‹ La diphtérie et la sérumthérapieChapitre 88 sur 103 · REJET DES TUBES · texte numérisé non relu

REJET DES TUBES

moins longtemps dans l’estomac ou dans un autre segment du tube digestif, mais sans conséquence sérieuse, s’ils ne contiennent pas de substance toxique. Les tubes d’Ermold paraissent peu attaqués parles sucs digestifs.

On ne saurait donc trop recommander aux fabricants d’instruments pour le tubage, de ne pas employer de métal qui puisse former des composés toxiques au contact des sécrétions gastro-intestinales. Je rappelle l'histoire d’un malheureux enfant qui avait avalé un petit bloc de caractères d’imprimerie et qui présenta des accidents aigus de saturnisme. Les liquides rejetés par les vomissements incessants donnaient avec une solution d’iodure de potassium la réaction jaune de l’iodure de plomb.

Ce corps étranger fut extrait de l’estomac par mon ami, le Dr Remy, mais l’enfant mourut des suites de la gastrotomie L

Je relate en terminant un cas exceptionnel de mort après le rejet du tube qui est remonté dans l’arrière-pharynx.

F..., Georges, dix-sept mois.

Croup et diphtérie des bronches. Angine.

Entré à l’hôpital le 19 octobre 1895, avec toux et voix rauques, tirage très intense et cornage ; exsudats sur la face interne des amygdales et les bords de la luette, au niveau de la naissance du voile.

L’enfant est placé dans la chambre de vapeur. On constate que l’enfant est dans un état de grande faiblesse : absence complète de dents ; la face est bouffie et blême ; le tronc et les membres sont très peu développés, mais sans déformations rachitiques; la fontanelle antérieure n’est pas encore soudée. Les membres ne présentent ni paralysies ni contractures.

On porte, dès l’entrée, un pronostic grave à cause du faible développement de l’enfant et de son mauvais état général.

Vers midi, l’enfant, dont le tirage n’est pas calmé, est tubé : le tube court ne pouvant être introduit, on met un tube long : l’enfant est un peu soulagé.

Journal de Clinique et de Thérapeutique infantiles, 1894.

Vers 5 heures du malin, l’enfanl est pris subitement d'une gêne extrême de la respiration, avec cyanose; les mouvements de respiration artificielle ne faisant pas pénétrer d’air, on recherche le tube que l’on trouve avec le doigt dans la bouche : son extrémité inférieure est encore dans le larynx, mais ses trois quarts supérieurs sont cachés par le voile du palais, sur la face supérieure duquel le tube repose arcbouté ; le tube accroché avec l’index recoubé en arrière du voile, est ramené avec une certaine résistance dans la bouche et extrait; on constate qu’il est obstrué par une fausse membrane qui remplit presque toute la lumière du tube.

L’enfant, cyanosé, et dans le collapsus, est couché sur la table d’opération, trachéotomisé , mais sans qu’on puisse le ramener à la vie.

Autopsie. — Fausses membranes sur le fond du pharynx et au niveau des replis aryténo-épiglottiques. La trachée et les grosses bronches sont tapissées de fausses membranes ; les poumons congestionnés ; pas de broncho-pneumonie.

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