Arthur Young, Voyages en France, tome IT, p
2. On peut juger de cette misère par les doléances suivantes, que nous relevons dans le cahier de la sénéchaussée de Châtellerault : « Les députés exposeront la misère affreuse des habitants de la campagne, réduits, dans toute la sénéchaussée, à se nourrir à l'ordinaire de pain et d’eau, et souvent à manquer même de pain, lequel est toujour le plus noir etle plus grossier. » (Archives parlementaüres, 11, 695.)
3. Aimé Chérest, {a Chute de l'Ancien Régime, t. I, ch.1; t. Il; ch. xv; p. 546, in fine.
néraux à Versailles pour le 27 avril 1789 », et le règlement qui l'accompagnait. « Sa Majesté, — disait ce règlement, — a désiré que des extrémités de son royaume et des habitations les moins connues, chacun fût assuré de faire parvenir jusqu’à elle ses vœux et ses réclamations. » Ainsi, rompant avec le passé, la royauté s’informait des besoins du peuple, se proposait d'y remédier : elle invitait la France entière à formuler « ses vœux et ses réclamations », à unir ses efforts aux siens pour réformer tous les abus. A cet appel, la France tressaillit d'espérance ; désormais sa misère allait être moindre, des jours meilleurs allaient venir. Partout les populations se mirent à l’œuvre pour rédiger ces « Cahiers des plaintes, remontrances et doléances » que nous venons d'analyser sur une question particulière, et elles exprimèrent tout ce qu'elles attendaient des efforts réunis de la nation et du roi. « Dans la régénération générale qui va se faire, — disaient-elles, — nous osons espérer des droites intentions du souverain et des lumières réunies de la nation française, que celleci, sous la bienfaisance et la direction du père commun, remettra les choses comme elles devraient l'être‘, »
1. Cahier de la paroisse de Ménil-la-Horgne (bailliage de Bar-le Duc), IT, 226-60 (Dimes).