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disparition de la contraction irienne dans la vision rapprochée, par la disparition de laccommodation (impossibilité de lire de près) avec conservation. du réflexe lumineux.
Les paralysies les plus graves sonf les polynévrites qui atteignent souvent les membres inférieurs seuls, mais souvent aussi les quatre membres. Elles se rencontrent le plus fréquemment à la suite des angines graves, en général, au début de la deuxième semaine, On note tout d’abord une paralysie du voile accompagnée ou non de paralysie de l’accommodation, puis de la paralysie des jambes, des fourmillements, une démarche mal assurée, ataxique, de la disparition des réflexes rotuliens achilléens. La paralysie est souvent incomplète et prédominante sur les extenseurs.
Les troubles sensitifs consistent surtout en anesthésie plantaire et en paresthésies diverses.
Mais il faut bien savoir que les polynévrites peuvent survenir à la suite d’angines bénignes, surtout lorsque le traitement a été insuffisant et à la suite d’angines non traitées, parce que, méconnues, leurs symptômes n'ayant pas attiré l’attention du malade lui-même.
Orticoni admet même que des paralysies peuvent se montrer sans qu'il y ait eu d'angine préalable, et il reconnait qu’une quantité considérable de sérum injecté au cours de langine peut ne pas empêcher l’apparition d’une polynévrite. Un sujet qui avait reçu 1.800 centimètres cubes de sérum pour une angine diphtérique fit tout de même de la polynévrite.
Les polynévrites peuvent évoluer pendant un temps plus ou moins long, qui varie entre trois semaines à
deux, trois où quatre mois. La terminaison en est le plus souvent la guérison. Quand la mort arrive, elle n’est pas le fait de la polynévrite, sauf dans des cas très rares ; elle est due, soit à des troubles cardiaques d’origine diphtérique, soit à une broncho-pneumonie, soit à d’autres complications.
L'observation suivante est un exemple de polyné- -vrite diphtérique survenant à la suite d’une angine tellement bénigne qu’elle fut méconnue par le médecin.
OBservATION XVII
M... Léonce, vingt-huit ans, 32° d'infanterie, entre à l’ambulance 8/21, le 5 février, pour une paralysie du voile du palais et de la faiblesse des Jambes.
Il a été en permission six jours chez lui à la fin du mois de décembre, Le deuxième jour de sa permission, il a eu une angine peu grave qui a guéri en deux jours sans soins. Le médecin qui l'a vu à ce moment lui a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'angine diphtérique. Lorsqu'il est entré au corps, il était encore un peu fatigué. Vers le 15 janvier, il remarque qu'il ne peut plus parler comme tout le monde; il ne peut plus boire qu'en rejetant la tête très en arrière, sans quoi le liquide ressort par le nez.
Depuis le début du mois de février, faiblesse des deux Jambes.
A l'entrée, paralysie du voile du palais complète; insen: sibilité et immobilité absolue; reflux des aliments liquides par le nez.
Au point de vue des membres, le malade peut encore exécuter les mouvements généraux de flexion et d'extension de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse, quoique sans force ; les mouvements de latéralité sont très restreints. Les mouvements dans la tibio-tarsienne sont à peu près abolis et les mouvements des orteils ont totalement
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disparu. Anesthésie tactile et analgésie à la plante des deux pieds et sur la face externe de la jambe droite. Réflexes rotuhens, aboli à droite, considérablement diminué à gauche : pas de réflexe achilléen. La manœuvre de Babinski et celle d'Oppenheim n'amènent pas d'extension du gros orteil ; pas de troubles des membres supérieurs, pas de troubles visuels, pas de troubles sphinctériens.
Le 6 février, examen de la gorge : bacilles de Lôffler, présentant des formes d’involution. Ils sont beaucoup plus longs que normalement, revêtent l’aspect de petites masses, parfois ramifiées. Ces formes ont été retrouvées dans les ensemencements d'un grand nombre de diphtériques en décembre, janvier, février, et doivent être considérées comme des formes de fin d'épidémie. :
Le malade est soumis à des injections répétées de sérum antidiphtérique.
Le 8 février, une injection de 48 centimètres cubes amène une douleur locale assez violente qui persiste pendant deux Jours (phénomène d’Arthus léger).
Le 10 février, amélioration de la paralysie du voile.
Le 15 février, le malade peut commencer à marcher; les réflexes rotuliens existent des deux côtés.
Le 20 février, il ne persiste plus qu'une diminution d'amplitude des mouvements du pied.
Le 26 février, guérison complète.
La température a toujours été normale,
Les trois observations suivantes concernent des polynévrites, terminées par la mort, celle-ci étant due une fois à des eschares infectées, une autre fois à de
la myocardite, et la troisième à de la myocardite et de la broncho-pneumonie.
OBsErvATION XVIII
M..., trente-cinq ans, 27° d'infanterie. Evacué du front
me
ee 00 sur l'hôpital de Neufchâteau pour angine diphtérique; de là, il est évacué à l'hôpital complémentaire 10, à Lyon, où la culture montre la présence de bacilles de Lôffler longs
dans la mucosité nasale et le mucus pharyngien. Le malade
passe à l'hôpital de Villeurbanne le 4 septembre.
A l'entrée, malade très déprimé. L’interrogatoire esl difficile, le malade ne se rappelant pas ses antécédents; il ne sait pas quel traitement on lui a fait et ne se souvient pas des évacuations dont il a été l’objet. Pas d'exsudat au niveau de la gorge, qui est uniformément rouge. Léger écoulement nasal avec eroûtes sèches dans les narines. Paralysie du voile du palais; paralysie des membres inférieurs.
Le malade est au lit depuis une période qu'il ne peut déterminer, mais qui doit être assez longue, car il présente des eschares au niveau des grands trochanters et au niveau du sacrum.
Léger disque d'albumine dans les urines.
Le malade meurt le 9 septembre, après avoir présenté une température à grandes oscillations, témoignant de son infection générale.
OBservATION XIX
P..., Benoît, vingt-trois ans, 107° d'infanterie. Entre le 20 Juillet 1916 à l'hôpital de Villeurbanne.
Le malade vient du front où il a été évacué le 16 juin, pour angine, sur une infirmerie, puis le 20 juin sur l'hôpital de Saint-Dizier, où on l’a soigné pour diphtérie grave, avec paralysie du voile. Il eut, à ce moment, des vomissements empêchant complètement l'alimentation pendant plusieurs jours. L'albumine, qui dépasse 6 grammes au début de l'affection, tombe à 2 grammes, puis remonte à 8 grammes et 10 grammes le 5 juillet. Amaigrissement considérable. IL est évacué sur l'hôpital de Villeurbanne, après avoir eu à Saint-Dizier huit injections de sérum antidiphtérique.
A l'entrée : rien à la gorge: paralysie du voile du palais complète; paralysie de l’accommodation avec disparition du réflexe irien à l'accommodation et persistance du réflexe irien à la lumière; légère parésie des membres supérieurs avec fourmillements. Urines : léger disque d’albumine.
Cœur : arythmie, tachycardie ; dédoublement du deuxième bruit.
Le 27 juillet, la paralysie du voile du palais et de l’accommodation persiste; parésie des membres inférieurs.
Le 2 août, persistance de la paralysie ; angoisses, arythmie intense; pouls : 120; tendance au collapsus.
Le 3 août, légère amélicration sous l'influence de l’adrénaline.
Le 4 août, la force des mains se serait un peu accrue.
Le 7 août, disque moyen d’albumine. Les bruits cardiaques sont normaux comme timbre et comme intensité, mais présentent des extrasystoles fréquentes. Pouls : 108.
Le 11 août, il semble que le rythme cardiaqne se soit amélioré; il n'y a plus d’extrasystoles. Pouls : 84.
Le 12 août : mort par syncope.
OBsERvVATION XX
D... G..., vingt ans, 5° colonial, entre le 25 mai à Villeurbanne, pour angine à fausses membranes typiques à bacilles de Lôffler longs.
Le 26 mai, très léger disque d’albumine.
La maladie évolue normalement. La température, qui s'était maintenue six jours autour de 39, tombe à la normale, et le malade paraît convalescent.
Le 10 juin, paralysie du voile du palais.
Le 15 juin, paralysie de l’accommodation.
Le 1° juillet, bronchite légère.
Le 7 juillet, parésie des membres inférieurs, abolition des réflexes rotuliens. Pouls : 120.
Température : 39 degrés. Quelques râles aux deux bases.
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Le 8 juillet, gros disque d’albumine; râles sous-crépitants fins à la partie moyenne du poumon droit.
Le 9 juillet, la déglutition est impossible. Le liquide que le malade essaie d’avaler passe dans la trachée où il provoque des accès de suffocation.
Le 10 juillet, pouls, 140; persistance des signes pulmonaires ; gros disque d'albumine.
Le 12 Juillet, râles sous crépitants à la base gauche. Température : 39,4.
Mort dans la journée.
À côté des polynévrites que nous venons de passer en revue et qui constituent la forme normale des paralysies diphtériques, on a décrit récemment des manifestations nerveuses d’origme diphtérique de forme un peu spéciale.
Chauffard et Mlle Le Conte ont donné l’observation d’une malade atteinte à la suite d’une angine non soignée de paralysie du voile, puis de paralysie de l’accommodation, huit jours environ après le début de la maladie.
Quelques jours après, paralysie faciale droite avec névralgie faciale du même côté. La paralysie faciale est totale, complète. Il n’y a pas de troubles trophiques, pas de troubles de la gustation. La névralgie faciale est typique, avec points douloureux très nets aux niveaux d’émergence des branches du trijumeau.
L'examen laryngologique permet de constater une hémiplégie droite du voile du palais avec parésie bilatérale des adducteurs du larynx.
Une ponction lombaire laisse écouler, quarantecinq jours après le début de l’angine, un liquide clair