‹ La Dime Ecclésiastique en FranceChapitre 19 sur 93 · PROS 1 ER · texte numérisé non relu

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ou Pitgam (1), d'où les « décimateurs emportaient annuellement une forte somme ». Nous n'avons trouvé, en Flandre maritime, aucun cahier parmi ceux qui ont été publiés par MM. Sagnac et de Saint Léger, qui indiquât un autre taux que le onzième.

Il était loin d’en être ainsi en Bretagne où la variété était fort accentuée : La dime s'y percevait, en effet, entre le taux très faible du trente-sixième et la proportion exorbitante du cinquième et même du quart. Les paroisses de la sénéchaussée de Quimper étaient le plus souvent dimées à des taux variant entre le trentième et le trente-sixième : à Elven, notamment, au trente-troisième (?); on y rencontrait d'ailleurs aussi quelques taux plus élevés, comme le vingtième, le dix-huitième, le seizième et le treizième. La sénéchaussée de Rennes allait jusqu'au douzième dans les paroisses de Saint-Pern, Crehen, Le Merzer (*), Veneffles {‘), Domloup (5), Noyal-sur-Vilaine (°),

et même au onzième (‘), et au dixième, à Bourg-des-Comptes et Langon (*). Celle de Ploërmel connaissait aussi le onzième et le dixième (Massérac par exemple).

Dans le pays nantais, on rencontrait d’une manière assez uniforme les deux taux très différents du onzième et du vingt-deuxième : a paroisse de Pontchâteau dimait au onzième et les paroisses immédiatement voisines au vingt.

() Sagnac el de Sainlt-Léger, op. cül., t. IT, 223, départ. du Nord, arrond. de Dunkerque.

(2) H. Sée, Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle à la Révolution, p. 163 et suiv., départ. du Morbihan, arrond. de Vannes.

(#) Dupont, La condition des paysans dans la sénéchaussée de Rennes avant la Révolution, d'après les cahiers de puroisses, Annales de Brelagne, 1901. Voir les paroisses de : Saint-Pern, départ. d'Ille-et-Vilaine, arrond. de Montfor!; Créhen, Ibid., arrond. de Dinan; Le Merzer, Jbid., arrond. de Saint-Brieuc.

(‘) Sée et Lesort, Les cahiers de doléances des paroisses de la sénéchaussée de Rennes, t. I, 578, départ. d’Ille-el-Vilaine, arrond. de Rennes.

(5) Ibid., L. I, 587, ibid.

($) Ibid, t. II, 37, ibid.

(?) Notamment à Marcillé-Robert (Sée el Lesort, t. I, 203, départ. d’Ille-el- Vilaine, arrond. de Vitré), Châleaubourg (t. I, 287, même arrond.), Chanteloup (t. Il, 217, arrond. de Redon), Saint-Aubin d’Aubigné (t. II, 146, arrond. de Rennes).

(8) Ibid., t. II, 224 et 441, arrond. de Redon.

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deuxième (!), ce qui montre bien jusqu'où l'usage pouvait pousser la variété. Enfin, ce qui était plus fort — et ce dont on ne trouve d'ailleurs pas beaucoup d'exemples — la dîme de Plouhinec emportait le cinquième de la récolle (?) et celle de la Meilleraye, le quart (*). « La dime, disent les cahiers de ces deux localités, y prenait tout l'avantage qu'il pouvait y avoir ».

Sauf ces deux derniers taux évidemment exagérés, même s'ils avaient été appliqués dans un pays riche, ceux que nous venons de constater pour la Bretagne étaient, en général, assez bien proportionnés à la capacité d'un pays dont la situation agricole était médiocre; non seulement les procédés de culture étaient arriérés, mais le système de la jachère laissait reposer les terres un an et même parfois deux ans sur lrois. M. Sée estime que les terres incultes occupaient au moins les deux tiers du sol en Bretagne : sauf la région de Rennes où la proportion des terres cultivées l'emportait sur celle des terres incultes, partout ailleurs il en était différemment (*) : d'où nécessité de percevoir la dime à un faible taux : remarquons cependant pour la subdélégation de Chàteaubriant, qui était celle où l'on voyait certainement le plus de terres incultes (160.000 arpents de terres cultivées seulement, pour 430.000 de terres incultes (*) et où les conditions de la culture étaient les plus mauvaises, le taux du onzième et à plus forte raison celui du cinquième, étaient excessivement exagérés.

En Normandie — ou tout au moins dans la partie ouest de la Normandie (Cotentin) — nous avons encore remarqué une certaine uniformité; la plupart des paroisses y payaient la dime au dixième : c'était notamment le cas de Biville, Hain-

(!) H. Sée, op. cit., p.167, note 1, départ. de Loire-Inférieure, arrond. de Saint- Nazaire.

() Ibid., départ. du Morbihan, arrond. de Ploërmel.

(3) Ibid., départ. de la Loire-Inférieure, arrond. de Châteaubriant.

(+) Ibid., p. 313-374.

(#) Ibid., p. 371 et suiv.

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neville, Helleville, Sénoville, Auderville (‘); les autres Ja payaient au onzième (?). Taux encore excessif pour une région en général assez mauvaise, sauf en ce qui concerne les prairies artificielles; les paroisses riveraines de la mer pouvaient, il est vrai, disposer d'un excellent engrais naturel, le varech; mais l'enlèvement du varech était interdit aux paroisses non riveraines depuis l'ordonnance de 1681 sur la marine (*). De plus, plusieurs autres inconvénients-que les cahiers nous ont indiqués entravaient la’ culture : accumulation de sable marin par le vent dans les terres voisines de la mer, stagnation des eaux, à la suite des fortes marées (‘), ce qui provoquait des exhalations malsaines et des épidémies ; ou enfin, parasites ravageant les récoltes (5), tels que ces «tats » ou hannetons dont se plaignent les cahiers de Saint-Aubin des Préaux et de Monteuit.

Une assez grande uniformité de taux apparaît encore dans le Maine où la dîime était ordinairement au treizième (f). Mais il n’en est plus de même dans le centre de la France et, avec l'Orléanais, nous assistons à la plus étrange des variétés. Cette région est des plus intéressantes à étudier à cause des multiples usages et des écarts énormes de quotité que l’on peut y constater. Tout. d'abord, un certain nombre de paroisses. avaient Ie même taux pour toutes les dimes, taux ordinairement assez faible : Guilly (7), Bray (S), Vieilles Mai-

(!) Bridrey, op, cûl., {. Il, 91, 120, 310, 333, 507 : localités du département de la Manche, arrond. de Cherbourg (sauf Sénoville, arrond. de Valognes).

(2) Ibid., 507, Cahier de Sénoville.

(8) L'ordonnance de 1681 sur la marine ([Isambert, t. XIX, 355, n. 981) dislinguait entre le varech de rocher que les seules paroisses hordanles pourraient couper et le varech jeté à la côle, qui pourrait être pris par tout le monde. Des déclaralions royales postérieures modifièrent un peu ces dispositions relativement au varech de rocher; notamment celles des 30 mai 1731 (Isambert, t. XIX, 357, n. 420) et 30 octobre 1773 (ibid., t. XXII, 547, n. 1034), mais les paroisses non bordantes eurent toujours moins de droits que les autres sur le varech dit « de rocher ». Bridrey, op. cit., Il, 446, paroisse de Montcarville.

(:) Jbid., L. I, 578, Cahier de Saint-Martin-le- Vieux.

($) Ibid., Cahiers de Saint-Aubin des Préaux (t. I, 543, départ. de la Manche, arrond. d’Avranches) et de Montcuit (1. 1, 466, arrond. de Morlain).

(5) Triger, L'an 1789 au Mans et dans le Haut-Maine, p. 1.

(7) Bloch, op. cil., t. I, 286, départ. du Loiret, arrond, de Gien, (#) 1bid., t. I, 289, ibid.

sons (‘), Les Bordes (°), Viglain (*) dimaient au quinzième; Châtenay aux Bois (‘), Bouzy (‘), Germigny des Prés au dixhuitième (*. On renconlrait même le vingt-quatrième à Ousson et au Moulinet (*). D'autres localités payaient leurs dîmes en argent (nous reviendrons: plus loin sur ce mode de paiement) et avaient adopté une quotité des plus simples qui ne variait guère dans, la région; elles payaient 2 sols 6 deniers par arpent pour toute production, ainsi Combleux (), Boux {*), Chécy (‘°), etc.

Des paroisses avaient plusieurs taux, tout en ayant conservé une assez grande simplicité : Saint-Benoît sur Loire payait au quinzième la dime de toutes ses productions, sauf celle de la vigne au trenlième (1). À Bonnée (*), les décimateurs prenaient le quinzième de toutes les récoltes, mais pour les animaux, ils percevaient « de deux ventrées de truie un cochon » et « une oie par bande ». Mais, dans la plupart des paroisses du bailliage d'Orléans, la multiplicité des mesures de superficie, de volume et de longueur rendaient le paiement de la dîme singulièrement compliqué et son taux extrémement variable. Voici quelques exemples frappants : à Pithiviers, la dime était perçue sur le blé et les menus grains à raison de 2 gerbes par arpent, mais il fallait que ces gerbes eussent une dimension déterminée de 4 pieds 2 pouces ; pour la vigne, 16 sols par arpent; pour le safran, 3 livres 4 sols par arpent; pour les oies et les canards, le douzième ; pour les cochons de lait, un par truie; pour les agneaux,

!) Bloch, op. cil., L. I, 289, départ. du Loiret, arrond. de Gien. 3) Jbid., t. I, 307, ibid.

8) Ibid., t. I, 345, ibid.

*) Ibid, L. I, 279, aujourd'hui Châtenoy, départ. du Loiret, arrond. d'Orléans 5) Ibid., L. 1, 282, départ. du Loiret, arrond. d'Orléans. 5) Jbid., &. I, 305, ibid.

(7) Ibid , L. I, 788, départ. du Loiret, arrond. de Gien. 8) 1bid., L. [, 33, départ. du Loiret, arrond. d'Orléans. t. |, 246, ibid.

(®) Lbid., (10) Tbid., t. I, 203, ibid.

(#1) Zbid., L. I, 270, départ. du Loiret, arrond. de Gien. () Ibid. L. I, 362, ibid.

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1 sol par tête (!). À Gemigny, la dime des terres labourables, c'est-à-dire des grains, était, soit d’une gerbe ordinaire par petite mine de 40 perches, soit d'une gerbe de 4 pieds 2 pouces par mine de 66 perches 2/3; celle du chanvre était de la treizième poignée ; celle des cochons de lait, un par ferme, des oies une par bande et des moutons 1 sol par tête (?). A Saint-Jean le Blanc (*), le blé payait une gerbe par arpent, les menus grains (avoine, seigle, orge), 2 gerbes par arpent; la vigne, 4 sols par arpent; le méteil, une botte; le blé noir, 2 bottes par arpent; les moutons et la laine, le seizième. La Ferté Saint-Aubin donnait pour le blé et le seigle une gerbe par 80 perches; pour les menus grains, un boisseau de 15 litres par 80 perches; pour les dimes vertes, le (reizième ; pour la laine, le vingtième pris sur les moutons seulement ; pour les agneaux, le vingtième agneau (‘). Quant aux localités qui payaient la dîme du vin au pressoir, c’est-à-dire sous forme de vin, au lieu de la payer à la vigne sous forme de raisin, il y avait pour elles-une mesure spéciale, la pinte : Rozières donnait 3 pintes par poinçon, mesure d'Orléans (*). Enfin, certaines paroisses qui avaient plusieurs décimateurs avaient un taux spécial pour chacun d’eux : à Saint-Sigismond (‘), la dime du curé était d’une gerbe de 4 pieds 2 pouces par grande mine de 66 perches 2/3; celle du couvent d’Ambert était d’une gerbe de mêmes dimensions par deux petites mines de 40 perches à 20 pieds la perche; et le surplus de la dime était d’une gerbe de 3 pieds 6 pouces par grande mine (').

Plusieurs localités de l'Orléanais avaientencore adopté une

1) Bloch., op. cil., t. I, 632.

?) Ibid, t. I, 93, départ. du Loiret, arrond. de Gien.

8) Ibid., t. I, 199, départ. du Loiret, arrond. d'Orléans. 4) Ibid,, t. I, 171, dép. du Loiret, arrond. d'Orléans.

5) Ibid., t. I, 155, ibid.

($) Ibid., &. I, 156, ibid.

1) Ces différentes mesures variaient suivant les régions et même suivant les localités d'une même région : il en était ainsi notamment pour la perche. La perche des eaux et forêts que l’on pourrait prendre comme type était de 22 pieds

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autre mesure pour les grains, la planche : Donnery (), Saint-Denis-de-l'Hôtel (?), Mardié (*), dimaient le blé noir, l'avoine, l'orge à la dix huitième planche; Saint-Privé-Saint- Mesmin (+), Saint-Hilaire et Saint-Nicolas-Saint-Mesmin (*) dimaient les fruits verts à la treizième planche.

L'Orléanais était, au moins pour les céréales, une des plus riches régions du royaume, à n’en excepter que la partie sud, voisine de la Sologne, et qui pouvait avoir à souffrir de Finsalubrité de celle-ci; les taux qui précèdent n'étaient donc pas excessifs. Les autres cultures, notamment celle de la vigne, et l'élevage y étaient au contraire excessivement en retard, mais il ne nous parait pas que la dime en ait été exigée à une quotité trop forte.

En Berry, le taux adopté était en général le treizième, comme cela semble résulter du cahier de Saint-Solange (5) ; on y voyait aussi parfois le douzième (T) mais rarement plus. Les cultures étaient assez variées, vignes, froment, seigle, avoine et cette région, bien que pratiquant peu l'élevage, pouvait passer pour un pays relativement aisé pour lequel une dime au treizième n’excédait pas ses facultés.

Quant à la Sologne, qui comprenait une partie des bailliages principaux d'Orléans et de Blois, et le baïlliage secondaire de Romorantin, c'était un pays misérable, argileux et marécageux, absolument différent de la Sologne actuelle, qui, grâce aux asséchements et aux drainages, est devenue

de chacun 12 pouces; el 100 perches carrées de cetle dimension faisaient un arpeént.

La pinle, mesure de Paris, valait deux chopines, et il fallait deux pintes pour faire un pot, et 120 pots pour faire une barrique, c'est-à-dire 223 lit. 20.

Le poinçon, mesure d'Orléans, Blois, Tours, valait un demi-lonneau.

(*) Bloch, op. cit. L. I, 250, départ. du Loiret, arrond. d'Orléans.

(?) Ibid. L. I, 261, ibid.

(S) Ibid; t"1, 99 ibid:

(*) Ibid., L. I, 95, ibid.

(5) 1bid., t. I, 66, ibid.

(5) Gandilhon, Les cahiers de doléances des paroisses de bailliage de Bourges (principal) de Vierzon et d'Henrichemont (secondaires), p. 454 : « La dîme lui (au laboureur) enlève grain, paille, fourrage, et généralement la treizième portion de toutes ses produclions ».

(7) Ibid., p. 469.

très riche (‘). Les cahiers publiés par MM. Lesueur et Cauchie ne nous donnent aucun taux pour la partie de la Sologne qui constituait le bailliage secondaire de Romorantin. A en croire le cahier de La Marolle (?), la dîme y aurait été très élevée, bien plus élevée que ne le comportaient les facultés du pays. Mais il est permis de supposer qu'il y a là une exagération, ou tout au moins un état de choses restreint à une paroisse ou à un groupe de paroisses voisines, car on peut conclure du silence même de la majorité des Cahiers que la dime n'y était pas excessive.

En Auvergne, on constate encore de grands écarts de taux : du septième (Lastic, Briffons) au quarantième (Saint-Amand Rochesavine) en passant par tous les taux intermédiaires (5).

Pour la Bourgogne, la quotité de la dime était assez peu élevée, et il y avait ordinairement un taux spécial pour le vin, plus faible que pour les autres fruits, mesure très beureuse dans laquelle il faut voir le désir de favoriser la fabrication et la circulation des vins de Bourgogne, dont la renominée commençait déjà à se faire jour à cette époque. Dans le bailliage d'Auxerre, la mesure employée pour le vin était la feuillette, et le taux de la dime variait du quinzième à Cravant par exemple, au vingtième(*); il était du seizième à Voutenay (*), du dix-neuvième à Héry (f), du vingtième à Monéteau-le-Grand (‘). Pour les grains, l'écart était à peu près le même, bien qu'on y rencontrât le taux plus élevé du

(:) Arthur Young, op. cit., t II, 172 : « La Sologne est une des plus pauvres provinces du royaume et un des plus singuliers pays que j'aie jamais vus ».

(2) Lesueur ét Cauchie, Cahier de doléances des paroisses des bailliages de Blois (principal) et de Romorantin (secondaire), t. II, 99; « La dîme y est plus forte de près de moitié que les vinglièmes » (départ. du Loir-et-Cher, arrond. de Romorantin).

() F. Mège, La condition des habilants de l’Auvergne..., p. 28 el suiv.; et Cahiers de doléances des paroisses d'Auvergne, p. 285. Localités du départ. du Puy-de-Dôme, arrond. de Clermont pour les deux premières et d'Ambert pour la troisième.

(#\ Localité du départ. de l'Yonne, arrond. d'Auxerre. Demay, op. cif., dans Bull. de la Soc. des sciences de l’Yonne, 1884-1885.

(5) 1bid., arrond. d’Avallon.

(5) Ibid., arrond. d'Auxerre.

(7) Ibid, ibid.

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douzième à Voutenay et Héry ; et la dime de charnage était communément du vingtième. Dans le bailliage de Sens, la quotité était faible : elle variait entre le seizième et le vingtcinquième; les taux supérieurs y étaient exceptionnels; le dixième par exemple à Plaines (1); le treizième à Gumery (°), La Motte-Tilly (*) et Courceroy (‘;, mais partout ailleurs, le taux était moindre (*), et s’abaissait même jusqu'au cinquante et unième dans quelques cantons de Briénon-sur-Armançon ().

En Champagne, nous avons pu recueillir quelques chiffres pour les bailliages de Châlons sur-Marne, Sézanne et Châtillon-sur-Marne et pour ceux de Troyes et Bar-sur-Seine. Dans le premier, le taux de la dime variait du treizième au seizième. On y rencontrait aussi parfois des proportions plus fortes, comme celle du huitième dans certains cantons de la paroisse de Coligny (7), mais les chiffres les plus répandus étaient le treizième (Bussy-Lettrée {S), Suippes (*°), Tours sur-Marne (1°), Moivre (['!), le quatorzième (Saint-Jean-sur-Moivre (‘), Soudron (#); le quinzième (Loisy-en-Brie (1*), Marson (#), Vésigneul-sur-Coole) (1) et le seizième (Saint-Amand) (1).

Dans la région de Sézanne et de Châtillon-sur-Marne, la

(:) Ch. Porée, Les cahiers de doléances des paroisses du bailliage de Sens, p. 767, départ. de l'Aube, arrond. de Bar-sur-Seine.

(?) Ibid., p. 247, ibid.

(8) Ibid., p. 299, ibid.

(+) Ibid., p. 302, ibid.

(5) Les taux les plus répandus élaient : le seizième à Evry (1bid., p. 28) Rosay (p. 58), Villeroy (p. 98), Courceaux (p. 162), Fleurigny (p. 217-218); ailleurs le vingt et unième. Localilés du départ. de l'Yonne, arrond. de Sens.

5) Ibid., p. 119, départ. de l'Yonne, arrond. de Joigny.

(7) G. Laurent, op. cit, L. I, 171, départ. de la Marne, arrond. de Châlons.

(8) Ibid, t. I, 115, ibid.

3) Ibid, L. 1, 697, note 1, ibid.

(10) Tbid., t. I, 726, ibid., arrond. de Reims. (11) Zbid., t. I, 454, ibid., arrond. de Châlons. 1) Ibid., t. I, 564, note 1, ibid.

18) Ibid., t. I, 675, ibid.

4) Ibid. t. I, 415, ibid.

‘) Ibid. t. I, 439, note 1, ibid.

) Ibid. L. 1, 784, ibid.

( ( ( (®7) lbid., L. I, 541, note 1, départ. de la Marne, arrond. de Vitry-le-François,

constatation est la même : le Laux y variait du treizième au seizième (1), proportion plutôt forte pour un pays en général pauvre comme le prouve le rendement des récoltes qui ne dépassait guère 5 pour un pour le blé, 6 pour un pour le sarrasin, et seulement 4 pour un pour l'avoine et le seigle. Quant aux bailliages de Troyes et Bar-sur-Seine dont la plus grande partie constituait ce que nous appelons aujourd'hui la Champagne pouilleuse, ils étaient au xvin® siècle dans une situation très précaire, non seulement pour des raisons d'ordre général comme le manque d'initiative et de liberté, le poids des impôts, mais aussi pour une raison spéciale à la région, l’accaparement de la main-d'œuvre par les usines qui commençaient déjà à s'y multiplier. La vigne y était dès cette époque en assez grande faveur, mais toutes autres cultures étaient très en retard, sauf dans quelques régions assez restreintes, favorisées au point de vue du sol et des cours d’eau, comme celles de Nogent-sur Seine, Troyes et Bar-sur-Aube. C'est donc à juste titre que la dime se percevait dans ces deux bailliages, à un taux faible, ordinairement au vingt et unième : ainsi en était-il pour les paroisses de Chervey (), Dieulaincourt (*), Longpré (‘), Lagesse (5), Maguy-Fouchard (‘)}, Spoy ("), Villy (f). Exceptionnellement

(1) G. Laurent, ibid., t. IT, 1re parlie, le treizième : Département de la Marne, arrond. d'Epernay, à Bergères-sous-Montmirail (p.95); Bethon (p. 103); Courgivaux (p. 228): Escardes (p. 241); Esclavolles (p-250) ; Joiselle (p. 330); Maclaunay (p. 453); Mécringes (p. 475); Morsains (p. 509); Rieux (p. 598), Loigny (p. 667); arrond. de Coulommiers : Montenils (p. 491), Montolivet (p. 502).

Le quatorzième : Arrond. d'Epernay, à Broussy-le-Pelit (p. 140), -Corfélix (p. 209); La Celle sous Chantemerle (p. 349), Linthes (p. 435), Linthelles (p. 431), Gueudes (p. 584).

Le quinzième à La Chapelle-Lasson (p. 355).

Le seizième à Baudemont (p. 93), Granges-sur-Aube (p. 319).

(2) Vernier, Les cahiers de doléances des paroisses des bailliages de Troyes et Bar-sur-Seine, t. I, 613, départ. de l'Aube, arrond. de Bar-sur-Seine.

3) Ibid., t. II, 34, départ. de la Haute-Marne, arrond. de Wassy. 5) Ibid., t. IL, 225, départ. de l'Aube, arrond. de Bar-sur-Seine. 5) Zbid., t. II, 185, ibid.

6) 1bid., t. II, 246, ibid.

1) Ibid., t. II, 592, ibid.

8) Ibid., t. II, 715, ibid. (Villy-en-Trodes).

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seulement un taux plus élevé comme le seizième à Ruviguy (‘), à Lévigny (?), le treizième à Pargues (*) et même le onzième à Molins (‘).

La Lorraine, enfin, connaissait des taux assez élevés, au moins pour les grosses dimes : quelques paroisses les payaient au seplième, d’autres au dixième comme Marainviller (#), Albestrof (5), Berig (7), Hattigny (*), Kirwiller (*); d’autres au onzième comme Dideling (1), Malaucourt (1!), Obreck ("?), et au douzième comme Moncel{#), Neufmaisons (‘*), Ommerey (!), Vie (1), ce dernier taux paraissant être Le plus fréquent, d’après les allégations du cahier de Desseling (17). Pour les vignes la quotité était moins forte, et elles payaient le quinzième, le dix-huitième, le vingt quatrième et même le trentième. Les menues dîmes variaient aussi du onzième au trentième {!$).

En Savoie (#®), la quotité était souvent des plus faibles : Allèves, Saint-Ours, Bassy payaient la dime au vingtième, Cologny, Droisy au vingt-unième; Menthon au vingt-cinquième; Thonon au vingt-neuvième et au trentième; Saxel : au trente-troisième; le Grand-Bornand du quarantième au

1) Vernier, op. cil., t. II, 409, ibid., arrond. de Troyes.

(?) Zbid., t. IT, 201, ibid., arrond. de Bar-sur-Aube.

8) Ibid., t. IT, 406, ibid., arrond. de Bar-sur-Seine.

(#) Ibid., t. II, 315, ibid., arrond. de Bar-sur-Aube.

5) Abbé Mathieu, L’Ancien Régime en Lorraine et Barrois, p. 197. Départ. de

Meurthe-et-Moselle, arrond. de Lunéville.

Etienne, Les cahiers de doléances des paroisses du bailliage de Vic, p. 35.

(7) Ibid., p. 95. Localité située en Lorraine annexée.

5) Ibid., p. 353, ibid.

3) Tbid., p. 427, ibid.

(11) Tbid., p. 218, ibid.

11) Ibid., p. 496, départ. de la Meuse, arrond, de Verdun.

(1?) 1bid., p. 565, Localité située en Lorraine annexée.

18) Ibid., p. 518, départ. de Meurthe-el-Moselle, arrond. de Lunéville.

(4) Ibid., p. 545, ibid.

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15) Ibid., p. 582. Localité située en Lorraine annexée. © (6) 1bid., p. 748, ibid.

11) Ibid., p. 221. Ce cahier demande que la dime soit réduite au douziéme : « comme dans une grande parlie de ce bailliage ». 18) Les menues dîmes au douzième à Hampont : Ibid., p.327; à Obreck, Ibid., p. 569.

(*°) Abbé Brasier, Nofice sur la dime, p. 8 etsuiv.

. Cinquantième ; Massongy au soixantième. C'étaient desrégions de hautes montagnes où la culture était pénible et la productivité assez réduite. Dans les parties du pays un peu moins élevées, on récoltait mieux, et on rencontrait des cotes plus fortes : le quinzième à Annecy, Duingt, Gevrier, Meythet; le quatorzième à Meynard; le douzième à Thusy, Crempigny, Léaz, Evian, Samoëns, et même le onzième à Saint-Maurice, Saint-Laurent, Saint-Sixte.

Une région voisine, le Dauphiné (')}, et pour une raison semblable, connaissait des taux excessivement bas : le vingtcinquième, le trentième, le quarantième, le soixantième.

Avec la Provence, nous passons dans un pays privilégié où la douceur du climat permettait non seulement de récolter les cultures communes dans de meilleures conditions qu’ailleurs, maïs aussi de tenter des cullures nouvelles, müûrier, olivier, oranger, citronnier. La dime s'y percevait en général à des taux assez élevés : dans la sénéchaussée de Draguignan, le treizième (?) et le douzième (*) étaient Les plus répandus. Dans celle d'Aix, la dime des grains était même du sixième à Quinson (t)}, du cinquième à la Roque d’Antheron (‘), celle du chanvre y était perçue ordinairement au neuvième, celle du raisin au dixième ; les menus fruits tels que olives, noix, amandes, légumes payaient le huitième à Vaugine (‘). On trouvait d’ailleurs aussi des taux plus faibles, comme le treizième à Baudinard (7) et Mirabeau |f), le quatorzième à Allauch (*), le quinzième à Ansouis (), le

(') Assemblée du clergé de 1747, t. VIIT, 1e partie, p. 74. (2) Mireur, Cahier de doléances des paroisses de la sénéchaussée de Draguignan, p. 104, départ. du Var, arrond. de Draguignan. Cahier du Cannet. 3) Ibid., p. 347, ibid. Cahier du Muy.

(*) Arch. parl., 1re série, L. VI, p. 389, départ. des Bouches-du-Rhône, arrond. d'Aix.

5) Ibid., p. 401, ibid.

6) Jbid., p. 435, départ. de Vaucluse, arrond. d’Apt. 7) Ibid., p. 261, départ. du Var, arrond. de Draguignan. 8) Ibid., p. 354, départ. de Vaucluse, arrond. de Carpentras.

%) Ibid., p. 240, départ. des Bouches-du-Rhône, arrond. de Marseille. (19) Ibid, p. 246, départ. de Vaucluse, arrond. de Carpentras.

LAGREE

seizième à Gréasque !‘), Peypin (?), le dix-huitième à Saint- Cannat (*), le vingtième à Mérindol ().

En nous rapprochant du Sud-Ouest, nous rencontrons une région pauvre, partie méridionale des Cévennes (Sénéchaussée de Nimes), à température inclémente et à rendement très faible pour laquelle la dime était exigée à un taux certainement excessif; elle était en effet au dixième dans plusieurs sieurs paroisses et notamment Beauvoisin (*), Générac (5), Milhaud (°), au onzième à Allègre (f), Euzet (*), Laudun (‘°), Lussan (!')}, Montclus (?), et le plus fréquemment au douzième, comme à Aujargues ("), Congéniès ('*), Lédignan (5), Monteils (1°).

Nous pourrions en dire autant pour le Quercy (Sénéchaussée de Cahors), pays sec, aride et ingrat à cause de la nature de son sol que les perfectionnements des procédés de culture modernes n'ont que très peu réussi à améliorer. Îl est curieux de lire les cahiers de cette région (”) et il ne faut pas penser à les accuser d’exagération, car on se trouve en présence

(1) Arch. parl., 1'e série, t. VI, p. 302, départ. des Bouches-du-Rhône, arrond. d'A

?) Ibid., p. 37, ibid.

3) Ibid., p. 410, ibid. -

1) 1bid., p. 348, départ. de Vaucluse, arrond. d’Apt.

(5) Bligny-Bondurand, Les cahiers de doléances des paroisses de la sénéchaussée de Nîmes, L. I, p. 114, départ. du Gard, arrond. de Nimes.

Ibid., t. I, 360, départ. du Gard, arrond. de Nîmes.

(1) Ibid, t. I, 508, ibid.

8) Tbid., t. I, 32, ibid., arrond. d'Alais.

Ibid., LI, 312, ibid., arrond. d'Uzès.

(10) Zbid., t. I, 417, ibid.

11) Ibid., t. I, 459, ibid.

(1?) Ibid,, t. I, 529, ibid.

(5) Zbid., t. I, 73, ibid, arrond. de Nîmes.

()}bid:, 1.247, ibid, (5) (9)

so

15) Jbid., t. I, 426, ibid.

16) Ibid., t. I, 533, ibid.

(17) Ainsi le cahier de Cabrerels : « Cette communauté est siluée dans le coin du monde le plus affreux et le plus abominable ».

Fourastié, Les cahiers de doléances des paroisses de la sénéchaussée de Cahors, p. 34.

De même, le cahier de Calvayrac : « On y récolle à peine deux pour un ». Ibid., p. 44, — ou celui de Concots : « Il est constant que les semences ne tiercent jamais ». Zbid., p. 80.

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