration du diaphragme; à la percussion par de la matité ou de la submatité, avec exagération des vibrations vocales ; à l’auscultation par un syndrome bronchitique intense (ronchus et sibilances, râles muqueux).
D’autres fois, au contraire, l’examen permettra de découvrir tous les signes d’un foyer de densification pulmonaire, matité franche. souffle intense ou signes pseudo-pleurétiques. Ou bien on constatera un syndrome cavitaire (souffle à timbre creux, gargouillement) qui, surtout net le matin, pourra s’atténuer ou disparaître dans la journée en raison de l’encombrement progressif des cavités bronchectasiques. Mais ce syndrome cavitaire peut également s'entendre d’une façon permanente, rappelant tout à fait celui qui traduit la caverne tuberculeuse.
La constatation, à plusieurs examens successifs, de signes anormaux toujours localisés en un même point est importante à noter, en sorte qu'on peut dire : d’une part fixité des signes dans leur localisation, d'autre part variabilité dans leur intensité d’un moment à l’autre.
L'EXAMEN RADIOLOCGIQUE donnera des aspects très variés selon la forme, la grandeur, le siège, la réplétion ou la vacuité des cavités bronchectasiques, l’exis-
tence ou l’absence de lésions pleurales et le degré de sclérose pulmonaire concomitante. Ces aspects sont en général peu caractéristiques : opacité diffuse d’un champ pulmonaire, taches à une base, travées sombres irradiant du hile: seule l’image en équerre de la pleurésie médiastinale postérieure permettrait de dire presque à coup sûr qu'il s’agit de bronchectasies localisées comme l’ont montré les observations de Rist, Jacob et Trouvé, Sergent Tapie, etc... Mais en somme, il est rare de constater sur la simple radiographie, une image caractéristique de la dilatation des bronches.
Il n’en n’est pas de même de la : radiographie après injection intratrachéale de lipiodol dont nous avons déjà parlé en détail dans le chapitre précédent. Dans la thèse de Poumeau-Delille sur le « remaniement nosologique de la dilatation des bronches par l’application systématique du lipiodo-diagnostic », Sergent a repris en détail et critiqué les images que donne cette méthode et sur lesquelles nous ne voulons pas nous étendre davantage.
La conservation pendant longtemps. d’un ÉTAT GÉNÉRAL tout à fait satisfaisant contraste avec l’intensité des signes fonctionnels et physiques, particularité sur laquelle avait déjà insisté Laënnec.
Les malades ne présentent de la fièvre qu’au moment des poussées bronchitiques ou à la période terminale quand apparaissent les complications : cependant ces sujets sont souvent amaigris et présentent des déformations des extrémités digitales : doigts hipporatiques, ongles en verre de montre, doigts en ba-
guette de tambour, ostéopathie hypertrophiante pneumonique, etc... Ces déformations se constituent en général lentement et à bas bruit, ou parfois rapidement en quelques semaines. Certains auteurs ont signalé leur disparition possible avec l'extinction des signes broncho-pulmonaires.
La respiration courte, rapide, est entrecoupée de quintes de toux souvent très pénibles. Malgré tout ces
; ; se sujets qui sont souvent plus des infirmes que de véritables malades, considérés comme tuberculeux pat leur entourage, continuent d’exercer leur profession même active, arrivant parfois à un Âge avancé, souffrant surtout de l'impression pénible que provoque
autour d’eux leur catarrhe chronique.
IT. — Evolutiun - Complications
La description que nous venons de faire ne corres-