‹ La diphtérie et la sérumthérapieChapitre 50 sur 103 · TRAITEMENT LOCAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT LOCAL

employés comme topiques locaux dans ces dernières années; leur liste antérieure est innombrable.

J’ai expérimenté la mixture proposée par Lœffler et contenant du toluol. Les applications en sont très douloureuses, elles sont mal supportées par les enfants; j’y ai renoncé.

Mon excellent ami le D1' Gaucher a modifié très heureusement la mixture du D1' Soulès, de Romorantin.

ailleurs, polymorphe en un mot. En même temps, la température monte à 39°,4 ; le soir, l’inappétence survient avec la soif.

Des douleurs articulaires apparaissent dans l’épaule droite et à la hanche droite. Ces douleurs ont un caractère tout spécial, la pression ne provoque pas de point sensible ; je puis très bien me coucher sur l’articulation atteinte, mais la douleur est excessivement vive au moindre mouvement qu’opère le membre et surtout lorsqu’il est laissé inerte, abandonné à son poids.

Il n’y a pas de rougeur ni de gonflement articulaire. L’épaule droite fut d’abord envahie, puis la hanche droite, puis le poignet droit, mais lorsqu’une articulation était atteinte, l’autre, prise précédemment, n’était plus douloureuse. Les articulations du côté gauche n’ont pas été atteintes. Je noterai que deux injections de sérum, soit 50 centimètres cubes, avaient été faites à droite, alors qu’à gauche il n’y eut que 20 centimètres cubes.

Les urines étaient plus roses, chargées d’urates, mais sans la moindre trace d’albumine comme elles furent du reste durant tout le cours de la maladie.

La constipation nécessitait un évacuant général de temps en temps, partiel tous les jours.

Le 31 janvier, l’éruption est généralisée, la température du matin de 37°, 6. Le déjeuner ayant été un peu copieux, la teinte de l’éruption s’accentua, devint bleu cyanique ; dans l’après-midi, la température fut de 38°, 4, le soir, les douleurs persistent, mais moins accentuées.

Le 1er février, l’éruption s'éteint, les taches deviennent jaune clair, puis tout s'efface, les douleurs disparaissent, la température tombe à 37°, 4.

Le 2 février, repos au lit.

Le 3 février, je quitte l’hôpital Trousseau.

La voix était un peu revenue, mais elle est toujours rauque, la toux persiste encore surtout dans la soirée et le matin au réveil, la langue se nettoie.

L’état général est excellent, l’appétit normal, le sommeil sans rêves ni cauchemars, les forces totalement revenues. Les urines sont plus abondantes, toujours sans albumine. J’ajouterai à cette observation que, d’un tempérament très vigoureux, je suis éminemment arthritique, sujet dans mon tout jeune âge à l’herpès labial qui survint tout les ans de sept à dix-huit ans et persistait durant un mois.

Je ferai aussi une remarque : il me semble que les mois de décembre et janvier mettent mon organisme en état de réceptivité microbienne plus facile.

Je fus atteint en effet de la fièvre typhoïde en décembre 1886, étant interne à l’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand, lors d’une épidémie de cette affection dans la ville. Deux ans plus tard, en 1888 et au mois de janvier, je fus atteint de la scarlatine, au régiment alors que plusieurs cas de cette affection venaient d’éclater.

Ce sont du reste les seules affections qui m’ont retenu au lit.

Le liquide de Gaucher contient :

Camphre 28 grammes.

Huile de ricin la

Alcool à 90° 10

Acide phénique cristallisé o

Acide tartrique 1

M. Gaucher a eu le mérite de bien fixer les règles du traitement local de la diphtérie en recommandant cette mixture antiseptique. Elle était très généralement usitée avant l’emploi du sérum.

Le stérésol préparé par M. le Dr Berlioz (de Grenoble est un vernis à la gomme laque dans lequel l’acide phénique est incorporé. C’est un topique très maniable restant bien adhérent sur la muqueuse.

L’acide phénique cristallisé dissous dans la glycérine à 1 p. 20 ou p. 30 est bien supporté en badigeonnages. Je donne la préférence comme matière stérilisante à la solution de sublimé à 1 p. 30 dans la glycérine. Le Dr Pillière avait proposé, il y a quelques années, les pulvérisations avec une solution de sublimé. M. Moizard a bien montré les avantages du sublimé en solution forte dans la glycérine.

Les badigeonnages stérilisants avec cette substance ne peuvent pas déterminer d’intoxication mercurielle, si on essuie la muqueuse avec un tampon de coton sec, et si l’on pratique une irrigation après l’application du topique.

Chez les enfants très jeunes on pourra employer une mixture de sublimé dans la glycérine à I p. 50 ou même à 1 p. 100.

Les applications de topiques locaux et les irrigations doivent être répétées toutes les trois heures, môme durant la nuit.

Mais lorsque le traitement local ne sera qu’un adjuvant de la sérumthérapie, les badigeonnages peuvent être bien plus espacés, sans inconvénients.

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