‹ La Diphthérie à BordeauxChapitre 8 sur 13 · NUS EE · texte numérisé non relu

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présente un petit malade qui n’avait pour toute lésion de la gorge que cinq ou six points blancs sans caractère spécial sur les amygdales. Il conseille un badigeonnage avec l'acide salicylique ; le traitement ne fut pas appliqué. Le quatrième jour apparurent de larges fausses membranes qui envahirent toute la gorge et le larynx : le septième jour l'enfant succombait à une diphtérie maligne.

M. le D' St-Philippe nous communique cette observaton également très probante.

On le consulte pour un petit enfant qui tousse rauque. Il trouve sur les amygdales ? ou 3 points blanchâtres insignifiants. Il institue un traitement énergique. Les parents ne veulent pas croire au danger et cessent tous les soins bien qu'un de ces points persiste. 10 jours après M. St-Philippe est appelé auprès de l'enfant mourant. Il apprend que deux jours avant il est resté une grande partie de l'après-midi à jouer, tout mouillé, sur le trottoir.

Nous ne saurions donc admettre la bénignité des cas les plus simples en apparence. Ils restent soumis à toutes les complications des fausses membranes organisées et doivent être traités avec le même soin. Dureste, les expériences de MM. Kouxet Yersin ne laissent aucun doute à ce sujet. Elles prouvent très clairement que le pouvoir toxique du bacille provenant des cas bénins est tout aussi considérable que celui des bacilles trouvés dans les fausses membranes les mieux organisées.

La bénignité est donc une chose très discutable en thèse générale ; nous ajouterons qu'elle ne saurait être

+ admise à Bordeaux. Nous n'avons parlé jusqu'ici que de G 4

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l'ensemble des faits ; quelques détails vont permettre d'affirmer que nous nous trouvons en présence d’une diphtérie nettement infectieuse.

Nous pourrions n’en donner qu'une preuve, le cree de la mortalité. Sur les 329 cas de diphtérie observés dans les trois dernières années, 180 sont morts des suites de l’affection. La mortalité atteint donc le chiffre de 55,5 0/0. À Paris ce chiffre est de 59,5 0/0. La trachéotomie a été pratiquée 222 fois, mais on ne saurait Jui imputer le côté fâcheux de notre statistique, puisque 11 fois seulement la mort est survenue pendant l’opération ou immédiatement après.

Il faut donc rapporter les causes de la mort à l’affection elle-même. Son caractère infectieux est démontré par beaucoup d'autres faits. Nous voulons parler des cas nombreux ou les fausses membranes envahissent les fosses nasales, les plaies du cou, la surface dénudée des vésicatoires. Elle nous est encore démontrée par des symptômes d'intoxication générale, d'asthénie, d’albuminurie survenant tout à coup dans les cas jusqu'alors très bénins. Souvent enfin nous avons observé des engorgements ganglionnaires et du jetage abondant. Sans vouloir donner à ces symptômes l'importance que leur attribuaient Trousseau et ses élèves, nous pensons que ces troubles joints à l'odeur repoussante de l’haleine, à l'abattement et à la déperdition des forces sont les signes d’une infection toujours grave et que leur présence doit faire écarter toute idée de bénignité dans l'affection. Ces faits acquièrent une importance considérable si l'on songe qu'ils éclatent au milieu de cas évoluant très simplement -

dans la même salle, dans la même famille, dans la même maison. Il nous a été donné bien souvent d'observer ces petits foyers d’épidémie évoluant dans une rue, dans une maison Où même dans une famille. Les cas les plus bénins étaient tout à coup interrompus par un cas de diphtérie hypertoxique suivi lui-même d’une série très bénigne. De tout cela, on ne peuttirer qu'une conclusion : cest l'unité absolue de la diphtérie quant à sa nature. Les théories modernes viennent à notre aide pour nous expliquer l'existence ou l’absence des phénomènes graves suivant qu'il y à ou non absorption du poison sécrété par le bacille.

Un autre fait nous montre la nature infectieuse de la diphtérie qui règne à Bordeaux, ce sont les affections pulmonaires sur l’importance desquelles nous allons insister maintenant, car elles sont à notre avis un caractère très particulier de cette épidémie.

Nous ne discuterons pas ici la question d'anatomie pathologique qui divise les auteurs pour savoir si les lésions qui atteignent les poumons dans la diphtérie sont celles de la pneumonie, de la broncho-pneumonie ou celles de la congestion avec bronchite membraneuse. Nous plaçant au point de vue clinique, nous diviserons ces affections en deux groupes : des broncho-pneumonies de nature infectieuse et des bronchites membraneuses. Nous. disons broncho-pneumonies infectieuses car avec M. Cadet de Gassicourt et la plupart des auteurs nous ne croyons pas que le froid soit ici la cause première et qu'il faille dans la plupart des cas rendre la trachéotomie responsable de cette complication. La broncho-pneumo-

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