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jours, triompher enfin de leur mal et revenir rapidement à la santé.
Trouver un médicament dont l’action combatte efficacement l'intoxication générale : tel a été le but constamment poursuivi par les praticiens. Nous avons vu essayer vainement tous les produits proposés. Les recherches modernes nous laissent peu d’espoir d’atteindre jamais ce but. L’intoxication en effet n’est pas due à la pénétration et à la pullulation dans tous les points de l'économie du bacille pathogène mais à l’absorption de substances toxiques solubles. Or ce n’est pas par des antiseptiques que l’on annihile l’action d’un poison. Tout au plus peut-on, par eux, légèrement modifier son action.
C’est dans ce but que M. le professeur Rondot administre à ses malades de trois à six milligrammes de bichlorure de mercure par jour. Dans une communication à la Société de médecine de Bordeaux en juillet dernier, M. Rondot se félicite des succès qu'il attribue à l'emploi de l’antisepsie interne jointe à l’antisepsie locale. Sa statistique est évidemment très favorable. Elle comprend 45 observations. Dans une série de ?4 cas d’angine diphtéritique avec symptômes marqués de laryngite chez 9 de ses malades, M. Rondot obtient 20 guérisons. Dans un cas la mort survint pendant la trachéotomie par le fait d'un arrêt du cœur dù à la stéatose manifeste de l'organe constatée à l’autopsie. Dans les trois autres cas mortels le traitement est resté sans influence sur la marche de diphtéries hypertoxiques arrivées à la période terminale.
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La série des malades trachéotomisés est moins heureuse :
Trachéotomies.... 25 Guérisons........ 10
Nous n’oserions pas nous prononcer sur la valeur de la médication interne dans ces cas. L'antisepsie locale y était rigoureusement mise en pratique et les résultats que nous avons vu Obtenir par cette dernière méthode seule ne diffèrent pas suffisamment de ceux publiés par M. Rondot pour que l'efficacité du traitement interne par le sublimé s'impose.
Nous n'insisterons pas sur les autres médicaments administrés aux diphtéritiques, le chlorate de potasse et l'extrait oléo-résineux de cubèbe journellement employés par M. le D'St-Philippe. Ces produits sont susceptibles des mêmes critiques comme spécifiques de l’intoxication diphtéritique. Toutefois, ils réussissent parfois très bien au point de vue du relèvement des forces et ne nous paraissent pas mériter les attaques violentes dont ils ont été l'objet. Jamais nous n’avons observé d’accidents qui leur fussent imputables.
Le traitement de M. Renou par les vaporisations phéniquées a été essayé dans notre hôpital, sur la demande même de son auteur. Nous devons à la vérité de dire que les résultats ne furent pas satisfaisants. Outre que les vaporisations phéniquées ne parurent pas avoir une grande influence sur la marche de la maladie, on leur reconnut de graves inconvénients. En buées légères, elles amenaient rapidement une sécheresse marquée
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de l'air. Ce fait est conforme aux expériences de M. Nicaise sur les propriétés de l’acide phénique. En buées épaisses, elles occasionnaient chez les malades un refroidissement et des quintes de toux dont était atteint le personnel lui-même.
. C’est aussi en raison du refroidissement que l'on a supprimé à l'hôpital de Bordeaux les pulvérisations. De nombreuses expériences ont, en effet, démontré que quelque fût le liquide pulvérisé le jet de vapeur très chaud à la sortie du bec perdait rapidement de son calo rique pour atteindre à la distance de 1 mètre 50 une température inférieure à celle de l'appartement qu'il ne tarde pas à refroidir. Nous ne voulons parler ici que de pulvérisations continues faites dans la chambre. Tout autre est l'effet produit par les jets projetés pendant quelques instants dans la gorge d'un malade. Nous verrons plus loin tous les bienfaits que l’on peut retirer de cette méthode.
Traitement local. — Occupons-nous dès à présent du traitement local. C’est à lui, en effet, que l’on doit attribuer la plus large part du succès. Nous exposerons donc en détail la méthode suivie à Bordeaux. Ce n’est pas celle de M. Gaucher ainsi que l’entendent certains praticiens. Faut-il coûte que coûte racler la gorge, ulcérer la muqueuse pour enlever les productions membraneuses? Faut-il pratiquer cette opération malgré les crises d'étouffements, malgré les accidents nerveux graves quelquefois que ce traitement occasionne chez les enfants particulièrement susceptibles ? Telle n’est pas,
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croyons-nous, l'opinion de M. Gaucher. Il y a quelques jours à peine, dans un article publié par la Gazette des hôpitaux deux internes protestaient contre cette appréciation des idées de leur maitre et rappelaient cette parole de lui : « L'énergie n'exclut pas la douceur ».
C'est ainsique nous avons compris le traitement local, Les badigeonnages faits à l'aide d’un tampon d’ouate sont pratiqués toutes les deux heures environ, plus souvent si la reproduction des membranes est rapide. On s'efforce d'enlever la fausse membrane par des frottementsrépétés par usure en quelque sorte, maïs sans ulcérer la muqueuse, sans la faire saigner. Ces conditions ont une importance capitale puisque sans elles on ouvre la voie toute grande à l'absorption du poison. L’ulcération dela gorge a un autre inconvénient presque aussi sérieux. C’est la douleur qu’elle produit et qui a pour effet chez l’enfant une frayeur invincible du pinceau, des crises nerveuses non sans danger et une répugnance parfois très grande pour les aliments. On enlève ainsi aux petits PSRIGE leurs dernières chances de salut.
Après avoir nettoyé la gorge, avoir enlevé les fausses membranes et détergé celles qui tiennent trop fort on repasse plusieurs fois le tampon trempé à nouveau dans la solution pour bien laver la muqueuse et l’imbiber du liquide antiseptique. Le liquide employé à Bordeaux est une solution de sublimé à 1/500 à laquelle on ajoute 5 grammes pour 1000 d'acide tartrique.
M. le professeur Rondot termine chacune deces séances en passant le tampon sur la zône inférieure de l’isthme du gosier au niveau de la base de la langue, sur la gouttière
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glosso-épiglottique qui se trouve en continuité directe avec les régions supérieures généralement les premières atteintes. Nous ne saurions trop recommander cette pratique car il nous a été possible, maintes fois, de constater la réalité de ce fait signalé par notre maître. Nous avons pu reconnaître en effet que là partie postérieure de la langue était recouverte d'exsudations assez difficiles à constater dans la plupart des cas mais que nous avons très bien distinguées chez plusieurs enfants dans cette portion de l’isthme qui forme pour ainsi dire un pont entre les amygdales et la base des piliers d’une part et l'orifice supérieur du larynx de l’autre. Et cet envahissement nous à paru postérieur à celui des autres régions. Aussi attachons-nous une très grande importance à cette pratique de compléter le traitement local qui s'adresse souvent d’une manière exclusive aux parties les plus apparentes de l’arrière-gorge par des badigéonnages rapides dans la région précitée dont la structure offre tant d'analogies avec celle des amygdales. Il en résulte seulement quelques efforts de vomissements dont on peut même profiter pour opérer des attouchements plus complets à ce niveau. Et l’on a des chances de s'opposer ainsi dans une certaine mesure à l'envahissement du conduit laryngé par l'exsudat diphtérique (1).
Cette invisibilité d’un grand nombre de fausses membranes constitue avec les récidives le point faible du traitement par les badigeonnages. Aussi faut-il ajouter à ce traitement des pulvérisations dont l’action est plus éten-
(1) RoNDoT. Traitement de la diphtérie par l’antisepsie locale et générale au moyen du bichlorure de mercure.
due et qui peuvent atteindre des plaques au niveau desquelles le pinceau ne peut parvenir.
Ces pulvérisations sont faites à l’aide de l'appareil de Richardson. Le liquide pulvérisé est une solution d’acide salicylique au centième. On alterne les attouchements de la gorge avec les pulvérisations de façon à intervenir par l'un de ces moyens à peu près toutes les heures. Les enfants ressentent un grand bien être à la suite de cette pratique. Ils respirent beaucoup plus facilement et rejettent souvent des fausses membranes. Ces pulvérisations sont pratiquées également dans les fosses nasales dont elles assurent l’antisepsie.
Tel est l'ensemble des moyens locaux employés depuis longtemps à l'hôpital des enfants assistés de Bordeaux. Tout en tenant compte de la bénignité relative du mal, les succès obtenus nous paraissent des plus satisfaisants. En trois ans, sur un total de 102 cas de diphtérie non suivis de trachéotomie, la guérison a été obtenue 89 fois. C’est une proportion de 88,3 0/0 de guérisons.
Traitement du croup. -—- L'importance de ce traitement est facile à comprendre dans une épidémie où le pius grand nombre des cas se terminent par la trachéotomie.
A quel moment opère-t-on à Bordeaux ?
Il est de règle absolue de n’opérer qu'à la dernière période, c’est à-dire, lorsque le tirage augmentant progressivement rend l'opération inévitable ou que le chirurgien à la main forcée par des accès de suffocation graves et répétés. Du reste, nous l'avons déjà dit, les
enfants ne sont portés à l'hôpital que lorsque la trachéotomie est inévitable et la plupart du temps elle est pratiquée dès leur entrée dans la salle. Nous n’insisterons pas sur les préparatifs de l'opération. Seul le procédé employé nous arrêtera un instant.
Les internes pratiquent à l'hôpital de Bordeaux l’opération telle qu’elle a été décrite par M. Renault.
Le larynx solidement maintenu entre le pouce et le médius de la main gauche qui tendent à l’énucléer, l’index appliqué au niveau du bord inférieur du cricoïde, l'opérateur incise d’un seul coup la peau sur une longueur de ? cent. 1/2 à 3 centimètres.
Il arrive alors sur la trachée au moyen de 3 ou 4 coups de bistouri sans se préoccuper du sang. L’index gauche explore la trachée et lorsque l'opérateur sent les anneaux sous le doigt, il ponctionne la trachée au niveau du cricoïde en limitantavec le pouce et l'index de la main droite la longueur de son bistouri.
L’index gauche est alors placé de champ dans la plaie et prenant entre la pulpe et l’ongle la lèvre droite de l'incision trachéale il s’efforce de l’abaisser. L'autre lèvre fait sailbe et il est généralement très facile de glisser la canule sur l’ongle en allant de droite à gauche. Une résistance indique que le bec de la canule vient buter contre la face interne de la lèvre gauche. Il suffit alors de ramener la plaque en avant et en haut pour que la canule soit en quelque sorte avalée par la trachée.
Si cette manœuvre ne réussit pas On introduit le dilatateur à ? branches. L'enfant est assis et l'on ne se presse pas pour introduire la canule.