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paraît avoir succombé à une paralysie cardio-pulmonaire, l’'autopsie n'ayant révélé aucune trace d’embolie.
Telles sont les particularités intéressantes qui nous paraissent devoir être signalées dans les cas de diphtérie observés à Bordeaux.
Pour nous résumer, nous dirons que cette diphiérie
est moyennement infectieuse, qu’elle frappe principalement les organes respiratoires, qu’elle se distingue enfin par la rareté de l’albuminurie persistante et l'absence totale de paralysies consécutives. |
Traitement.
[ n'entre pas dans notre plan d'exposer ici les diverses médications préconisées dans le traitement de la diphtérie. De longs chapitres seraient nécessaires pour les passer toutes en revue ; car, il faut bien le dire, il n’est pas d’astringents, pas d’antiseptiques, sans compter bien d'autres produits encore qui n’aient été vantés tour à tour. Leur nombre suffit seul à démontrer leur inefficacité.
Autrement important est le choix d’une méthode de traitement, c’est-à-dire d’une thérapeutique logique, positive, justifiée, ayant pour base une pathogénie étayée sur la clinique et l’expérimentation. Il n’est peut-être pas de maladie dont la médication ait plus vivement ressenti le contre-coup des études faites sur sa nature. Aussi retrouvons-nous, au sujet du traitement de la diphtérie, les auteurs divisés en deux grandes écoles, comme au sujet de la pathogénie.
Les uns, considérant la diphtérie comme une maladie infectieuse, générale d'emblée s’attaquent à l’état général, ou plutôt, dans l'impossibilité où ils sont de le modifier, s’efforcent de le soutenir, d'augmenter sa résistance.
Pour eux, la fausse membrane n’est qu'un symptôme etils la négligent totalement.
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Les autres au contraire s'efforcent de la détruire par tous les moyens possibles, car ils la considèrent comme la phase initiale de la maladie et le point de départ d’une infection secondaire.
M. Renou s’est fait, dans ces derniers temps, l’éloquent défenseur de la première méthode.
M. Gaucher personnifie, en quelque sorte, la seconde.
Les derniers travaux de MM. Roux et Yersin donnent raison à M. Gaucher. Nous ne reviendrons pas sur ces expériences dont nous avons suffisamment parlé. Puisque le bacille de la diphtérie est localisé dans la fausse membrane, puisque c’est là qu’il sécrète le poison dont l’absorption produit l'intoxication générale, il devient nécessaire, indispensable de détruire ce nid dans lequel se cache le micro-organisme pour arriver jusqu'à lui et le détruire à son tour.
Nous avons lu avec la plus grande attention le mémoire de M. Renou. Sa méthode, habilement défendue par des considérations théoriques, l’est bien plus efficacement par les résultats qu’il publie. Sa statistique est si heureuse que l’on est immédiatement tenté d'admettre ses idées.
Bien que les vaporisations acides qu’il fait continuellement autour des petits malades puissent jusqu'à un certain point expliquer ses succès, il est bien d’autres facteurs dont il faut, croyons-nous, tenir compte dans l'appréciation des cas de guérison. Sans parler des statistiques peu nombreuses et de ce qu’on appelle « la série heureuse », M. Renou paraît opérer dans d'excellentes conditions, dans des lieux où on ne trouve ni l’encombre-
ment, ni cette influence si désastreuse produite par la succession répétée de malades dans une même salle.
Enfin il faudrait pouvoir nettement apprécier le degré toxique des cas. La diphtérie en effet est loin d’être toujours la même. Sans parler des différences suivant les individus, elle affecte suivant les endroits une gravité très variable. À Paris, les statistiques sont toujours relativement mauvaises ; à Genève, elles sont toujours heureuses ; à Bordeaux, nous le verrons, elles tiennent le milieu.
Le traitement préconisé par M. Gaucher était en honneur à Bordeaux bien avantles découvertes de MM. Roux et Yersin. On y reconnaissait l’importance de la fausse membrane et le traitement local y étant sévèrement appliqué sans que l’on négligeât cependant le traitement général. Nous allons dès à présent exposer la méthode suivie à l'hôpital de Bordeaux en signalant au fur et à mesure les faits intéressants que nous avons observés.
Traitement général. — Les enfants qui guérissent sont ceux qui se nourrissent, a-t-on dit avec raison, à propos de la diphtérie. Soutenir les forces, c’est là évidemment une indication de premier ordre. Les potages, le lait et le vin sont utilement employés à cet effet. Le quinquina et l'alcool jouent également un très grand rôle. Nous ne saurions trop recommander le sirop de punch. Cette préparation très bien acceptée par les petits malades est supportée à haute dose et nous avons vu des enfants, qui n'avaient pris autre chose pendant plusieurs
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