CHAPITRE IV
Le paiement de la dîme d’août 1789 à janvier 1791.
Difficullé du paiement de la dime jusqu'en avril 1790. — On se souvient qu'aux termes de l’article 5 du décret du 11 août, la dime devait être perçue comme d'habitude jusqu'à ce qu'il fût définitivement pourvu à son remplacement. L'article 3 de celui du 20 avril 1790 prorogeait ce paiement jusqu'au 1° janvier 1791, date à laquelle toutes les dimes cesseraient d'être perçues « à jamais ». Ces disposilions furent naturellement d’une exécution extraordinairement difficile. Nous avons déjà montré combien le paiement de la dime fut pénible pendant les premiers mois de 1789, alors qu'aucune mesure n'avait encore été prise à son égard. Qu'on juge de ce qu'il en fut lorsque, le 4 août, on apprit que la dime serait rachetée, et bien plus encore quand la nouvelle se répandit, le 11 août, qu'elle serait supprimée sans rachat : selon l'expression d’un historien moderne, les décrets d'août et règlements qui suivirent « ne furent que des toiles d’araignée mises au travers d’un torrent »(!).
La fureur du paysan fut portée à son comble par cette formule vague qui prorogeait l'acquittement de la dime Jusqu'à son complet remplacement. Quand y serait-il pourvu et n'était-ce pas un bienfait purement illusoire? On ne voulut point attendre que les décisions de l’Assemblée eussent été promulguées, et dans tous les coins du royaume on refusa la
(!) Taine, Révolution, p. 109.