‹ La Diphthérie à BordeauxChapitre 10 sur 13 · PQ AE · texte numérisé non relu

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signalent dans la moitié des cas environ. Beaucoup lui refusent le nom de complication car eile peut se développer dans les formes les plus bénignes. Elle est alors de très courte durée et peut échapper à l'observation siles examens de l’urine ne sont pas très répétés. Mais lorsqu'elle dure plusieurs jours en quantité notable elle témoigne d’une diphtérie maligne et passe difficilement inaperçue. Nous ne parlerons pas des albuminuries légères car nos examens ont été un peu négligés dans les cas bénins. Dans les diphtéries plus graves, au contraire, il nous paraît intéressant de signaler la rareté de l’albuminurie à Bordeaux. 22 fois seulement sur 170 cas nous avons pu observer la présence de l’albumine, en quantité notable.

Bien plus digne de remarque est l’absence complète des paralysies diphtéritiques dans nos observations.

Mais avant d'aborder ce sujet, qu’on nous permette de répondre à une objection qu'on ne manquera pas de nous faire. Les paralysies surviennent ordinairement pendant la convalescence. Or bien des malades ont déjà quitté l'hôpital à ce moment là et échappent à l’observation. Cela est parfaitement exact.

Toutefois, on nous permettra de faire remarquer que les petits malades ne quittent généralement pas l'hôpital avant le 20° jour : à ce moment-là bien souvent, la paralysie à fait son apparition. De plus, cet accident même localisé s'accompagne de phénomènes alarmants.Il est naturel de penser que les parents viendraient consulter le médecin’qui à sauvé leur enfant d'une maladie aussi effrayante que le croup. Cette considération, quoique

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d'ordre moral, nous paraît devoir entrer en ligne de compte pour affirmer que sinous n’avons pas observé de paralysies, c’est qu’il n’en existe réellement pas.

La fréquence des paralysies diphtéritiques varie suivant les auteurs. Voici quelques statistiques :

12 fois sur 18 Lemarié.

16 — 190 Weber.

4 — 50 Bouillon-Lagrange.

8 — 29 Moynier.

3 — 19 Barascut.

3 — 160 Sellerier.

9 — 300 Monckton.

En comparant les statistiques on voit l'écart énorme qui existe entre elles. Pour Lemarié la proportion est de 66 pour 100. Pour Monckton elle est de 1,15 pour 100.

Roger donne la proportion de 1 sur 6.

Lanné - — — Laur 9 Cadet de Gassicourt — 1 sur 7.

Empruntons à M. Cadet de Gassicourt la statistique suivante : -

Diphtéries bénignes. — Sur 155 cas, 28 paralysies soit 18 0/0 ou 1 sur 5,5.

Diphtéries toxiques ou hypertoxiques. — Sur 135 cas, 33 paralysies. Soit 22 0/0 ou 1 sur 4,5.

Croups guéris avec ou sans opération. — Sur 135 cas, 43 paralysies. Soit 31,8 0/0 ou 1 sur 3.

Cette statistique en nous montrant que la paralysie est presque aussi fréquente dans les cas bénins que dans les cas graves, plus fréquente surtout dans les croups fera

mieux ressortir la particularité de notre épidémie à ce sujet. Sur un total de 222 cas de diphtérie traités à l’hô= pital de Bordeaux, nous ne pouvons relever que deux cas de paralysie généralisée qui guérirent en quelques jours. Dans la statistique de l’année 1888-1889 qui nous occupe particulièrement nous ne trouvons pas un seul cas de paralysie bien nette.

Et cependant cette statistique porte sur un total L 170 cas.

Pour être exact, nous devons signaler.deux cas d’aphonie complète. Les deux enfants chez qui nous observâ= mes ce fait étaient atteints d’angine avec croup. L'un fut trachéotomisé, l'autre guérit sans opération. Le premier, opéré « in extremis » présenta cette particularité que l'incision de la trachée donna issue à une quantité énorme de pus. La canule fut enlevée le 7° jour. Pendant 16 jours l'enfant resta absolument aphone. On craignaiït un actident opératoire, mais au moment où sa mère vint la chercher, l'enfant éprouva une telle joie qu’elle eut un début de syncope. Revenue à elle, elle se prit à parler sans aucun trouble.

Le deuxième cas est celui d’un jeune garcon qui resta 23 jours avec la voix complèternent éteinte. Il guérit lui aussi subitement à la suite d'une forte impression morale, la sœur l’ayant menacé de le garder jusqu’à ce qu'il parlât distinctement. Dans ces deux observations, on peut jusqu’à un certain point songer à la paralysie des cordes vocales.

Signalons enfin la mort subite de cet enfant atteint de

tuberculose dont nous avons donné l'observation. Il G. 5

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