FICHE
LOTS UEUE
non hypertendu, avec hyperalbuminose notable et trente lymphocytes par millimètre cube à la cellule de Nageotte. Réaction de Wassermann négative dans le sang et le liquide céphalo-rachidien.
La paralysie faciale s'améliore assez rapidement. La névralgie persiste plus longtemps. Un traitement par le sérum semble amener la disparition complète de la paralysie faciale et de l'hémiplégie vélo-palatme. Vingt jours après la première ponction lombaire, l’albumine du liquide céphalo-rachidien est normale: il n’y a plus que dix lymphocytes par millimètre cube. La paralysie de l’accommodation persiste.
Dix jours plus tard, la paralysie de Paccommodation a disparu. Ponction lombaire : albumine normale; lymphocytes : quatre par millimètre cube.
L’aphonie, seul symptôme persistant, est guérie alors par dix minutes de massage vibratoire du larynx, ce qui démontre son origine névropatique.
Chauffard admet qu’il s’agit dans ce cas de localisations nucléaires et non névritiques. Il rapproche cette observation des faits de fixation toxinique sur les cellules nerveuses étudiés par Guy-Laroche et Guillain. ;
Il attire l'attention, d'une part, sur la névralsie du triumeau, très rare à la suite de la diphtérie, et sur la réaction méningée très nette, quoique assez peu intense. Cette réaction méningée, cherchée par de Massary et par Netter, n'avait pas été trouvée : elle semble donc inconstante.
Ravaut et Krolunitzki la constatent de nouveau chez un soldat qui, à la suite d’une angine phleemo-
nee
neuse dont l’incision donne du sang, puis du pus, présente de la difficulté de la déglutition et de la prononclation, puis une paralysie du voile complète. Malgré un traitement sérique intense, au bout de quelques jours apparaît l’engourdissement des mains et des pieds, la démarche devient ataxique; disparition des réflexes
tendineux des membres inférieurs et hypoesthésie.
Quelques jours après, la ponction lombaire donne un liquide hyperalbumineux avec Iymphocytose nette.
Une semaine après, cette lymphocytose est devenue presque normale, tandis que l’albumme a encore augmenté.
Enfin, une complication nerveuse très rare de la diphtérie est constituée par le pseudo-tétanos dont J. Buy donne une observation.
Il s'agissait d’un jeune soldat arrivé au dixième jour de son infection, la température étant tombée. Le billet d'entrée indiquait une angine diphtérique avec injection de 20 centimètres cubes de sérum. Il présentait encore des bacilles de Lüffler dans la gorge. A l’arrivée, Buy fut frappé par la présence d’un léger trismus avec opisthotonos manifeste et contraclure très accentuée du membre inférieur gauche. Le malade présente, au moindre contact, de véritables secousses tétaniformes avec tétanisation du membre inférieur gauche et du tronc. Les accidents tétaniformes ne cédèrent pas à la suggestion. Le malade s’améliora peu à peu, les secousses s’espacèrent, le trismus et l’opisthotonos disparurent. Evacué au bout de trentesix jours d'hôpital, il ne présentait plus qu’une légère raideur du membre infériéur gauche.
De pareilles observations ont été signalées par Bitot, par Irvenig et Snow, et par Babonneix.
Il ne faut pas confondre ces cas avec certains accidents sériques qui consistent en arthralgies multiples intéressant notamment les articulations temporomaxillaires et les articulations des vertèbres entre elles. Il se montre alors du trismus avec une raideur de la colonne qui peut être prise pour de l'opisthotonos et faire penser au tétanos vrai ou au pseudo-tétanos dont nous venons de parler. Le diagnostic se fera par les secousses tétaniformes qui existent dans le pseudo tétanos et manquent dans les arthralgies sériques.
Les complications infectieuses secondaires ne nous arrêteront pas longtemps.
Nous avons observé des otites, des adéno-phlesemons, une broncho-pneumonie qui a guéri.
La broncho-pneumonie non mortelle est cependant rare chez l’adulte après la diphtérie, et parmi les observations de l’hôpital de Villeurbanne, trois malades atteints de broncho-pneumonie sont morts tous les trois.
Signalons, enfin, la congestion pulmonaire avec réaction pleurale légère et une pleurésie purulente qui guérit sans thoracotomie.