‹ La Dilatation des Bronches chez l'Adulte: Formes Cliniques, Evolution et Modes de terminaisonChapitre 35 sur 61 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Diagnostic et résumé

Bronchite chronique purulente. Etat cachectique. Image hydroaérique sus-diaphragmatique droite (abcès du poumon )

AUTOPSIE. Pleurésie purulente diaphragmatique droite cloisonnée. Dilatations bronchiques du lobe inférieur droit.

EXAMEN HISTOLOGIQUE confirmatif.

Observation clinique

(Résumée).

M. Bo... Claude, 64 ans, entre à l'hôpital le 9 février 1931 pour affection pulmonaire.

Depuis l'âge de 18 ans, le malade se plaint de bronchites répétées chaque hiver. Depuis un an il tousse et crache abondamment, maigrit et présente une dyspnée qui va en augmentant.

À l'entrée, état général médiocre, hippocratisme des doigts. expectoration muco-purulente, non fétide, sans bacilles de Koch, pas de fièvre.

L’examen clinique ne montre pas de signes cavitaires au sommet ; on entend seulement des râles de bronchite diffuse extrêmement intense gênant une auscultation minutieuse ; l'expiration est soufflante au sommet droit ; aux deux bases nombreux râles sous-crépitants inspiratoires sans foyer soufflant.

Par ailleurs, gros foie : ni sucre ni albumine dans les urines.

La radioscopie montre une image hydroaérique susdiaphragmatique droite.

Le malade succombe le soir même de son arrivée.

— ‘151 — Autopsie

Appareil pleuro-pulmonaire. Symphyse pleurale bilatérale totale. À l'extrême base droite au-dessus du diaphragme, on trouve une collection suppurée du volume d'une orange contenant un pus très fétide. Après examen très soigneux, on conclut qu'il s’agit certainement d’une pleurésie diaphragmatique cloisonnée et non d'un abcès du poumon.

L'examen du poumon droit montre des cavités suppurées, du volume d'un pois à une noisette, dans tout le lobe inférieur. Certaines de ces cavités ont une paroi lisse et il s’agit certainement de dilatations des bronches suppurées. D'ailleurs, dans toute l'étendue des deux poumons, on trouve des lésions de sclérose pulmonaire avec anthracose et pachybronchite ; du côté gauche, on trouve à la base de toutes petites dilatations bronchiques.

Il s’agit donc de bronchectasies suppurées, avec pleurésie purulente cloisonnée secondaire.

Aorte très épaissie avec plaques porcelainiques dont quelques-unes rétrécissant les orifices des intercostales. Il

s’agit vraisemblablement d'’aortite syphilitique.

Examens histologiques

Ils ont confirmé le diagnostic de dilatation des bronches

et celui d’aorte syphilitique.

REFLEXIONS

Venu à l'hôpital le jour même de sa mort, ce malade n’a pu être bien observé cliniquement ; il se présentait avec des signes de bronchite diffuse intense qui

gênait l’auscultation; on n’entendait pas de signes cavitaires, mais de nombreux râles humides aux bases. L’expectoration mucopurulente n'était pas fétide et ne contenait pas de bacilles de Koch.

La radioscopie fit découvrir une image hydroaérique sus-diaphragmatique droite.

Le malade succomba de cachexie le soir de son entrée, à l’âge de 64 ans. Chaque hiver depuis l’âge de 18 ans, il présentait des poussées de bronchite ; son affection s’était surtout aggravée depuis un an. À ce moment s'installa une bronchorrée purulente qui persista jusqu’à la mort.

L'autopsie fit découvrir des dilatations bronchiques minuscules et peu nombreuses à la base gauche, plus importantes au niveau du lobe inférieur droit; ces bronchectasies étaient suppurées et se compliquaient à droite d’une pleurésie diaphragmatique cloisonnée: un examen très soigneux montra qu'il ne s'agissait pas d’un abcès du poumon.

Au point de vue étiologique, on ne sait quelle cause incriminer. La coexistence de plaques gélatiniformes sur l’aorte permettrait de penser que peut-être la syphilis est à l’origine des lésions bronchectasiques. L'examen anatomique d’autre part permet de conclure que les bronchectasies sont anciennes et que la pleurésie diaphragmatique est secondaire à elles.

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