‹ La Dîme Écclésiastique au XVIIIe siècleChapitre 81 sur 98 · Beaumont-le-Rager, IL · texte numérisé non relu

Beaumont-le-Rager, IL

2, Cahier de Bussy-Saint-Georges, I, 387, 16.

peuple gémit partout sur lemploi qui est fait des dimes, sur les abus qui en résultent. C’est ainsi qu’à Nemours ie Tiers-Etat s'élève de mème contre tous ces décimateurs qui après avoir renoncé aux fonctions curiales « ont gardé la jouissance de la dîme et ont cru être quittes enversles fidèles et envers la société en payant aux curés des portions congrues qui ne les mettent à portée ni de soutenir leur état avec décence, ni même de ne pas manquer du nécessaire, et qui par conséquent les laissent dénués des moyens d'exercer la charité. Aïnsi le peuple des paroisses paie un impôt énorme pour le service divin, et ce sont des gens étrangers au service divin qui en jouissent !. »

« Il y a des paroisses, — lit-on encore ailleurs ?, — où la dime vaut plus de 12.000 livres, sur lesquelles le curé a une modique portion congrue de 800 livres ; Les pauvres, rien ; les 11.200 livres d’excédent vont à des personnes au moins inutiles à la paroisse. En donnant 1.500 livres au curé, 800 ou 1.000 livres aux pauvres, on remplirait le vœu de l'établissement de la dime, et la paroisse profiterait de plus de9.000 livres qui paieraient la majeure partie de ses impositions. » La dime n’atteint donc plus son but originaire ; elle n'appartient plus ni à Dieu niaux pauvres, mais bien à des bénéfciers souvent éloignés des paroisses, obérés ou indifférents ; pour avoir les sacrements, pour entretenir l'église, le

1 T. E. de Nemours, LV, 192 et sq.

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