‹ La diphtérie et la sérumthérapieChapitre 90 sur 103 · RÉTRÉCISSEMENT DU LARYNX SOI · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENT DU LARYNX SOI

ne saurait être considéré, festation symptomatique des ulcérations.

On peut présumer les ulcérations avec beaucoup de probabilité, chez les enfants qui ont gardé le tube trois ou quatre jours et qui le rejettent d'une manière persistante. Le défaut de stabilité du tube court est dû à l’élargissement de l’anneau cricoïdien qui a perdu son élasticité. Si le spasme glottique est durable, il faut tenter d’introduire un tube long et en cas de rejet du tube long, la trachéotomie s’impose. C’est d’ailleurs dans ces circonstances que l’on voit survenir le rétrécissementcicatriciel du larynx : la canule trachéale doit être laissée à demeure, heureux si les enfants survivent.

Le rétrécissement du larynx consécutif aux grandes ulcérations cri-

a coup sur, comme une mani-

Fisr. 28. — Rétrécissement cicatriciel du larynx consécutif à des intubations multiples. — Trachéotomie.

Pièce dessinée par M. le Dr G love a.

L’enfant âgé de quatre ans, après plusieurs tubages fut tracliéotomisé. — On pratiqua ensuite le cathétérisme du larynx par l'orifice supérieur et par la canule, avec les cathéters de Schrotter. On passa avec assez de facilité, mais l'enfant, très affaibli, mourut le lendemain.

A, luette et voile du palais. — B, base de la langue. — C, ligament glosso-épigloltique médian. — D, épiglotte. — E, grande corne du cartilage thyroïde. — F, cordes vocales et bandes ventriculaires irrégulières et rétractées. — II, portion cricoïdienne rétrécie du larynx (aspect (ibro-scléreux de la muqueuse et du périchondre sous-jacent). — O, orifice de l’incision trachéale. — U, ulcération de la muqueuse trachéale due au contact de la canule.

coïdiennes est fort heureusement un accident très rare. En 1895 et en 189b, sur

plus de 500 enfants tubes, je n’en ai observé que trois exemples ; Galatti (de Vienne), sur 31 enfants tubes, aurait noté six fois cette complication redoutable ; j’ai peine à comprendre cette série de malheurs opératoires. Bokaï n’en a relaté que 2 cas. En juin 1896, nous avons perdu un de nos trois enfants atteints de rétrécissement laryngé dans des circonstances assez singulières. Gomme il arrive d’habitude, ce petit malade atteint de croup, avait dû être tubé plusieurs fois et finalement trachéotomisé. Mais lorsqu'on voulut retirer la canule, il fut pris de spasme laryngé et on dût la replacer. Après quelque temps, ou essaya d'introduire un tube pour enlever la canule, mais le larynx se montra infranchissable. M. le D1' Glover, un matin, essaya au moment de la visite de faire passer un cathéter de Schrotter de petit calibre ; il y parvint avec de grandes précautions. Le soir qui suivit cette intervention, la température s’éleva, l’enfant tomba dans une grande prostration et le lendemain il mourut.

L’autopsie nous révéla une tuberculose pulmonaire assez étendue et nous eûmes sous les yeux la sténose sous-glottique. Le dessin que j’en donne ci-joint, exécuté par M. le Dr Glover, est plus démonstratif qu’une longue description.

Voici une autre observation très typique de rétrécissement du larynx consécutif au tubage.

L..., René, cinq ans etdemi, entre le 18 février 1896, à o heures du soir. 11 est pâle, asphyxiant, demi-comateux, secoué par des efforts spasmodiques d’inspiration lente avec expiration active.

Avant tout autre examen on le tube, car la mort semble imminente. Aussitôt le tube mis en place, l’enfant rejette une grande quantité de fausses membranes en lambeaux putrilagineux. avec du muco-pus et des glaires. On examine l’enfant et l’on provoque l’expulsion de nouveaux débris membraneux par quelques mouvements de respiration artificielle, par l’injection dans le tube de

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