CADUCITÉ DUS MEMBRANES
ment imperceptible aux deux radiales; on ne sent qu’une vague ondulation dans les humérales ; les battements du cœur sont sourds; le deuxième bruit est dédoublé; les joues sont un peu colorées, mais les pieds et l’extrémité du nez sont refroidis.
Malgré ce trouble extrême de la circulation artérielle périphérique, dont on ne peut trouver l’analogue que dans le choléra, l’enfant se meut aisément, se lève même de son lit; elle parait pourtant faible et engourdie.
Chez une autre fillette, à peu près du même âge, je constate un tableau clinique similaire. Pharynx et voile du palais envahis semi-laléralement, avec tuméfaction œdémateuse du cou ; le lendemain, extension des membranes du côté opposé et œdème bilatéral.
Injection de 30 centimètres cubes de sérum en trois doses, espacés en trente-six heures. Le deuxième jour après l’entrée, les exsudats ont été entraînés par un lavage détersif ; la muqueuse est à nu ; l’œdème du cou a beaucoup diminué d’un côté. Mais le visage est pâle, le pouls est très faible, très mou, inégal dans les deux radiales; il ne faudrait pas même songer à enregistrer ce pouls avec le sphygmographe de Marey, tant il est petit. Les urines sont très albumineuses.
Ces deux enfants, comme on le verra plus loin, ont succombé à des accidents toxiques bien que les membranes fussent entièrement détergées.
Le premier fait qui ressort de ces observations, c’est que les membranes sont tombées par la seule action du sérum, sans aucune manœuvre locale. C’est là un résultat capital, éclatant, quand il s’agit de formes aussi graves, mais que j’ai constaté des centaines de fois sur des formes moyennes.
Dans les diphtéries pharyngées de moyenne intensité
LA DIPHTÉRIE ET LA SÉRUMTHÉR APIE
traitées par le sérum, la gorge est nette au bout de deux à trois jours et les exsudats ne repullulent plus. Les membranes tombent souvent en vingt-quatre heures dans les cas légers. Les membranes reparaissant après la chute sont très minces et opalescentes.
Est-il besoin de faire remarquer qu’aucun traitement local ne peut entrer en parallèle avec la sérumthérapie pour déterger le pharynx envahi par les membranes? Quelles difficultés n’avions-nous pas à badigeonner et à irriguer la gorge des enfants indociles ! Les badigeonnages devaient être répétés fréquemment et à chaque fois les luttes recommençaient, au grand désespoir des parents. Une seule injection sous-cutanée suffit pour produire des effets plus complets que ceux de notre ancien traitement local.
Il est cependant des formes de diphtérie tenaces, très rares, il est vrai, dans lesquelles le sérum, après avoir fait décoller une première fois les membranes, n’empêche pas leur repullulation.
Monti a signalé récemment des diphtéries érosives, gangréneuses, destructives, qui doivent être distinguées des diphtéries habituelles.
Cette distinction est très juste. Le bacille de Lœffler n’est peut-être pas en jeu dans ces lésions destructives. Pour ma part, après avoir constaté l’impuissance du sérum contre ces ulcérations des amygdales recouvertes de membranes, j’ai pris le parti de les faire badigeonner avec de la glycérine au sublimé au 30e, et la guérison a été assez rapide. Les exsudats dans les diphtéries érosives se reproduisent parfois pendant dix à quinze jours. Plus exceptionnellement, j'ai rencontré des diphtéries graves et tenaces, avec forte adénopathie, dans lesquelles les membranes, grisâtres, peu épaisses, semblaient infiltrées dans