‹ La dîme, la corvée et le jougChapitre 7 sur 28 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

Pour changer Tétat social, il fallait commencer par changer les cœurs ; les révolulions politiques ne viennent qu'après les révolutions morales.

La dîme fut longtemps une sorte d'impôt dont rÉglise et l'État se partageaient le bénéfice. Elle n'eut jamais un caractère exclusivement religieux. Dans la constitution du peuple hébreu, elle représentait la part des pauvres; dans la suite des temps elle représenta plus strictement encore un impôt de l'État déguisé sous la forme d'un droit spirituel.

Étant donné l'état de choses sbrti des invasions et de la ruine de l'empire d'Occident, il n'est pas surprenant qu'on ait conservé cette assiette de l'impôt. Son caractère éminemment religieux le consacrait aux yeux des masses ; sa proportion se trouvait nettement déterminée par sa nature, et si la perception n'en était ni fa-

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ciie ni exempte de fraudes, par contre, elle constituait un revenu considérable et assuré.

Plus tard, on y joignit la taille et la corvée ; ce fut, à vrai dire. Tune des formes les plus insupportables du droit féodal; mais ceux qui considèrent le moyen âge comme le triomphe de Tinfluence religieuse sont au moins forcés de reconnaître que l'Église n'a pas eu le privilège d'inventer cette servitude, et que nos pratiques de gouvernement libre s'en accommodent assez facilement. Nos prestations sont un reste de cette coutume ; le peuple les supporte comme les autres contributions. Taillable et corvéable ne sont donc pas synonymes d'esclaves ou de malheureux. Nous sommes habitués à joindre à cette expression le qualificatif à merci; heureusement pour le peuple que ces deux mots sont venus très tard et n'ont jamais eu force de

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