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besoins ne se distinguent pas de ceux de leurs paroisses » (?). Cet archevêque était un riche et puissant décimateur; il fallait done que l'abus fût bien criant pour qu'il se décidât à parler ainsi. En effet, le sort des curés congruistes était en général fort précaire : et ces curés étaient en très grand (*) Chassin, op. cil., p. 64.
() De Cucé Boisgelin, Discours sur la propriété des biens ecclésiastiques, (1789), p. 42.
nombre, sinon en majorité; on peut en juger par les quelë \ , # ques exemples suivants, se rapportant à l'année 1760.
Diocèse de Paris... sur 479 paroisses, 137 à congrue. » Langres. , 470 » 157 »
» Reims. . . 517 » 99 »
» Bourges. . 792 » 222 »
» Clermont . 800 » 410 »
» Limoges. . 868 » 209 »
» Rodez:. …. 465 » 293 »
» Poitiers . . 725 » 316 »
» Bordeaux . 380 » 98 »
» Parbes-sctr 298 » 188 »
» Vienne. . . 430 » 400 » (1)
Aussi ces curés s’agitèrent-ils ; ils se donnèrent une organisation solide, nommèrent des syndics. Le mouvement partit du Dauphiné, quand, en 1779, un arrêt du Parlement de Grenoble eut donné aux réclamants la permission de s’assembler pour formuler une requête. Ils en usèrent si largement que le haut clergé s’en émut, et obtint une déclaration royale du 9 mars 1782, interdisant aux curés de se réunir sans autorisation expresse. Ceux-ci firent par l'écriture ce qu'ils ne pouvaient plus faire par la parole. Des libelles véhements parurent, comme le « Vœu de la raison pour les paroisses ». Puis, le mouvement s'étant propagé, on se réunit sans aulorisation, pas plus royale qu'épiscopale: les curés bretons, berrichons, angevins, orléanais, bordelais, toulousains, languedociens et flamands se joignirent aux dauphinois. On vit même des évêques se mettre à la tête des révoltés, comme Mgr de Thémines à Blois et Mgr de la Luzerne à Langres. A Nancy, la personnalité restée célèbre de l'abbé Grégoire, curé d'Embermesnil, imprima au mouvement une importance toute particulière. Les curés obtinrent 700 livres en 1786, mais ne se tinrent pas pour satisfaits ; ils poursuivirent leurs menées avec autant d’acharnement et eurent ainsi une part très efficace à l'accomplissement de la Révolution.
(*} Léouzon le Duc, « La fortune du clergé sous l'Ancien Régime » dans le Jowrnal des Economisles, août 1881.