‹ La Dilatation des Bronches chez l'Adulte: Formes Cliniques, Evolution et Modes de terminaisonChapitre 55 sur 61 · MINES · texte numérisé non relu

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ment une observation où la mort survint par endocardite streptococcique.

Dans l'observation XXII l'autopsie a fait découvrir des lésions d’endocardite végétante, sous forme de végétaticns récentes en chou-fleur sur la face auriculaire de la grande valve de la mitrale. Mais là n’a pas été la cause de la mort: celle-ci est survenue du fait d’une pneumonie gauche.

On a signalé l’apparition possible au cours de la dilatation des bronches d’abcès métastatiques disséminés dans tous les organes, principalement d’abcès du cerveau. Les agents pathogènes sont envoyés dans le torrent circulatoire par le cœur gauche, où les apportent les veines pulmonaires; parfois il s’agit d’'embolies de particules de parenchyme pulmonaire altéré.

Le malade de l'observation XI mourut de malzdie amyloïde ; mais l’issue fatale fut précipitée par l’apparition d’une fhrombose artérielle infectieuse du membre supérieur gauche, l’oblitération siégeait à l’origine de l’artère radiale.

Chez le sujet de l’chservation XXV la mort survint par gangrène pulmonaire secondaire, mas il existait en outre un volumineux abcès de la cuisse gauche, certainement métastatique, aucune piqûre n ayant été faite à ce niveau: et l’autopsie fit découvrir un petit abcès au niveau de la substance corticale de l’un des reins.

Pour ce qui est maintenant de l’abcès du cerveau, nous n’en avons aucun cas dans noire statistique personnelle. Cette complication apparaît plus rare que ne le voudraient les classiques. Pitt et Moulonguet

(cités par Ramond) ne trouvent que dans 16 % des cas d’abcès cérébraux une étiologie pulmonaire.

Virchow le premier (1853) signale cette complication cérébrale dans la dilatation des bronches. Abercrombie en 1828 cite bien quelques cas d’abcès multiples du cerveau dans la pneumonie chronique et l’abcès du poumon, mais il ne s’agit là pour lui que d’une simple coïncidence. Virchow au contraire établit un rapport entre les deux lésions et édifie la théorie, aujourd'hui encore classique, de l’embolie. Puis des cas nouveaux sont rapportés par les auteurs : Gull, Biermer et Meyer, Gull et Sutton, et en Allemagne par Riemer (1877), Sénator, Netter (1884). En France il faut signaler à la même époque la thèse de Guillevic (1882), les travaux de Hanot et Gilbert, Stahl. Puis Conchon en réunit quatorze observations dans sa thèse (Paris 1889).

Enfin Gilbert consacre lui aussi sa thèse (Abcès du cerveau consécutifs à la dilatation des bronches. T'hèse Paris 1914) à cette complication cérébrale et en fait une étude détaillée. Pour cet auteur elle s’observerait surtout dans les bronchectasies très fétides ; habituellement il s'agirait d’abcès multiples et miliaires qui pourraient revêtir trois formes cliniques : méningitique, typhique, foudroyante ou apoplectique.

Dans la littérature lyonnaise, nous avons trouvé quelques rares observations d’abcès du cerveau ayant compliqué la dilatation des bronches. Porot (Société Médicale des Hôpitaux de Lyon, 28 juin 1904), rapporte un cas du service du Professeur Lépine où le malade, atteint de bronchestasies droites très fétides,

présentait un abcès limité du ventricule latéral droit dans sa partie postérieure. Roque, dans un mémoire sur la dilatation des bronches (Journal de Médecine de Lyon, 1923) cite un cas d’abcès unique du cerveau avec méningite puriforme. Pallasse et Grandmaison (Société des Sciences Médicales du 10 décembre 1925) publient l'observation d’un malade atteint d'hémiplégle par abcès du cerveau au cours d’une dilatation

des bronches méconnue.

Enfin plus récemment Pallasse, P. Josserand et Magnard (Société Nationale de Médecine et des Sciences Médicales, 25 mai 1932) rapportent un nouveau cas de métastase cérébrale, au cours d’une bronchectasie abcédée du lobe inférieur et de la région hilaire gauches. Cette affection évolua pendant 13 ans sous le masque de la bronchite chronique et ce n’est que la dernière année qu'apparurent de la fétidité des crachats, des hémoptysies et des poussées aiguëes fébriles. Six jours avant la mort, on nota une céphalée violente, avec fièvre à 40° et une légère parésie du bras gauche et de la face du même côté. Puis survini une crise typique d’épilepsie Jacksonienne localisée au bras et à l’hémiface gauches, laquelle laissa à sa suite une paralysie plus complète et un état semi-comateux dont mourut le malade. L’autopsie fit découvrir un « abcès du lobe occipital gauche gros comme une noix à parois régulières et plein d’un pus verdâ-

tre d’odeur fétide ».

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