TRAITEMENT LOCAL DE LA DIPHTÉRIE
Le traitement locai de la diphtérie a perdu beaucoup de terrain depuis la découverte de Behring. — Ce traitement, comme on le sait, consistait surtout en badigeonnages antiseptiques du pharynx et des autres parties accessibles, et en irrigations détersives.
Chez les enfants jeunes le traitement local était souvent inefficace, n'entravait pas bien l’extension membraneuse aux voies aériennes et comme les manœuvres étaient assez douloureuses, elles provoquaient de la part des enfants des mouvements de défense qui les rendaient extrêmement difficiles. Combien il est plus aisé maintenant, de traiter les enfants avec la méthode de Behring. Une ou deux injections sous la peau et des irrigations détersives du pharynx et des fosses nasales toutes les trois ou quatre heures, suffisent à obtenir la guérison, lorsque la maladie ne se propage pas au larynx. A cet égard la sérumthérapie est d’une simplicité vraiment admirable.
Les irrigations doivent être faites avec un irrigateur muni d’une canule en caoutchouc rigide que les enfants peuvent mordre sans risquer de se casser les dents. Le pharynx doit être lavé d’abord, puis les fosses nasales. L’extrémité de la canule est placée dans une narine et le liquide doit ressortir par l’autre narine. Par les irrigations
nasales, soigneusement faites; on entraîne très souvent des débris ou môme des moules membraneux qui tapissent toutl’arrière-pharynx, les cornets et les méats. Les cavités anfractueuses des fosses nasales constituent un foyer d'infection peut-être plus dangereux que le pharynx.
Je me suis bien trouvé de l’emploi de l’eau bouillie ou stérilisée pour déterger le pharynx et les fosses nasales. Mais dans certaines formes fétides d’angine à odeur gangréneuse, j’ai eu recours aussi à des solutions d’acide borique à 1 p. 100 et à des solutions de permanganate de potasse à 1 p. 2000.
Dans la grande majorité des cas le traitement local ancien, consistant en badigeonnages antiseptiques répétés, est inutile après les injections de sérum. La chute des membranes n’est pas accélérée par ces moyens, et mieux vaut attendre l’efïet décollant habituel du sérum qui se manifeste au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures.
Mais il est cependant certaines formes de diphtéries tenaces dans lesquelles les membranes, quelques jours après leur chute, repullulent avec intensité; j’ai cité, plus haut, une série d’observations de ce genre. Les injections réitérées de sérum sont tout à fait impuissantes à empêcher la régénération des membranes qui arrivent à tapisser de nouveau tout ou partie du pharynx.
Dans d’autres circonstances, on rencontre des diphtéries localement érosives; la plus grande partie des membranes tombe dans les délais ordinaires, mais il reste une perte de substance de la muqueuse plus ou moins profonde, souvent à l’union du voile du palais et de la luette ; cette ulcération est recouverte d’un enduit pulpeux, grisâtre, persistant pendant six, huit, dix jours et plus, si l’on n’intervient pas.
J’ai vu également des plaques membraneuses du fond