CHAPITRE VI
La dîme et l’opinion publique : 2° Les décimables. Cahiers d’Etats généraux.
La dime dans les cahiers de bailliages. — La dime dans les cahiers de paroisses. SI. La dime dans les cahiers de bailliages.
Importance différente, à notre point de vue, des cahiers de bailliages et des cahiers de paroisses. — Dans l'étude des cahiers, notre source est double : d’une part les cahiers de bailliages, de l'autre ceux des paroisses. Leur importance est assez différente, au point de vue où nous nous sommes placé. On sait que les bailliages étaient divisés en deux classes, les principaux et les secondaires, ces derniers n'étant que des subdivisions pratiquées dans certains bailliages principaux, et que l'usage a appelés à tort bailliages secondaires. Soit, à titre d'exemple, un bailliage ainsi subdivisé en plusieurs autres. Dans chacune de ces subdivisions, les paroisses dans leurs assemblées rédigeaient leurs cahiers de même que les habitants des villes et les corporations. Arrivés au chef lieu du bailliage secondaire, tous ces cahiers étaient fondus pour former celui du bailliage et les cahiers des baiïlliages secondaires étaient à leur tour condensés au bailliage principal pour constituer le cahier de ce bailliage. Or ce dernier cahier se ressentait forcément des influences qui avaient présidé à sa rédaction : les doléances des paysans, les plus intéressantes à notre égard, risquaient parfois de disparaître du cahier général du bailliage où l’influence des bourgeois ignorants des choses de la campagne