BRAVE
giles ne fait du paiement de la dime une règle absolue; les Actes des Apôtres sontmuets sur ce point, et si, dans les Epiîtres, saint Paul met à la charge des fidèles la subsistance des ministres du culte, du moins ne parle-t-il nulle part de Ja dime en tant qu'obligation. Au surplus, le motif pour lequel le précepte de la dîme obligatoire avait été établi par la loi de Moïse n’existe plus. Dans l’ancienne loi, la dime n'avait été accordée aux lévites que pour les indemniser de ce qu’ils n'avaient pas été admis avec les autres tribus au partage de la terre promise, et pour assurer cependant leur existence d’une manière mieux en rapport avec leurs fonctions : nil aliud possidebunt, decimarum oblatione contenti. Dans la loi nouvelle, au contraire, les ministres de Dieu peuvent posséder des biens fonds, et d'autre part le sacerdoce n’est plus l'apanage d’une caste. La dime reparaît alors avec son premier caractère, celui qu’elle avait au temps des patriarches ; elle revêt dans l'Eglise chrétienne la forme d’une marque de piété et de charité pour la glorification de Dieu qui bénit le travail des hommes et la rétribution toute volontaire de ses ministres ; c'est aussi avec ce caractère qu'elle se perpétuera pendant les premiers siècle de notre ère.
En dehors de ces pures traditions de l'Eglise chrétienne, la simple histoire des peuples de l'antiquité nous montre également l’existence de la dime au berceau même du monde. Ainsi que l’atteste la cu+
41, Saint Matthieu, xxx, 23. — Saint Luc, x1, 42.