‹ La diphtérie et la sérumthérapieChapitre 63 sur 103 · CHEZ L’HOMME · texte numérisé non relu

CHEZ L’HOMME

Le sérum antidiphtérique, qui est connu clans le public sous le nom de vaccin du croup, est-il réellement un vaccin maniable que nous puissions actuellement utiliser dans la pratique ?

Un enfant est atteint de diphtérie dans une famille, les chances de contagion deviennent grandes, si les autres enfants ne sont pas séparés immédiatement, si les conditions sociales ne permettent pas l’isolement du patient. On serait donc bien tenté, en appliquant les données positives que l’expérimentation a fournies chez les animaux, de faire aux enfants encore sains, et môme aux adultes, une injection immunisante de sérum pour éviter une de ces épidémies de famille qui sont si lamentables.

Serait-il sage et prudent de recourir aux injections de sérum comme vaccin du croup pour le personnel d’un service de diphtériques? Après deux ans de consciencieuses observations, faites au pavillon Bretonneau sur un très grand nombre de malades, je crois devoir répondre par la négative.

M. Roux, dans son mémoire au Congrès de Buda-Pesth, s’exprime ainsi : « A tous les entrants, nous donnions systématiquement 20 centimètres cubes de sérum, en une

seule piqûre, sous la peau du flanc. Si l’examen bactériologique établissait que le malade n’était pas diphtérique, l’injection n’était pas renouvelée. 128 enfants atteints d’angines diverses ont été ainsi traités, sans le moindre inconvénient ; il nous a même semblé que, dans bien des cas, leur angine était améliorée. Ils sont restés quelques jours dans le pavillon, exposés à la contagion, sans être contaminés. C’est là une expérience qui démontre la valeur prophylactique du sérum. »

Les observations précises et nombreuses que j’ai faites dans des conditions identiques, ne me permettent pas de partager l’opinion de M. Roux sur l’innocuité des injections de sérum.

La question de la vaccination par le sérum me parait pouvoir être posée en termes très simples. Les avantages de la vaccination sont-ils plus grands que les inconvénients qui peuvent en résulter?

L’immunisation produite par l’antitoxine de Behring est certaine, mais elle est fugace ; elle ne dure que trois à quatre semaines d’après Kossel et les meilleurs observateurs. J’ai vu moi-même plusieurs récidives de diphtérie grave trois à quatre semaines après les injections de sérum. On ne saurait établir à cet égard aucune comparaison entre la vaccine de Jenner qui confère une immunité de dix années et le vaccin du croup. Quant aux accidents qui suivent parfois l’inoculation du vaccin de génisse, ils me paraissent moins sérieux en général et moins fréquents que les troubles précoces ou tardifs déterminés par le sérum. Si, comme l’ont dit certains médecins allemands et italiens, le sérum introduit sous la peau était aussi inoffensif que l’eau salée, nous ne devrions pas hésiter à recourir à l’immunisation par le sérum.

Mais d’après l’exposé des troubles variés et très divers

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