‹ La dîme, la corvée et le jougChapitre 21 sur 28 · TRANSFORMATIONS SOCIALES ET PROGRÉS · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS SOCIALES ET PROGRÉS

immenses. Le destin ne préside plus aux événements , les courtisans et les flatteurs ne sont plus les arbitres des nations. L'Eglise est indépendante, elle se place entre le peuple et ses inaitres, aux uns et aux autres elle

montre le ciel.

Une fois les conflits écartés et la paix établie, la religion développe sa morale ; la plus féconde est la vie des hommes de bien ; elle ne manque pas de héros : « Faites aux autres, dit-elle, ce que vous souhaiteriez pour vousmêmes. » D'après ce principe, les actes du plus beau dévouement sont naturels; il suffit d'écouter sa conscience, elle conseille toujours bien.

L'Eglise catholique s'occupe surtout de morale individuelle, c'est la meilleure politique ; elle poursuit le [progrès par la voie la plus ardue, mais aussi la plus directe. Le gouvernement des hommes de bien est facile; leur société s'harmonise d'elle-même ; il ne

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reste plus qn'à la conduite. Les œtivres révèlent les besoins, la charité prévient le devoir, elle s'organise par l'expérience des biens et des maux, des forces et des résistances, le bon vouloir supprime presque entièrement la répression; les loispénalesj dont nous sommes si occupés, ne sont alors qu'un accessoire sans importance ; le but essentiel, c*est que chacun s'applique à devenir meilleur, c'est que le dévouement préside à tout, c^est que l'humanité, régie par des lois sages, ne se compose plus que d'hommes parfaits. Telle était la société des premiers chrétiens. Nous essayons d'appliquer un code irréprochable à des sujets de toutes sortes, c'est un rêve; on s'occupe de perfectionner la justice, et on laisse la morale privée à elle-même, c'est un contre-sens.

Proportionner les peines aux délits, les châtiments aux crimes, puis s^en tenir là dans r oeuvre du progrès, c'est commencer un jeu lugubf e ; les crimes vont en augmentant, les

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délits en 9» multipUapt ; la sévérité s'accroît dans les mêmes proportions ; c'est le chemin de l'âge de fer.

Par leur manière de vivre, les premiers chrétiens attiraient l'admiration. « Voyez donc comme ils s'aiment! » disaient les païens.

Dans l'étonnante logique de leur dévouement, les disciples de Jésus pratiquaient les conseils du maître ; tous leurs biens étaient communs ; ils ne les partageaient pas entre eux ; chacun les donnait à tous, ne se réservant que le droit de prier et de travailler. Les bourreaux viendront quand ils voudront les prendre, les torturer et les tuer ; ils sont prêts ; ils quitteront cette vie sans proférer une plainte.

L'impiété moderne raille et accuse ces pauvres victimes ; la science ne peut pas en rester là. Les martyrs ne sont pas des condfiQinép politiques ; ce sont des bomipes de bjgpy de cpnyictipp et de dévouenîent ; on les

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poursuit parce qu'ils représentent la religion; on les massacre parce qu'ils dépassent les maîtres du monde et qu'ils poussent le peuple vers l'avenir. Leur droit est celui de la vérité et du progrès. Une espérance mystérieuse les soutient. Dieu est avec eux, voilà leur force; leur foi est garantie par une parole divine ; leurs lois sont scellées du sang de Jésus. La veille de sa mort, en effet, le Sauveur institua le mystère du Nouveau Testament. Il promit de rester avec eux et il s'en alla mourir pour eux. Ceux qui l'ont vu en rendent témoignage; ceux qui venaient ensuite voient les apôtres mourir plutôt que de renier leur foi. Les fils des martyrs, les héritiers des saintes traditions suivent la voie de leurs ancêtres; comment ne croiraient-ils pas? Ils connaissent leurs maîtres et leurs frères, ils ont éprouvé leur sagesse et leurs bienfaits; on ne méprise pas la voix de ceux que l'on aime. Leur dogme de l'immortalité, c'est Dieu avec eux, c'est toutes

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