‹ La Dîme Écclésiastique au XVIIIe siècleChapitre 14 sur 98 · Richter, t. I, tit. xxx. X. Liber II, ch.r · texte numérisé non relu

Richter, t. I, tit. xxx. X. Liber II, ch.r

laïque tient en fief à charge de foi et hommage et des autres droits féodaux envers un autre laïque ou envers un ecclésiastique, car peu importe en effet la qualité du seigneur de fief.

L'origine de ces dîimes inféodées est l’un des points les plus obscurs de notre histoire. Nous ne pouvons entrer ici dans les longs développements qui seraient nécessaires pour mettre en lumière celte institution féodale : quelques mots nous suffiront. Nous repousserons d’abord l'opinion qui voit cette origine dans l’ancienne dîme romaine’. Celle-ci, dit-on, aurait subsisté sous les premiers rois francs, qui auraient conservé de l’ancienne organisation impériale tout ce qui pouvait s'adapter aux coutumes germaniques, et notamment tout le système des impôts romains. Sans approfondir la valeur de cette théorie, non plus que de toutes autres relatives à la dime inféodée, nous remarquerons seulement que la fiscalité romaine disparut peu à peu de la Gaule, et que dès le temps de Charlemagne il n’en restait plus guère que le souvenir.

Nous repousserons de même cette autre opinion d’après laquelle les dîmes inféodées seraient les dimes jadis distribuées par Charles Martel à ses guerriers à charge de service militaire ?. Outre que le sort de celles-ci avait été réglé par transaction au synode de

1. Guy Coquille, C. de Nivernais, tit. x11, Préliminaires. — Drapier, Recueil de décisions sur les dimes, &. LIT, ch. x1x, S 1. — Thomassin, Ile p.,1. I, ch. xx, $ 14.

2. Rép, de Jur. de Guyot, v° Dixmes,%e partie. — Denisart, v°

Dimes inféodées. — Drapier, t. I, ch. x1x, $ 1, p. 4 à 9.

Leptines, il y avait à établir une grande différence entre les spoliations dont l'Eglise avait été victime au vin* siècle et celles qu’elle eut à subir dans la période féodale ‘. Les premières trouvent, sinon leur raison, du moins leur excuse dans les services rendus à l'Eglise par Charles Martel; les secondes ont des origines et des causes multiples dont on ne trouve pas toujours facilement la justification en droit.

Une notable partie, en effet, des dimes inféodées tire son origine de la cupidité des seigneurs féodaux ?. Ceux-ci, à la faveur des troubles qui marquent aux x° et x1° siècles le changement de dynastie, ne craignent pas de mettre la main sur les biens d'Eglise à leur convenance, sans souci des protestations. Aïlleurs même, sans rien prendre du patrimoine ecclésiastique, les seigneurs « font élever chapelle ou église comme aujourd’hui on construit maison de rapport ou établissement industriel. Au lieu d'un fermier ou d’un locataire, ils y placent un desservant, agent comme un autre qui touche des émoluments nets et doit leur remettre le surplus des produits de l'exploitation ; dimes, droits de sépultures, offrandes volontaires, droits sur les mariages et les relevailles, deviennent des droits fiscaux que les seigneurs achètent, vendent, usurpent, cèdent, inféodent, et qu'ils grossissent sans souci du service religieux et à son plus grand détriment. (est ainsi que les dîmes sont

4. Thomassin, op. cit., Ile p, Liv. I, ch. xr, $ 2, col. 66 et suiv. — D'Héricourt, Lois eccl., IV° p.

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