II
10) 1502. Archives de Bologne, Litterarum-
Guillaume Pichet, ambassadeur à Rome1, tous deux savoyards: Perron de Bascher, plus italien que français5 ; le prince d'Orange; les Salazart', d'origine catalane : les Menypény, Ssrs de Concressault, d'origine écossaise ' : Michel Riccio, napolitain de naissance 5 : Guyot et Philippe Pot'"', Jean d'Arson7, bourguignons; l'archevêque d'Embrun, Rostaing d'Ancezune, originaire du l'omtat s; le président Geffroy Caries, natif du marquisat de Saluées ° ; Louis de Hallwin, s-r de Piennes, fait prisonnier par Louis XI et entré à son service, flamand, ambassadeur habituel en Angleterre et en Allemagne10. Jadis, les princes et seigneurs" français n'hésitaient pas non plus à employer des étrangers dans leurs ambassades. Le dauphin Charles VII envoie à Rome, en 1419, un Breton, l'évêque de Léon " ; la duchesse d'Orléans, en 1467, fait accréditer près de l'empereur d'Allemagne deux Gueldrois 1 ;.
L'empereur d'Allemagne remplit, lui aussi sa diplomatie d'exilés italiens, milanais ou napolitains, victimes plus ou moins volontaires des occupations française et espagnole. En
1) Janvier 1469. Archivio slorico lombardo, 188.'>, p. 17.
2) D'après M. de Boislisle, El. de Vesc, p. .'if, qui l'appelle Baschi.
3) Ambassadeurs en Allemagne pour la paix, en 1493, Jean de Glialon. prince d'Orange, Tristan do Salazar fins. tï. 20977. 1° IH7, 189J.
4J Guillaume de Menny-Penny, seigneur de Concressault, ambassadeur en Angleterre, le 22 juin 1 i < » T (V, La Thaumassièrc, Histoire du lierry).
o) Ms. t'r. 21104, f° 4 (notice par Gaigniôres) : Cf. Burckard, Giustinian, sur l'ambassade d'obédience de France, arrivée à Borne le 18 avril l.'iO.'i.
6) Not. Ambassade de sept. 1477, près de l'archiduc (ms, fr. 843;]).
7)Ms. fr.3884, fl> 286.
8) Boislisle,;?/. de Vesc, p. 191, n. 3.
9) Conclaviste de Georges d'Amboise en 1503, avec Claude de Seyssel.
10) En 1501. En Angleterre en 1492 (ms. Clairambault 782).
11) Le seigneur de Monaco envoie Gaspard de Juge, citoyen de Vintimille, à Milan. le I i juillet 1494 (Saige, Documents, II, 8), Ant. I.antier, aussi citoyen' de Vintimille, à Florence, en loi! iid., 101); il corn missionne en 1504 deu\ bourgeois d'Avignon (id.. 32 .
12) Rapport de l'ambassadeur anglais. Quicherat, TU,Bazin,l. IV, p. 278.
13) Elle ne pouvait d'ailleurs faire autrement (K. 70, n" 41, 42).
Italie, où l'on ne comprend pas très bien ce système, on s'étonne de voir revenir comme ambassadeurs de S. M. Impériale des gens qu'on traitait, quelques années plus tôt, d'égaux ou même moins. On accepte bien (quoique non sans surprise), à Florence, Micbcl Riccio, comme ambassadeur de France', à Venise, un ambassadeur impérial napolitain, ancien ambassadeur de Naples en Allemagne 2, ou fils d'un ancien ambassadeur de Naples à Venise ' : mais c'est un quasi-scandale de voir arriver comme ambassadeur d'Allemagne, en janvier 1508, un certain bâtard milanais, (iirolamo Landriano, ancien général de l'ordre des Humiliés de Milan, l'auteur de l'insurrection de 1500 contre Louis XII, qui, décrié, fugitif, misérable, implorait en vain, sept ans plus tôt, la sauvegarde de la République.... Landriano n'ose pas séjourner à Venise: il arrive et part incognito. L'impression générale est qu'il a obtenu de Maximilien cette ambassade dans un simple but de parade, pour se montrer le confident du roi des Romains et se réhabiliter *.
Par esprit politique aussi bien que par respect pour les prescriptions du coran,la Porte emploie souvent des Grecs en ambassade5, ou même des chrétiens étrangers. L'ambassadeur en France du sultan de Syrie, en 1511, était un chrétien natif de Raguse6.
L'emploi des étrangers entraîne une autre question délicate : peut-on accréditer un sujet près de son propre souverain ? En principe, aucun obstacle. La désignation d'un ambassadeur
1) En 1508 (Buonnaccorsi, Diario, p. 134). 2)Sanuto, VI, 76.
3)Sanuto, VII, 98.
4)Sanuto, VII, 251.
5) En février 1496, l'envoyé du sultan à Naples en mission temporaire, est un turc accompagné d'un grec (Sanudo, Spedizione) ; en 1500, c'est un grec (Diani, III, 1029).
6) Le Maire des Belges, Le saulf conduit donné par le Souldan...
par un souverain prévaut sur toute incompatibilité Légale '. Et mémo, en France, on affecte volontiers d'attacher à une ambassade, si ce n'est de mettre à sa tète, un natif du pays où
elle est adressée. Charles VU utilise, eu lioO, pour une ambassade en Castille, « Ynego Daroco, écuyer, boursier d'Espaigne » ', en Ecosse, Guillaume de Ménipény*. Louis XI envoie comme principal ambassadeur à Naples, Thomas Taquin, venu près de lui comme ambassadeur de Naples ' : Charles VIII l'ait entrer dans son ambassade de 1491, à Milan, Théodore Guarnerii, médecin de la faculté de Pavie, et Jean Jouydes Visques, des comtes de San Martino, tous deux restés tellement sujets lombards5 que le roi demande au pape des bénéfices en Lombardie pour Guarnerii6. Le duc de Savoie met à la tète de sou ambassade eu France, pour les affaires de Saluées, son oncle naturalisé français comme archevêque d'Àuch7. C'est surtout dans les rapports avec Rome que se produisent, on le comprend, des échanges de ce genre. Les cardinaux, légats, protonotaires, camériers, en un mot, la hiérarchie de la cour de Rome, — sans parler de la hiérarchie épiscopalc. — forme un personnel essentiellement cosmopolite 8, et, à l'inverse, les dignitaires ecclésiastiques, sans
1) Martini Laudensis, De Legatis, q. 29.
2) M. fr. 20977, fo 236*.
3 l 'toi : ms. fr. 2()!)77. fo 2o!). I '1,'i7 : Catalogue de documents historiques. en vente... à la maison Gabriel Charavay, novembre 1883, n° 6. I Ms. fr. 3884, f» 286.
5) « Tiieodorns de Guarneriis, |>liisicus » (ms. latin 1013IÎ, f° 461). Théodore de Pavie est envoyé a Milan avec Ch. de la Vernade, maître des requêtes, cl Jean Jouy des Visques (Moulins. il janvier. Archives de Milan).
6) Lettre de Charles \ III. îles Montils,27 novembre, reco landant Théodore au pape, pourdes bénéfices dans les pays dont il est natif (Archives de Milan).
7) Ms. fr.2919, fo9 bis.
8) Alexandre VI envoie comme légat à Venise un évèque espagnol, l'ierrc
acception de patrie, se rattachent tous par un lien de soumission au siège romain. 11 est donc assez naturel que Rome accrédite en France, en Angleterre...., un Français, un Anglais....1, ou, vice-versâ, que les gouvernements accréditent à Rome comme ambassadeur un de leurs nationaux plus ou moins dépendant du Saint-Siège, et même, pour une affaire grave, un cardinal2. Un ecclésiastique peut également figurer tantôt dans la diplomatie de son pays, tantôt dans la diplomatie pontificale, sans changer en quoi que ce soit de caractère 3. Les exemples sont tellement saillants que nous n'avons guère besoin de les rappeler. Le cardinal d'Estouteville, le cardinal Ralue sont successivement légats du pape en France et protecteurs des affaires de France en cour de Rome. Le cardinal d'Amboise, au moment où il se rendait en ambassade, près de l'empereur, comme premier ministre français, était légat du pape. Le cardinal Jean Jouffroy, ancien élève de l'université de Pavie, d'abord ambassadeur des ducs de Bourgogne en France, à Kome, en Castillc et en Portugal, devient légat pontifical en Bourgogne, puis en France et en Angleterre, puis ambassadeur de Louis XI en Espagne, puis général en chef de l'armée
d'Aronda (Sanudo, La spedizione..., p. 41). Jules 11 comme légat eu Romagne le cardinal florentin Sodcrini (Dép. de Machiavel, de Rome, 16 nov. 1503), Alexandre VI comme légat en Italie, l'espagnol Jean Borgia, etc., etc.
1) Adrien Castel, évoque de Hertford et en même temps protonotaire participant, secrétaire apostolique etc. (Archives du Vatican, reg. 871, fo 137, bref du 14 des kal. de mais 1501) est envoyé circulaire du pape en France et en Angleterre en 1499. Thomas Pascal, conseiller au parlement de Paris, ambassadeur de France, reçoit du pape en 1303 le titre île notaire apostolique (même registre, fo ojJSJ.
2) Louis XII envoie à Jules 11 en 1508 le cardinal de Narbonne (neveu du cardinal d'Amboise). pour une affaire importante (Guichardin, 1. vin, ch. i).
3) Jules 11 crée cardinal l'archevêque d'Vorck, ambassadeur anglais, et le nomme cardinal a latere près de son armée (Frali, Le due spedizioni militari di Giulio il, 242, 251).
française devanl Lectoure....1. On considérait mémo comme une marque de courtoisie et de faveur «l'adresser au pape des ambassadeurs qui lui tinssent de près -, ou de recevoir de lui des envoyés nationaux '.
Il y a cependant une hypothèse oh un souverain pourrait s'offenser de la délégation donnée à un de ses nationaux : c'est quand il s'agit d'un proscrit politique, d'un exilé, oubien d'un homme qui, dans le cas de conquête, a préféré changer de patrie que de reconnaître pour maître le souverain. Ces circonstances ne créent pas mi obstacle juridique à la, mission: Lonis XI envoie en Bretagne L'amiral de Montauban4, les Pot en Bourgogne9 ; Charles VIII ne refuse point, en principe, de traiter avec une ambassade bretonne, comprenant toute une série de Français rebelles ou poursuivis pour lèse-majesté, le comte de Dunois, Denis Le Mercier, Gilbert Bertrand, Jean Boutet, Guillaume de Soupplainville, Regnauld de S'-Chamant6. Mais on comprend facilement que de pareils choix ne facilitent pas les négociations. Sous la régence de Charles VIII,
1) Le bruit court à Rome en 151 3 que Léon X va envoyer légat en France et en Angleterre l'évêque de Gnesen, ambassadeur du roi de Pologne (Lelt. de Louis XII, IV, 245).
2) Instruction milanaise du 14 novembre 1473, à Jean Ant. de Busseto, protonotaire apostolique, lui confiant diverses missions accessoires, qu'il peut facilement remplir « per esser nativo nostro subdito, et antiquo servitore de la prefata Beatitudine » (Arcbivio Sforzesco).
3) Lorsque Charles VIII s'avance triomphalement en Ilalio (1494), Alexandre VI veut lui envoyer un légat, pour essayer de l'arrêter. Charles refuse successivement la désignation de deux légats ; il n'accepte que le cardinal de Giirek, et celui-ci, français passionné, se met au service du roi, au lieu d'accomplir sa mission.
4) Biographie de l'amiral, par Dom Morice : Bibl. de Nantes, ms. 1807, ]>. (5 1 0-613. Il fut envoyé en Bretagne, en 1461, avec Dunois et le sire de Pont; l'Abbé, également breton.
5)Ms. fr. 388:2, l'os (86 et suiv. Cf. Moreau 1424, n» 90 (ambassade en Bourgogne de Renier Pot, sg'- de la Prugne. 151(1). 6)L. de la Trémoille, Correspondance de Charles VIII, p. i'il
le gouvernement profite de son droit de veto à l'égard des légats pour retenir longtemps à la frontière le légat Balue, fugitif et poursuivi sous le règne précédent, et pour lui faire ses conditions. Sous Louis XII, Maximilien manque de tact en envoyant à la cour de France Hermès Sforza ' et en y accréditant comme résident Andréa di liurgo, milanais, jadis insurgé contre Louis XII et proscrit par lui. Heureusement, Bnrgo avait plus d'adresse que de convictions, et sut conquérir la confiance du roi'2. Bernardo Bandini, l'un des complices des Pazzi, s'était réfugié à Constantinople ; Bajazet l'apprécia, au point de l'envoyer quelques années plus tard comme ambassadeur près do ce même Laurent de Médicis qu'il avait voulu assassiner: Laurent le reçut fort bien. « Bajazeth, dit Wicquefort, en usa un peu à la turque », dans cette circonstance3.
Les seuls ambassadeurs qui reçoivent le pouvoir d'engager l'état sont les ambassadeurs spéciaux ou temporaires, et leur rôle est le plus difficile*. « Dans les ambassades ordinaires, dit encore Wicquefort au XYllI" siècle, où il y a tous les jours de nouvelles affaires ou à négocier ou à remarquer, et souvent de peu d'importance, l'esprit de l'ambassadeur trouve de quoy se divertir dans la diversité ; mais quand il n'en a qu'une à manier et qu'il faut toujours toucher une mesme corde, et, par manière de dire, lescher l'ours jusqu'à ce qu'il soit formé, cela
I)Sanuto, VI, 76.
2) Lettres de Louis XII.
3) Mémoires ... , p. 53.
4) Les états italiens se t'ont représenter par des résidents simples secrétaires, dans les postes de second ordre. Venise a en 1493 un secrétaire à Gênes (Sanuto, Spediuone, 461), quoique Gènes ne soit pas un état indépendant. Sous Louis XII, à la fois roi de France et. duc de Milan, elle entretient à Milan un secrétaire chargé d'affaires résident, et en France un ambassadeur résident.
ne se peu! pas faire sans beaucoup de peine, sans ennny et sans chagrin »'. L'on a donc l'usage de composer d'un certain nombre d'ambassadeurs les ambassades spéciales : c'est ce qu'on appelle envoyer on ambassade UT « encompaignie *.» Cette multiplicité présente l'avantage d'assurer le service, en cas de mort ou de maladie d'un des ambassadeurs3. Le duc de Milan, Maximilien Sforza écrit, en loi:}, à Marguerite d'Autriche qu'il a envoyé un ambassadeur « lui l'aire la révérence», mais que celui-ci, tombé malade en Allemagne, a dû revenir à Milan, le duc envoie ses excuses '. Le but se trouvait atteint dans la circonstance, puisqu'il s'agissait d'un acte de politesse. mais pour une affaire de quelque importance le prince aurait dû se montrer plus prudent. Le résident, ordinairement isolé, peut, pour parer à toute éventualité, s'associer un proche parent, tils ou frère. Nous voyons, à Venise, le lils de l'ambassadeur d'Espagne prendre part aux cérémonies comme son père, et parler, comme lui, des dispositions du roi d'Espagne5. En 1506, un orateur d'Espagne meurt; le lendemain, son fils fait présenter des créances, préparées d'avance, qui l'accréditent6. Un ambassadeur de France en Hongrie meurt en route ; il remet sa commission à son neveu, qui accomplit l'ambassade 7. M. de Faucon, envoyé en Italie en ambassade
1) Mémoires.,., p. 420.
2) Ms. IV. 20590, 24-25 (1390).
3) A l'obédience française, en avril 1505, deux des ambassadeurs désignes dans les pouvoirs sont morts, au moment de leur présentation (Burckard, Diarium. III, 385). A la réception de l'obédience de Montferrat, le 26 juin 1503, l'évéque chef ne se présente pas, étant resté en route, malade (Burckard, III, 360).
Lelt. de Louis XII, IV, 276.
5) Kervyn, Lettres et négociations, II. 151.
6) 1506. Sanulo, VI, 306.
7) Sanulo, III, 63, 117. SanutO raconte aussi qu'un des ambassadeurs vénitiens envoyés à Rome en 1505 perd son fils en route, à Spolète (VI, 169).
circulaire, emmène son neveu, qu'il renvoie de Milan porteur d'un projet de convention1. Mais ce sont des expédients, rarement acceptables.
De plus, les ambassadeurs multiples forment tin véritable conseil; ils se concertent pouf agir plus mûrement '*. Ils sont mieux renseignés, chacun causant de son côté. « Si vos gens sont doux ou trois, il n'est possible qu'on se sceust si bien donner garde que l'ung ou l'aultre n'ait quelques parolles à quelqu'un » \ Enfin, le caractère collectif garantit mieux des maladresses, des infidélités, sans pourtant les supprimer. L'ambassade de Charles YIII à Milan, en 1492, composée de cinq personnes, mais de cinq personnes de qualité un peu inférieure, se laisse acheter par Ludovic Sforza : Charles VIII refusa pendant plus d'un an de ratifier ses actes *.
D'autre part, la collectivité présente un inconvénient assez sérieux, celui des rivalités plus ou moins dissimulées 5. Dans la diplomatie de Savoie, avant même de partir, Piémontais et Savoyards se disputent : les règles de préséance et de hiérarchie, loin de les calmer, les exaspèrent. En 1478, des ambassadeurs en viennent aux gros mots ; l'un se vante d'avoir été fait chevalier par le duc de Bourgogne, un autre comme maître d'hôtel ducal se croit le premier, chacun énumère ses dignités, en sorte que, si l'un d'eux, «donAbram, en sage et bon docteur qu'il est», ne s'était pas heureusement offert à
1) 1490. Delaborde, Expédition de Charles VIII, p. 209.
2) Ils en imposent aussi davantage (Lettre de Louis XI au sire de la Roilsière, citée plus loin. Fr. 20855, n° I>5).
3) Commincs, Mémoires, 1, 261.
4) Delaborde, p. 223.
5) Charles d'Orléans, envoyant, en 14-13, une ambassade à l'empereur poulies affaires d'Asti, a soin de la composer d'un français et d'un astesan (K. G7, no 32).
passer le dernier, il aurait fallu reconstituer l'ambassade; et le gouvernement ne respire que lorsque « cette légion d'ambassadeurs » est partie. En Savoie, une dispute de ce genre n'atteint en rien le patriotisme très vif des fonctionnaires, ni même leur prestige, tant on y est habitué « depuis les temps les plus reculés » '.
Le ru/ede l'ambassade temporaire, arrêté en conseil du roi, fixe le rang réciproque des envoyés. Le premier ambassadeur inscrit est chef de l'ambassade :; il a ordinairement la langue, c'est-à-dire la fonction de s'exprimer an nom de l'ambassade3, mais la règle n'est p;is absolue. Les ambassades italiennes comprennent rarement un secrétaire, ou, du moins, l'octroi d'un secrétaire ofticiel. aux gages de l'Etat, passe pour une faveur (. En France, au contraire, presque toute ambassade de quelque importance possède un secrétaire. Le secrétaire, au point de vue des préséances, tient naturellement le dernier rang.
Le secrétaire se trouve entièrement aux ordres de l'ambassade, qui a toujours grande part à son choix. Ambassadeur circulaire de Charles YII en Allemagne, en 1459, Thierry de Lénoncourt, bailli de Vitry, se fait adjoindre son lieutenant, Jean de Veroil, licencié en lois 3. En désignant G. Cousinot pour une ambassade à Rome, en 1469, Louis XI lui ordonne de prendre « un secrétaire, ou telle autre personne notable de pareil état », pour l'accompagner. Guillaume Lefranc, docteur
1) Rapport d'un ambassadeur milanais. Kervyn, Lettres et négociations, I,
2) Le « chief » (.lames Gairdner, Hisla régis Henrici septimi, p. 200).
3) Le premier ambassadeur peut s'opposer à ce que le second négocie seul avant son arrivée ; il peut même l'inviter à venir le joindre (Rapport de 1461 . I.ett. de Louis M, II, 374).
4) Promesse d'un secrétaire k Andréa Gritti. Sanuto, V, 29. :>)Th. Bazin, édit. Quichcrat, IV, 341, 349.
en lois, qui savait l'italien et avait habité Rome, est recommandé et choisi ' .
En France, le secrétaire a rang d'ambassadeur, et, ordinairement, cet office revient à un des membres de la puissante compagnie des notaires-secrétaires du roi. L'illustre Guillaume Budé, comme secrétaire du roi, est ainsi ambassadeur et secrétaire, dans l'ambassade d'obédience envoyée à Rome, en 1505. Le secrétaire assiste donc aux audiences, aux conférences, parle, signe et scelle comme les autres ambassadeurs*. Le roi de Castille écrit, très correctement, à Louis XII, en 1505, qu'il a « oy » M. du Mortier, messire Charles Guillant, « et son secrétaire » 8 ; la seule nuance d'infériorité résulte de ce détail que le roi de Castille nomme les ambassadeurs, et ne nomme pas le secrétaire.
L'usage de faire remplir le rôle de secrétaire par le dernier ambassadeur, ou d'élever le secrétaire au rang d'ambassadeur, est spécial à la chancellerie française, et à quelques chancelleries du Nord 4 : on l'accepte très difficilement en Italie. Lors de l'arrivée de l'ambassade française de 1505, le maitre pontifical des cérémonies, Burckard et l'ambassadeur vénitien Giustinian constatent avec ironie que Guillaume Budé « fait partie de l'ambassade et qu'on l'appelle ambassadeur » 5.
Dans les autres chancelleries, le secrétaire est d'un ordre
1) Mémoire de 1469, (ms. fr.3884, 1° 190). L'ambassade deFrance au Caire, en 1512, a pour secrétaire Pierre de Nouveau, désigné par Robertet (Schci'cr, Le voyage d'outremer, p 44). Ce Pierre de Nouveau devait être fils ou frère de René de Nouveau, contrôleur de l'écurie du roi. Les Nouveau étaient du Berry.
2) Convention du 27 mai 1401. Rymer, IV, 1, 3.
3) Lett. de Louis XII, I, 7.
4) On le trouve dans les diplomaties de Bretagne, du roi de Sicile, de l'archiduc en 1501 (J. 951, no 2).
5) Villari, Dispacci di A. Giustinian, III, 485.
inférieur à l'ambassadeur ; en parlant de son chef, il dit « mon maître,» et oelui-ci L'appelle « mon homme » '. Le secrétaire est un débutant, auquel l'ambassadeur donne des notes plus ou moins favorables, et qu'il recommande, s'il va lieu. André de Burgo, ambassadeur impérial, écrit, dans une dépêche de 1510, que son nouveau secrétaire est « ung peu meilleur»8; et. en 1511, mandé par L'empereur, il en profite pour recommander vivement à la cour son secrétaire ; il obtient pour lui un brevetde secrétaire de l'archiduchesse Kléonora : il écrit aussitôt la bonne nouvelle à sou homme, lequel reçoit toutefois l'ordre de ne pas quitter le service diplomatique avant que l'ambassadeur, •< au service duquel il est », ait achevé sa mission 3. A Venise, un ambassadeur, en présentant la relation desa mission, trouve une occasion toute naturelle d'y faire, s'il y a lieu, l'éloge de ses secrétaires '.
Un secrétaire capable rend de grands services: c'est lui qui sert de porte-parole discret entre les ambassades des divers pays 3. Un ambassadeur Agé, ou peu familiarisé avec les dangers d'une route difficile, par exemple un très haut dignitaire erelésiastique.lui coniiera volontiers des missions accessoires, même de première importance. En février 1501, le légat de Hongrie envoie son secrétaire en Pologne, négocier la paix
1 Not. Lettres de Louis XII, III, 174, 173.
-2) Lett. de Louis XII, II. li.
3) Lett. de Louis XII, III, 113, 14i.
i) loiO. Sanuto, X, 73.
5) L'ambassadeur de France à Venise l'ait mander, de bonne heure, le chancelier de l'ambassade de Milan, pour lui apprendre de graves nouvelles de Florence (janv. 1495. Kervyn, Lettres et négociations, II, 137). Surveillé de près par l'ambassade de Milan, Cornalines communique avec les autres ambassades par son secrétaire. Pepi. ambassadeur florentin à Kome, rend eompta d'une importante conversation qu'il a eue avec le secrétaire (ca,ncellierc) de l'ambassadeur de N'aples (13 sept. 1301. Archives de Florence).
entre la Lithuanie et la Moscovie contre les Tartares '. Le 21 août 1463, Louis d'Harcourt, patriarche de Jérusalem et évoque de Bayeux, écrit de Thérouanne au roi, que, « doublant ceulx de Calaiz », il renonce à aller trouver à Boulogne le duc et le chancelier de Bourgogne ; qu'il leur envoie le secrétaire Le Picart, qui ensuite ira directement près du roi, faire son rapport2. Comme le patriarche avait pu, cinq jours plus tôt, le 14 août, faire parvenir à Boulogne une lettre, dont la réponse avait été expédiée le jour même', le roi ne parait pas très satisfait de sa prudence, et il lui expédie, peu après, un émissaire à qui le patriarche croit devoir faire de vives protestations de dévouement'*.
Le secrétaire est chargé de rédiger les dépêches de l'ambassade ; l'ambassadeur n'écrit une dépêche de sa main que dans les cas majeurs s : en général, il se borne à la signer. André de Burgo, dans une dépêche d'août 1510, déclare qu'il écrira plus amplement quand ses deux secrétaires seront guéris ; celui qui écrit en latin ne peut travailler, celui qui écrit en français a achevé, dit-il, la présente dépêche avec beaucoup de peine6. Les archives de Saint-Georges, à Gênes, contiennent toute une correspondance officielle d'Antonio Gallo, secrétaire de l'ambassade chargée d'offrir à Louis XII, en 1499, la soumission de Gênes, écrite et signée par lui seul, au nom des ambassadeurs 7.
Enfin, en cas d'absence ou de mort 8 de son chef, le secré-
1) Sanuto, III, 1604.
2) Ms. fr. 2811, 58.
3) Ici, 60.
4) Id., 59.
5) Dépêche citée de L. d'Harcourt, autographe : ms. fr. 2811, 58.
6) Lett. de Louis XII, I, 288.
7) Celte correspondance comprend dix dépêches (Arch. de la banque de Saint-Georges).
8) 1506. Sanuto, VI, 306 (présentation de créance, par le secrétaire de l'ambassade d'Espagne).
taire gère la légation. ('"est alors qu'il peut se mettre en évidence, et soigner ses propres intérêts. Le secrétaire Jean Leveau, chargé d'affaires en l'absence d'André «le Burgo, envoie des dépêches assez bien informées, où les questions relatives à son propre avancement jouent un rôle important. 11 parle avec un profond respect de « son maître », dont il allègue et réclame les instructions '. La cour le suit de près et lui signale les nouvelles qu'il aurait omises 2. Il prie instamment l'ambassadeur de le recommander à l'empereur ; il envoie même un mémoire spécial sur cette intéressante question 3. Il remercie de ce qu'on lui écrit delà chancellerie sur son « advancement », il jure de ne pas être ingrat, il affirme que « son seigneur et maître » désire bien le voir « colloque » *. Peu après, il sollicite une petite « chapelle » à Bapaume, dont il sait le titulaire fort malade en France 5 ; il croit l'avoir obtenue et remercie ; il demande, en même temps, un poste à la cour 6. Toutes ces sollicitations, bien entendu, ne vont pas sans difficultés 7, et reproduisent à peu près les mêmes phénomènes de fluctuation que dans les temps modernes.
Ce Jean Leveau, secrétaire pour le français, était un débauché, qui mourut prématurément. Il avait comme collègue à l'ambassade d'Allemagne en France, pour le latin et l'italien, un compatriote de l'ambassadeur, Paul de Lodi, qui passa ensuite au service de Maximilien Sforza et s'y rendit fort utile par sa connaissance intime des secrets diplomatiques de l'Empire et de la France.
1) Il en reçoit une poste (Id., lit, 142). Il reçoit du frère de son maître une lettre annonçant que celui-ci a été malade en route (Id., III, 134).
2) Lettres de Louis XII, 103.
3) Id., III, 104.
4) Id., 104.
5) Id., 122.
7) Id., 139.
Les secrétaires de la diplomatie française offrent plus de garanties, à cause de leur rang élevé dans la hiérarchie. Il leur arrive même de jouer le rôle important. Anne de Bcaujeu envoie à Rome, sous un prétexte quelconque, une grande ambassade, dirigée par le sire de Beauvau. L'ambassadeur reçoit de belles instructions, et se juge appelé à traiter des affaires d'importance : mais, au moment du départ, Anne de Beaujeu révèle en particulier au secrétaire de l'ambassade, Jean Ami (un ancien secrétaire de Louis XI, homme sérieux et sûr), le but réel de l'ambassade, qui était d'empêcher en cour de Rome l'annulation du mariage du duc d'Orléans avec la sœur du roi : Ami connaît seul cet objectif secret, dont il s'occupera à l'insu de l'ambassadeur, et il sait que Mmc de Beaujeu attache très peu d'importance aux articles de la mission officielle \
Quant au nombre des ambassadeurs, il varie beaucoup. L'ambassade la plus nombreuse dont nous ayons trouvé mention, à l'époque de Louis XII, est l'ambassade génoise d'apparat pour assister Louis XII à son entrée à Milan : elle comptait vingt-quatre ambassadeurs, d'après la Chronique manuscrite de Sfrenati 2. Les Génois croyaient se grandir par des ambassades de ce genre ; leur ambassade d'obédience à Jules II comptait, comme nous l'avons dit, douze ambassadeurs.
Sans tomber dans ce ridicule, on juge utile, dans beaucoup de cas, d'envoyer une grande ambassade 3. Une telle ambas
1) V. notre livre, Jeanne de France.
2)Ms.à la Bibliothèque de Parme, f<>Sl v<>.
3) Louis XI écrit que mettre « un évesque ou deux et ung chevalier ou ungévesque, ung chevalier et ung clerc » est une bonne chose, «car tant plus y ara de gens de bien, et mieulx la chose sara » (Lettre de Louis XI au s>" de la Rousière, Fr. 20855, n<> S5).
Bade s'appelle « grande » ', « très solennelle » s, « belle ambassade » *, « perpulchra ambassadia » *, « notable ambassade » \ ou plus simplement « moult belle et honneste ambassade » *, « belle et bonneste » 7, ou « honneste » 8 tout court. La solennité s'applique aux matières d'apparat, la beauté ou la notabilité 'aux affaires importantes, Y honnêteté aux affaires délicates.
Ce ne sont pas là dos nuances indifférentes : on y attache un liés grand prix*. Ainsi, Florence ayant composé de cinq personnes son ambassade d'obédience à Pie 111, il se trouve îles gens formalistes pour rappeler qu'autrefois elle en avait
1) 1478. « Grande ambassade iludit duc Maximilien d'Autriche et aussi des habitans des villes el des pays de Flandres » au roi (Jean de Roye). « Magna cum magnis cl excellentibus viris legatio » (Bernardi Andreœ Vita Henrict septimi, p. .'iT).
2) Instruction vénitienne du 11 sept. 1509 (Arch. de Venise, Secreto 12,60).
3) Ambassade du comte de Charolais. 1468-69. Ms. fr. 2811, 75.
1 1463. Les Liégeois, a missa perpulchra ambassadia », demandent à Louis XI le secours promis (Chr. d'Adrien de But, p. 449).
.') Notable ambaxade» (I 46(ï. Lett. de Louis XI, III, 110). « Grande et notable ambaxade » (14i>(>. Ibid., 153). On prince absent « y estoit par notable ambassade » (mémoire de lîi.'i. Fr. 3884, 1° 182). «Est nostre intention d'envoyer notable ambaxade audit pais de Savoye » (Lettre de Louis XI au duc de .Milan. 21 octobre 1 166. Arrhivio Si'orzesco).
6) 3 juillet 1479 : « moult belle et honneste ambassade » d'Espagne (Jean de Roye).
7) Juillet 1482.« Se mirent sus une belle et honneste ambassade du pays de Flandres, pour venir devers le Roy audit lieu deCléry » (Jean de Roye).
8) lleg. du conseil de Charles VIII, p. 233. « Egrcgia legatio » à Rome, composée d'un abbé, d'un doyen, d'un chevalier (Sera' Andreœ A anales Henrici VII, éd. by Gairdner, p. 84).
9) Lettre de Louis XI aux Lyonnais, développant les motifs pour lesquels il croit devoir envoyer une grande ambassade en Angleterre (1462. Lett. de Louis XI. III, 154). Jules II différa longtemps de recevoir l'ambassade vénitienne d'obédience, à cause de l'occupation d'une partie de la Romagne par Venise. Aussi Venise envoya une ambassade très-solennelle, de huit sénateurs, ce qu'on n'avait jamais fait que pour des papes vénitiens.
envoyé six à Alexandre VI et à Sixte IV1. En cas de conférence, il convient aussi d'établir une parité entre les ambassades. Les ambassades française et anglaise qui s'abouchent, en mai 1400 et 1401, pour la paix, se composent chacune de quatre ambassadeurs, et sont conduites toutes deux par un évêque \ Quelquefois, dans les négociations d'alliance et d'amitié, qui nécessitent des échanges de missions, on renchérit par courtoisie sur l'ambassade de son voisin. Louis d'Orléans envoie, en 1397, au roi des Romains, une ambassade de deux personnes ; le roi des Romains lui en renvoie trois ; Louis d'Orléans répond aussitôt par quatre 3. Ludovic Sforza ayant envoyé à Charles VIII un simple secrétaire, le roi répond, à brûle-pourpoint, par une grande ambassade : Ludovic s'enorgueillit fort de cette démarche, « si fa molto bello » \ Dans un sentiment inverse, le contraire se produit : la diminution de l'ambassade marque un refroidissement. Il y a aussi des cas où l'on emploie de petites ambassades : quand l'envoi présente un caractère expéditif, et ressemble plus à une notification qu'à une ambassade (par exemple les envois par Charles VIII d'un ambassadeur, à Rome, à Venise, à Florence, en 1494 5) : quand on ne veut pas faire de bruit ; le duc de Milan envoie, en 1461, un ambassadeur unique conclure sa ligue avec le dauphin Louis6: quand on veut sonder le terrain et, en cas d'échec, éviter un affront : telles les ambassades
1) Dép. de Machiavel, du 1er novembre 1503.
2) Douet d'Arcq, Choix de pièces, I, p. 167, 171 : Rymer.
3) Jarry, Vie... de Louis de France, p. 196.
4) Delaborde, p. 228.
5) Boislisle, Et. de Vesc, p. 79.
6) Le dauphin renvoie deux « oratores et secretarii » recevoir le serment de ratification du duc, « Carolo de Astarciis, Johanne de Sabbres » (juinjuillet 1461. Archivio Sforzesco).
bretonnes en Angleterre, de L4841, en France, do 1482', L'ambassade milanaise de 1 ii)2 3. Les missions expéditives
sont confiées à un chevalier, les missions timides à un secrétaire.
L'ambassade temporaire se compose habituellement de trois ou quatre ambassadeurs, saut' à Milan, à Venise, à Florence...., où Ton se contente de deux.
Mais le nombre des ambassadeurs n'est pas le seul point caractéristique de l'ambassade.
D'abord, il y a une variété d'ambassade solennelle que j'appellerai l'ambassade exceptionnelle. Celle-là se compose d'un seul homme, d'une personnalité hors pair, qui ne croit pas pouvoir admettre de collègues. Un envoyé de ce genre confine au souverain. George d'Amboise, cardinal. Légat, ministre dirigeant de France, vice-roi en quelque sorte de la Lombardie, compose à lui seul l'ambassade de 1501, près le roi des Romains ; il avait la mission officielle d'obtenir pour Louis XII l'investiture du duché de Milan, mais il poursuivait surtout une visée plus haute et d'intérêt universel: le projet, depuis longtemps latent, de faire prononcer la déchéance d'Alexandre VI, de se faire élire et de procéder énergiquement à la réforme de l'Eglise. Pour encadrer une ambassade aussi exceptionnelle, il faut un apparat exceptionnel. Le cardinal partit non pas de Milan, mais de ses domaines personnels de Lombardic, avec une escorte plus que royale : nombre de grands seigneurs
i) Le duc de Bretagne envoie un agent en Angleterre, le petit Salazarl. Informé ainsi que le roi veut bien lui prêter son appui, il expédie alors l'évéquede Léon, pour conclure une trêve. L' évoque va ensuite circulairement trouver l'archiduc (1484. Dupuv, Hist. de la réunion de la Bretagne, II, p. 32).
•2) Ambassadeur Pierre Coline, secrétaire du duc (ms. nouv. acq. fr. 1 231 .'!'.)).
3) «Afin de tàter le terrain et pour rendre l'affront moindre au cas où le roi refuserait d'accueillir les propositions milanaises, Ludovic Sforza envoie un simple secrétaire » (1492. Delaborde, p. 220).
français et italiens, d'évêques, d'abbés, de proto-notaires, cent gentilshommes de la garde du roi et deux cents archers de la garde (environ moitié de la garde royale), en tout seize ou 1 ,800 chevaux. Il marcha lentement, il mit huit jours pour arriver à Trente. A une certaine distance de la ville attendaient le cardinal-évêque de Gi'irck, des princes, des grands seigneurs. L'ambassade fit une entrée solennelle dans la ville, où elle se logea par fourriers. L'audience impériale ne fut pas moins solennelle ; le cardinal s'y rendit, non-seulement avec sa suite ecclésiastique, mais avec la garde royale, chose inusitée en pays étranger, même pour les entrevues de souverains. Du reste, il se présenta comme ambassadeur, fit un salut régulier et prononça, avec pompe, la harangue habituelle. A son départ de Trente, le roi des Romains l'escorta en personne jusqu'aux portes de la ville '.
On peut rattacher à la môme catégorie de missions la venue à Rome, en juillet 1511, de Jean-Jourdain Orsini, gendre du pape, pour négocier un accord2, et, en général, les délégations entre princes, comme le pouvoir donné par la reine Catherine de Navarre à son mari Jean d'Albret pour prêter hommage à Louis XII 3; le pouvoir du roi d'Espagne à l'archiduc, son gendre, pour traiter avec Louis XII ; le pouvoir donné au roi d'Aragon par l'empereur, le 17 décembre 1514, pour signer la paix avec la France *. Mais nous sortons ici des règles de la représentation diplomatique.
1) Jean d'Auton, t. II, p. 146144. Le cardinal accomplit, comme on sait, une nouvelle ambassade en 1509 (ms. fr. 16074, n°27).
2) 24 juillet 1511. Sanulo XII, 301.
3) J. 619, no 27.
4) K. 1G39, d. 3. Le comte de Hainaut délègue son frère Jean de Beaumont et sa femme, sœur de Philippe de Valois, pour négocier une trêve avec la France (1334. Froissart, I, 102). Charles VIII envoie a l'évoque (le Sion commission pour trai'ar du renouvellement de l'alliance avec les Suisses (fr. 23607, cité par Rott, Inventaire des manuscrits relatifs à l'histoire de la Suisse, p. 20),
Dans l'organisation des ambassades temporaires ordinaires,
il y a. pour ainsi dire, deux coefficients. la qualité des ambassadeurs et l'apparat matériel, qui s'harmonisent avec le principe du nombre. Les grandes ambassades sont celles où figurent les plus grands personnagesel où l'on mène le plus grand train: mais ce ne sont pas les meilleures ambassades y affaire s. Après une espèce d'échec du cardinal d'Amboise, à son ambassade exceptionnelle de 1501, Louis XII accrédite simplement en ambassade ordinaire, Louis de Halwin, seigneur de Piennes, Caries, président du Dauphiné, et deux maîtres des requêtes ; Halwin avec procuration spéciale pour recevoir l'investiture du Milanais '. Ici, l'ambassade de quatre personnes n'est qu'une retraite. En général, pour une négociation sérieuse et où l'on veut conclure, pour une négociation pratique, secrète, il faut trois ambassadeurs \ Il serait dangereux d'en envoyer davantage et maladroit d'en envoyer moins, sauf motif spécial. On voit de mauvais œil à Venise, en loOl, une ambassade du voïvode de Valachie, composée de deux ambassadeurs sans notoriété et d'aspect négligé 3. Une ambassade de France près des Royaux d'Espagne, à Grenade, en 1500, composée d'un prêtre et d'une faible suite, est considérée comme sans importance *. Quant à l'apparat, une ambassade temporaire « fort honorable », dans une grande cour, doit comprendre un développement d'au moins cent cinquante chevaux 5, beaucoup de bagages, un orchestre de ménestrels, joueurs de luth, ou trompettes. Dans les petits états, on se montre moins difficile. François Sforza considère comme grande
1) Jean d'Auton, II, 146, note.
2) Exemples del47o. Commines, 1. vu. c. vu.
3) Sanuto, III, 1467.
4)Sanuto. III, 1182.
S) 1478. Kervyn, Lettres et négociations, III, 33.
une ambassade française, composée de quatre ambassadeurs, dont un archevêque, et d'un train de quatre-vingts chevaux ', Venise accepte comme telle une ambassade allemande composée de quatre ambassadeurs, dont un évêque, d'un train de cinquante-cinq chevaux et de vingt-cinq gens à pied 2. De même, la Bretagne, qui est pauvre, compose une très grande ambassade pour la France, avec son chancelier et onze membres qualifiés, formant, en tout, soixante-seize personnes 3. L'ambassadeur turc, àBude, en 1500, a cent vingt chevaux et cent trente bouches *. Gomme exemples d'ambassades ordinaires, on peut citer les ambassades de Venise en Allemagne (décembre 1509), de deux ambassadeurs et quarante chevaux 5, de France à Venise, en 1500, de deux ambassadeurs et trente-deux chevaux °, l'ambassade turque à Naples, en 1494, comprenant un ambassadeur, quarante chevaux et « dix gentilshommes » turcs vêtus de robes de soie à fleurs d'or 7, l'ambassade turque à Venise, en 1504, composée d'un ambassadeur et de vingt personnes 8. La France passe, avec raison, pour négliger trop la tenue matérielle de ses missions. Une de ses ambassades ordinaires, celle de 1495, à Rome, comporte quatre ambassadeurs, soixante mules pour les bagages que conduisent des gfns d'armes, et quarante petits chevaux 9 napolitains ,0.
A la tête des ambassades solennelles, un prince fait bien ;
4) Circulaire du 11 février 1466 (Archivio Sforzesco).
2) Février 1495. Sanuto, Spedizione, 217.
3) 1422. Douet d'Arcq, Comptes de l'Hôtel, p. 285.
4) Sanuto, III, 188, 235, 453.
5) 14 déc. 1509. Sanuto, IX, 382.
6) Sanuto, III, c. 268.
7) Sanuto, Spedizione, 120.
8) Sanuto, V, 947.
9) « Pulieri » (?).
10) 19 mai 1495. Sanuto, Spedizione, 3'i3.
un archevêque aussi. Dans la hiérarchie des ambassades, un évêque prime, d'ordinaire, tout autre ambassadeur1, sauf les princes du sang. Même à côté et au-dessous d'un prince du sang, un archevêque rend d'éminents services. 11 l'ait porter sa croix5 : sur son passage, La foule se [tresse pour être confirmée, et il confirme ; les évêques, les chapitres, les abbayes le reçoivent avec les honneurs qui lui sont dûs : il officie partout pontificalement, avec l'assistance des premiers dignitaires du clergé local, revêtus de leurs plus somptueux; ornements. ('/est ainsi (pie se passent les choses dans la plus solennelle ambassade que la France ail envoyée durant le XVe siècle : l'ambassade en Angleterre, de 1445, grande de tout point, puisqu'elle allait mettre fin à la guerre de Cent ans. L'ambassade de I4'i"> était cumulative au premier chef, réunissant diverses ambassades de France et celle d'Espagne ; elle comprenait un prince du sang, Louis de Bourbon, comte de Vendôme, l'archevêque de Reims (Jacques Juvénal des Ursins) ; deux grands seigneurs, le comte Guy de Laval et le sire de Précigny Bertrand de Beauvau), un magistrat, Guillaume Gousinot, seigneur de Montreuil, maître des requêtes, et comme secrétaire, le secrétaire Etienne Chevalier, dont le nom reste
t) Voici l'ordre hiérarchique habituel : évoque, premier président, chevalier, secrétaire (Ambass. de 1401. Hymer, IV, i, 3). Cependant, dans des ambassades à Rome, nous trouvons l'évêque au second rang. Le sire de Rêne val, chambellan, ambassadeur fort important, passe avant l'évêque de Léon dans une ambassade à Rome et Florence en 1378 (nis. IV. 20978, f» 118*). L'évêque de Léon était breton. .. . En 1505, l'évêque de Redon, breton aussi, ancien ambassadeur, et prélat assistant, n'est que second ; probablement choqué, il désire ne passer qu'en dernier. Mais à Rome on s'arrange autant que possible pour faire passer un évêque-ambassadeur avant les laïques (Paris de Grassis. Lat. 5164, fo IG2 v°). L'ambassade anglaise en Espagne et Portugal, en 1 489, a un docteur en lois pour chef, et comprend en outre un chevalier; un héraut lui est attaché (James Gairdner, Hùta reyis llenrici feptimi, p. 200).
2) Bien que ce droit puisse lui être contesté et n'appartienne en réalité qu'aux légats.
si glorieusement attaché à l'histoire de l'art : en tout, six personnes de premier ordre. Cette ambassade se scinde d'abord, partie sous la direction de l'archevêque, partie sous la direction du comte de Yendôme. Elle se réunit à Cantorbéry, et s'y rejoint presque simultanément avec les quatre autres ambassades de cumul : ambassade d'Alençon, composée de quatre personnes, chef le sire de S'-Pierre, secrétaire le héraut Alençon : ambassade de Sicile, composée de deux personnes, le sire de Tucé, trésorier d'Anjou, et Sablé, secrétaire du roi de Sicile : ambassade de Bretagne, composée de quatre personnes, dirigée par l'évèque de Nantes, et comprenant le chancelier de Bretagne : ambassade d'Espagne. Dans une réunion plénière, sous la présidence du comte de Vendôme, toutes ces ambassades fixent les préséances et règlent leur marche cumulative: elles décident de faire en corps une entrée solennelle a Londres, dans l'ordre suivant, qui sera admis en toute matière : France, Espagne, Sicile, Bretagne, Alençon: de se tenir bien unie, de défendre aux gens de la suite toute rixe, toute indiscrétion, etc. Elles conviennent des termes à employer pour parler du roi de France : l'archevêque prononce une harangue, chaque chef d'ambassade lui répond et communique sa créance1.
Ce mémorable exemple nous met sous les yeux le mécanisme de l'ambassade la plus compliquée. Il nous montre aussi comment on utilisait la pluralité des ambassadeurs pour amalgamer ensemble les divers éléments d'une ambassade, éléments d'apparat, ecclésiastique, juridique, administratif, et pour laisser dominer tel ou tel, selon le cas, les circonstances et le pays.
Dans les rapports, alors difficiles, de la France et de
1) Ms.fr. 3884, fos 171 et suiv.
L'Angleterre, on niel volontiers à la tête des missions importantes un prince ou un évoque. Les grands seigneurs y occupent une place importante, et les jurisconsultes paraissent les inoins employés : de même, pour les ambassades anglaises. Derrière toutes ces ambassades, on sent de grands intérêts et des menaces profondes qu'il faut couvrir par des personnalités plutôt propres à en imposer qu'à discuter '. Le duc de Bourbon préside à l'ambassade française pour le traité d'Arras \ Avant l'ambassade dont nous avons parlé, déjà le comte de Vendôme avait dirigé une solennelle ambassade de neuf personnes, où figurait l'archevêque de Vienne 3. Dunois accomplit plusieurs missions en Angleterre*. François de Luxembourg dirige l'ambassade française de 1499 5. Dans les premières années du XV0 siècle, à l'époque de la guerre, les ambassades françaises et anglaises ne comprennent guère que des gens d'église, des grands seigneurs, des gens d'épée 6. Encore aux conférences de Picquigny en
1) Le C'« de Sarrebrûck, cousin du roi, dirige l'ambassade envoyée traiter avec les Anglais à Bruges, le 6 février 1377-78 (fr. 20970, f<»53>.
2) Ms. Moreau 1452, qos 129, 130.
3) Rymer, XI, 182 (avec Pierre de Bré/.é, Bertrand de Beauvau, etc.).
4) Hist. de Louis XII, t. I. Rymer, XI, 49, 182. Catalogue de Joursmvault, 436.
5) Avec Waleran de Sains, bailli de Senlis, et Robert Gaguin (Montaiglon, Anciennes poésies, VII, ]>. "223).
6) Ambassade française de 1390 : Raoul de Réneval, chambellan, l'évêque de Baveux, le comte de S'-Pol, et autres gens du conseil (t'r. 29390, nos 21, 24, 23); le 30 mai 1400, Jean, évoque de Chartres, Jean de Ileugueville, chambellan, Pierre Blanchet, maître des requêtes, Gontier Col, secrétaire du roi (Douel d'Arcq, I, 171): ambassade anglaise, au même moment: Walter, évëque de Durham, Thomas, comte de Wigton (ou Wygorn), YV. Héron, sr de Say, chevalier, Ricard Ilolin (ou Holme), chanoine d'Évreux (ou d'Everwy) (Douel d'Arcq, I, p, 167. Rymer, 111,200); ambassade anglaise, en avril 1301 : Walter, évèque de Durham, Thomas comte de Winoesler, amiral d'Angleterre et Irlande, William Héron, sire de Say, M« Ricard Holme, chanoine (Rymer, IV, i, i) ; ambassade de France : l'évêque de Chartres, l'amiral, le premier président du parlement,
1495, les trois commissaires sont, de part et d'autre, un personnage de la cour, un chevalier, un homme d'église1. En 1480 2, en 1489 3, en 1492 \ l'élément administratif reparait plus nettement s. Quant aux petites missions, elles suivent la règle commune ; elles sont confiées à un secrétaire6, à un chambellan7...
Dans les rapports très fréquents de la Bretagne avec l'Angleterre, les barons et personnages de cour occupent une grande place 8.
île Paris Jean de Popincourt, le sire de lleugucville, chambellan, Jean de Sains, secrétaire du Roi (Douet d'Arcq, 1, 215 : Jean de Sains remplaçant Gontier Col, d'après Rynier) ; ambassade anglaise en 14-15 : les évoques de Durliam et Norwich, le comte d'Orset, le sa^de Grey, M6* Philippe Morgan et Richard lloulmo, docteurs, Guill. Boursier et Jean Philippe, chevaliers, Guill. Portier, écuyer (ms. fr. 6248, 1° 19); ambassade anglaise à Troyes, en 1421 ; Jean, évèquc de RoH'en.lc comte de Warwick, sK'deRoos, Gilb. Umfrevillo et Will. Portes, chevaliers, Rien. Cordon, docteur en lois, Rich, Gaudry (ms. Moreau 1 152, n° 102) ; ambassade française de novembre 1470, l'évêquc de Baveux, L. de Harcourt, Tanguy duChatel, G. de Ménipeny, Yves du Fou et deux secrétaires (Rymer, V. 177), etc.
1) Commines, 1. îv, c. vm.
2) Jean de Castelnau, frère du terrible sire, du Lau (ms. fr. 3882, n°s 149, 151, fos 451, 455, 456 ; ms. Dupuy 751, fo 145).
3) Sept. 1489: le sire de Marigny, Robert Gaguin (ms. fr. 15538, n<> 188).
4) L. de Ilalwin, sr de Piennes : François de Créquy, sr de Dourier, Raoul de Lannoy, sr de Morvilliers, Jean Daufray, maître des requêtes de l'hôtel (ms. Clairamb. 782).
5) Et l'élément judiciaire. L'ambassade en Angleterre, de 1467, comprend le sire de Concressault (Menipény), le président Jean de Popincourt, le maître des comptes Olivier Le Roux, l'argentier Alexandre Sextre (Lell. de Louis Xf, 111,157).
0) Robert Briçonnct, secrétaire du roi, pour une trêve, en 1462 (fonds Bourré, 0, 53) : le sire de Ilcugueville et maître Pierre Blanchet, en sept. 1400, pour réclamer Isabelle de France (Douet d'Arcq, Choix de pièces, I, 193).
7) Armel de Chateaugiron, chambellan, ambassadeur de Bretagne pour un hommage (Mém. de Bretagne, II, 827).
Si Ambassade bretonne en Angleterre, le 5 juin 1486, pourla paix : sires de Mauperluis, du Fou, le sénéchal de Ilennebont, Jean Troussier, chantre de Si-Màlo (Mém. de Bretagne, III, 508).
Milan, Venise entretiennent avec l'Angleterre des relations surtout commerciales : même pour des ambassades politiques, ces étals ne craignent pas de commissionner quelque négociants de leurs nationaux établi ou de passage à Londres ; le fait de négoce ne crée à leurs veux aucune incompatibilité matérielle ; mais on a soin de vanter l'extraction de ces négociants, leurs aïeux, leur caractère de patriciens, etc. '.
L'Ecosse, pays ami, quoique d'un abord difficile, se prête aux envois d'Ecossais naturalisés, de secrétaires, de chambellans, d'administrateurs, de prélats*.
Dans les ambassades a Rome, l'élément judiciaire parait souvent, ce qui s'explique par l'appui que trouvaient les traditions gallicanes dans les parlements. L'ambassade la plus normale à Rome est dirigée par un ou plusieurs dignitaires ecclésiastiques, et composée en majorité de parlementaires5. La grande
1) Les Vénitiens ont chargé deux patriciens en ce moment à Londres de leur servir d'ambasssadeurs (rapport du 20 octobre 1495. Ms. ital. 1444). Ludovic Sforza envoie, le 9 juin 1490, une créance à Béncd..Spinola, citoyen et marchand génois établi à Londres, dont il vante la personne et les aïeux, pour une négociation liés importante avec l'Angleterre. B. Spinola remercie chaudement par une dépêche du 29 juillet (ms. lat. 10133, 1" 481 v«, 483).
2) Ambassadeurs en Ecosse: Hue Bournel, Ser de Thieuberonne, chambellan (juin 1412. l'y. 6748). Guill. Cousinot, bailli de Rouen. Guill. de Menipeny chambellan, M« Pierre Dreux (1451. Fr. 20977, f» 209J. Bertrand Briçonnct, secrétaire de Louis XI (passant par l'Angleterre. Vaesén, Calai Bourré, n°2l3). L'alliance d'Edimbourg, le 20 décembre 1499, est conclue entre l'évéque de Maillezaiset Bertrand de Bcauvau,Si?r de Précigny, chambellan, bailli de Touraine, pour la Franco, et Guillaume, S?'- de Crathon, cousin et chancelier du roi, Nicolas de Ochbuon, officiai, pour l'Ecosse fins. fr .20977, fo 219). En loi 2, ambassade de Charles deTocqucs; éc. s' do la Mothc, Martin Peguincau, valet de chambre, Jean Préfort, canonnier ordinaire du roi, transportés parmer, et chargés de cadeaux de vin. do poudre el de munitions (fr. 20616, n° 56).
3) Ambassade au pape et à la reine de Sicile, le 30 mai 137(3 ; l'archevêque de Tours, le sire de Kéneval, maitre Alleaume Boistel, messireGuyde Morge6, conseillers du roi, maitre Pierre de Corbie, son secrétaire (Jarry, p. 385). Ambassade à Home et Florence, en 1378 : Haoul de Béneval, l'évéque de Laon, conseillers, et lé Comte <\r Braine, et autres (fr. 20978, fo 1 1 h> : l'évoque de Noyon, le sire de Coucy, cousin du roi, Jean de Sains, secrétaire du roi, en-
ambassade de 1491 comprenait treize ambassadeurs: entête, trois hauts dignitaires ecclésiastiques, l'évoque de Lombez et abbé de S-Denis Yilliers de la Groslaie, le grand prieur d'Auvergne, l'abbé de S'-Antoine en Viennois ; un ambassadeur spécial aux affaires d'Italie, le sire de Faucon ; ensuite, huit hommes de loi, Jean Rabot, Charles du Haultbois, Benoit Adam, etc. ; enfin, Guillaume Longuier, secrétaire du roi '. Particularité remarquable : l'instruction de cette ambassade est adressée à « Jean Rabot2 et consorts », elle trace le langage à tenir par Rabot, de sorte qu'officiellement l'ambassade commence aux hommes de loi ; les dignitaires
voyés en ambassade « devers N. S. l'ère le pape et le collège des cardinaulx,» pour l'affaire du royaume d'Adria (Douet d'Arcq., I, p. 142). L'cveque de Léon, Guill. de Moillon, chevalier, ambassadeurs du dauphin à Rome (idée. 1419. Rapport de l'ambass. anglais. Quicherat, Th. Bazin, IV, p. 278). Ambassadeurs à Rome (de France-Angleterre), en juin 1 122, l'abbé de Fécamp, les évoques de Coutances et Senlis, le sire de Vé/.elay, Gautier de Ruppes, le sire de Rou ville, chevaliers, Jean de Almans, Pierre Morisse, Nicole Davy : en 1423, l'abbé de Fécamp, l'évèque de Beauvais, le sire de Rancé, chevalier, .Jean de S'-Yon, écuyer(fr. 20590, n° 22). Ambassadeurs à Rome, le 4 nov. 1471, Guill. Compaing, archidiacre, Jean Raguire, secrétaire (Fonds Bourré, L. lit). En 1451, pour obédience, l'évoque d'Aleth, le patriarche d'Antioche, l'archevêque de Reims, Tanneguy du Chastel, Jacques Cœur et autres. En 1487, Jacques de Beauvau.S*'1' deTigny, Robert Gaguin et Jean Amy (Procéd. politiques du règne de Louis XII, p. 1050). Simon de Laingres, maître de l'ordre des frères prêcheurs, en 1364 (l'r. 20390, 2). Jean Tabari, secrétaire du roi, en 1377 à Bruges, près des ambassadeurs du pape (petite ambassade : id, 5-6). Hugues Blanchet, secrétaire du roi (à Avignon, en 138i: id., 7-9). Pierre de Craon, en 1390 (au pape et au comte de Vertus : id., 12).
l)Ms. l'r. 15870, n<> 1 ; Instruction sans date (l'ambassade arriva à Rome le 11 novembre 1491, d'après Burckard, 1, 430). En 1491, Cristophe de Carmonnequi,depuis,accomplit une importante carrière de magistrat (Blanchard : Procéd. politiques du règne de Louis XII) se vantait d'avoir refusé l'ambassade de Rome : en 1484, Benoit Adam, conseiller au parlement, succède dans cette ambassade à Claude Chauvreux (lieg. du Conseil de Charles VIII, p. 142). Sur ce Claude Chauvi eux, V. His t. de Louis XII, t. III.
2j Jean Rabot fut en 1481, ambassadeur secrétaire à Rome avec AI. de Rochechouart fms. fr. 15870, n<> 3), eten 1495 avec l'archevêque d'Embrun (id., no 2J
COMPOSITION DES AMUASSADLS
ecclésiastiques ne passent les premiers qu'en vertu d'une pure préséance. S'il s'agit de matières entièrement politiques ', on voit apparaître les seigneurs, surtout les grands seigneurs. Parmi les ambassadeurs à Rome, à la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe siècle, nous trouvons deux ecclésiastiques, chefs d'ambassade et résidents, Pierre de Villiers de la Groslaie * et Robert Guibé ', tous deux évoques, puis cardinaux ; l'archevêque d'Embrun *, les évèques de Lodève, de Rodez 5, de Marseille 6 ; d'autre part, le comte de S'-Pol 7, Gilbert de Montpensier 8, Louis de la Trémoïlle 9, Louis de Villeneuve, baron de Trans10, Roger de Grammont", Aimar de Prie ", Guillaume de Poitiers1', lesquels appartiennent à la catégorie des personnages socialement importants. Il y a eu quelquefois près du pape de grandes ambassades politiques puremeDt laïques : celle de janvier 1393 pour les projets de royaume d'Adria u, celle de 1478-79 pour
1) A Avignon, au XlVe siècle, il y a de petites ambassades de voisinage. En 1340, la France y envoie le sénéchal de Beaucaire, avec Philippe Olivier (Olearii), avocat, et Raymond Sagnier(Saynerii) - (f'r. 20978, fo 1182).
2) 19 mai 1495 (Sanuto, Spedizione, 243 : Burckard, Diarium, I, 430 et s.).
3) Burckard, Diarium, I, 145 et s.
4) Rostaingd'Ancezune (Boislisle, Et. de Vesc, p. 191, no 3).
5) François d'Estaing (ms. fr. 21104, fo 7).
6) Claude de Seyssel.
7) Burckard, Diarium, II, 248.
8) Id., I, 139 et s.
9) Id., H, 200.
10) Id., II, 493 etsuiv. . Arch. de Bologne : Dispacci di A.GiusIinian, etc.
11) Burckard, III, 147 et s.
13) Id., I, 365.
14) Composéede Guy de la Trémoïlle, Nicolas de Rancé, sire de Blaru, Jean Blondel. La Trémoïlle et Blondel étaient serviteurs du duc de Bourgogne, qui désirait éloigner le duc d'Orléans ou taire échouer son projet (Jarry, p. 113). Jean Blondel avait déjà été envoyé par Boucicaut au pape en juin 1388, avec un certain Pertuis (Douetd'Arcq, 1, 9i). Le 23 sept. 1394, pour
les affaires de Florence ' . . . Les ambassades à Rome où domine l'élément ecclésiastique sont rares et peu fructueuses : telles l'ambassade de Charles VIII au commencement de 1494, composée des évêques de Fréjus et de Lodève, de l'abbé de S'-Ouen de Rouen, et du sire de S'-Mauris, ancien serviteur du sire d' Albret, vouée à l'insuccès malgré son habile composition * ; l'ambassade de Louis XI en 1469, composée de deux maîtres en théologie, le célèbre Guillaume Fichet et Gilles des Aluets, qui, un peu novices, échouent '... Quant au pape,
une ambassade près du conclave d'Avignon, le conseil du roi est d^'avis de choisir purement des laïques : elle comprend deux maréchaux (il s'agissait de mettre fin au schisme. Jarry, p. 128).
1) Composée de Guy d'Arpajon, vicomte de Lautrec, baron d'Arpajon, chambellan ; Ant. de Morlhon, dren lois, seigneur de Castelmarin, président au parlement de Toulouse ; Jeau de Voisins, chevalier, vicomte d'Ambres, chambellan ; Pierre de Caraman, seigneur de Négrepelisse ; Ant. de Tornus, d'' en lois, seigneur de Perre, juge ordinaire de la sénéchaussée de Carcassonne ; Jean de Morlhon, dr en lois, avocat au parlement de Toulouse, conseiller du roi ; Jean Barbier, professeur en lois, seigneur de S'-Come, conseiller du roi ; Jean de Compans, notaire-secrétaire du roi (ms. fr. 6986, f° 3 : lat. 41802). En 1494, pour négocier l'entrée de ses troupes à Rome, Charges VIII envoie le sénéchal de Beaucaire, Etienne de Vesc, le maréchal de Gié. le président de Ganay, c'est-à-dire un administrateur, un soldat, un magistrat (Guichardin, 1. i, ch. iv). En 1469, Louis XI envoie Guillaume Gousinot avec Guillaume le Franc, secrétaire du duc de Bourgogne (Ghinzoni, Galeazzo Maria Sforza é Luigi À7),Charles VIII en 1494, Perron de Bascher (Boislisle, Et. de Vesc, p. 79) ; on adresse en 1458 Jean deManzi (3 sept. 1458. Archivio Sforzesco) ; en 1437, à Rome et au concile de Baie, Simon Charles, chevalier (ms. fr. 20978, f° 1187) : le dauphin Louis envoie à Berne et à Rome, en 1456, Gaston du Lion, plus tard son ambassadeur à Milan en 1460, puis sénéchal de Saintonge (en 1461),deGuyenneetdeToulouse(NoticeparM. Charavay, Lett. de Louis XI, I, 369). Au XVIe siècle, Jacques Gohori, traducteur de Machiavel, auteur du Livre de la Fontaine périlleuse et d'une histoire manuscrite de Charles VIII, était un ancien secrétaire d'ambassade à Rome(ms. lat. 5972, fo 17 v<>).
2) K. 1710 ; instruction datée d'Amboise, 10 février : Cf. Delaborde, Un épisode des rapports d'Alexandre VI avec Charles VIII, p. 9.
3) Archioio stor" lombardo, 1885, p. 17. En 1425, Jean Manequin, simple trésorier de l'église de Laon, est ambassadeur à Rome(ms. fr. 20978, f° 1181).
ses envoyés sont presque toujours ecclésiastiques : les laïques se rencontrent dans sa diplomatie, à titre exceptionnel '. Les ambassades italiennes à Rome sont presque toujours laïques.
L'ambassade de France en Allemagne n'est pas une ambassade de début : on n'y envoie, à la' du XVe siècle, que des hommes d'une habileté éprouvée, sous la conduite d'un personnage plus ou moins décoratif * : nous y voyons passer le sire du Bouchage 3, Louis d'Amboise, évêque d'Albi *, Villiers de la Groslaie 5, Tristan de Salazart, archevêque de Sens6, Antoine Duprat7, Claude de Seyssel 8... Les di-
1) Jules lien emploie. Il envoie, en 1506, son neveu, le cardinal de la Rovère, légat à Naples, et comme ambassadeur en Allemagne Constantin Arniti, laïque (Sanuto, VI, 495).
2) La France délègue, le 12 avril 1397, à la diète de Francfort, le patriarche d'Alexandrie et Guillaume deTignonville, pour l'affaire du schisme. Regnault Brésille, chambellan, y est envoyé en 1389 (fr. 20976, f°5). L'ambassade du 23 novembre 1501 pour les affaires du Milanais comprend Louis de Hahvin, seigneur de Piennes, chambellan, Geffroy Caries, président du parlement de Dauphiné, Charles de Haultbois et Jean Guérin, maîtres des requêtes de l'hôtel. Louis de Hahvin a un pouvoir spécial et distinct (fr. 16074, no 27). Le roi envoie au roi des Romains, en 1383 « maistre Angèle, général des cordeliers » (fr. 20590, 48). Le dauphin envoie au roi des Romains, en sept. 1444, son chambellan Amaury d'Eslissac tsénéchal de Poitou, puis de Saintonge. Notice par M. Charavay, Lett. de Louis XI, I, p. 365). Ambassade pour trêve, en juillet 1477 : Thierry de Lenoncouit, chambellan, Jean de Paris, conseiller au parlement, bailli de Virton, Nicole Cuissoete, procureur au bailliage de Vitry, Henri le Membru, conseiller du roi à Reims (fr. 15538, 5).
3) 1495. Ms. fr. 2928, fo 3 : Hist. de Louis XII, t. III.
4) 1478. Ms. fr. 6985, fo» 163, 318 ; fr. 10187, f°252 v<>.
5) Ambassadeurs près la diète germanique, en 1489, Pierre de la Groslaie, évêque de Lombez, le sire de Rochechouart, Pierre de Sacierges (Dupuy, Hist. de la réunion de la Bretagne, II, 185).
6) Avec le prince d'Orange (1493. Ms. fr. 20977, fos 187, 189 : Titres Salazart, nos 112, 119, 120).
7) Jean d'Auton, édition Jacob, III, p. 157 : Godefroy, Hist. de Louis XII, p. 7 et s.
8) Louis 1er d'Orléans adresse au roi des Romains, en Bohême, Jean de Saquainville, chambellan, et l'abbé de Beaupré (1397) : le roi des Romains
vers éléments fournissent leur contingent dans des proportions sensiblement égales : il semble que cette ambassade consacre les talents acquis. Par une singulière coïncidence, à l'époque où l'Empire et la France, après de longues froideurs, deviennent amis et alliés contre Venise, l'ambassadeur d'Allemagne en France est un italien, le milanais André de IJurgo, et l'ambassadeur de France en Allemagne, Louis Hélien, qui prononça devant l'empereur une harangue justement célèbre par son excessive violence contre Venise, également un italien, natif de Verceil ' ; Hélien était un poète, il avait gagné la faveur de la cour de France par de petites pièces latines de circonstance *, détail qui n'empêche pas un historien russe moderne, assez passionné lui-même, de présenter son discours absurde 3 comme le type des discours et des sentiments français *.
Quant aux ambassades échangées avec l'archiduc Philippe le Beau sous Louis XII, elles contiennent surtout des éléments administratifs et judiciaires 5.
lui envoie, en novembre 4397, Hubert d'Autels, Thierry Lona, Jean de Schœnfeld : le duc d'Orléans lui renvoie aussitôt Jean de Saquainville, Pierre Beaublé, Jean de Fontaines, Oudinet Bernard (Jarry, p. 196). Le duc Charles d'Orléans envoie, en 1444, à l'empereur Raoul de Gaucourt (K. 68, n° \) : en 1452, Antoine de Cugnac, chambellan, André Beynier, docteur en lois, Pierre le Fuzelicr, secrétaire, etSohier du Clerc, procureur en cour de Rome (J. 545, II; K. 79, n» 6).
1) Le Maire de Belges, L'histoire moderne du prince Syach Ysmail.
2) Bibliothèque de M. le prince Trivulce à Milan, N. 1002, n<> 19 : fr. 1717, fo88v«.
3j Publié à Augsbourgen 1510, et plusieurs fois réimprimé depuis. V. Freher, Rerum Gnmanicarum Scriptores, 1717, t. H, 522 et suiv. ; Desjardins, Négociations..,, H, 89.
. 4 Lamansky, Secrets d'Etat de Venise, p. 421. Du reste, M Lamansky accuse Louis XII d'avoir fait allumer l'incendie de l'arsenal de Venise en 1509 : il cite la férocité d'Hélien comme preuve des haines internationales !
5) Ambassade de 1499. — Ambassadeurs de l'archiduc en octobre 1474: le comte de Eberstein, Me Conrad Stirtzel. Ambassadeurs à l'archiduc: le
Les ambassades de Gastille, d'Aragon1 comprennent généralement des membres du clergé V L'ambassade espagnole en France de 1499 présente la singularité d'être dirigée par un simple moine : un moine français, frère Jean de Mauléon,
premier président Fabre de Toulouse, Ant. de Moliet, bailli de Montferrand (Chrael, Monumenta Habsburgica, I, 261). Ambassadeurs de l'archiduc en I 477 : Jean s» de Lannoy, Gontart de Starhemberg, chambellan ; Pierre Bogart, doyen de Bruges; Jean Dauffay, maître des requêtes; Josse Chappus (Gachard, Notices et extraits ; IV. 8453) ; ambassadeurs à l'archiduc en septembre 1477 : P. Doriole. Phil. Pot, s'' de la Hoche, Guy Pot, comte de S'-Pol, Pliilib. Boutillat, si' d'Apremont, trésorier de France, Thomas Taquin, napolitain (fr. 8453). Ambassade de l'archiduc (très solennelle), pour le mariage de Claude de France (27 juin 1504): Fr. de Busleiden, archevêque de Besancon; Guill. de Groy, sr de Chièvre et d'Arschot, g<i bailli de Hainaut; Philibert dit La Mouche, s' de Veyre etCouroy, chambellan ; Nieol. de Biter, prévôt de S'-Pierre de Louvain, conseillers; Jean de C.ourtevillc, bailli de Lille; P. Anchemant, secrétaire de l'archiduc (J. 9ol, n° 2). Ambassade à l'archiduc en août 1805 : le comte de Nevers, l'évêque de Paris, le bailli d'Amiens. Ambassade de l'archiduc (septembre 1S01) : le sire de Ville (Jean de Luxembourg), premier chambellan ; le don-prévôt d'Ulrecht (Philibert Naturel), maître Philippe Wielant, Jean Caulier, conseillers (2* Voyage de Phil. le Beau, publ. par Gachard, p. 398-399). Quand les ambassades de Flandre sont composées par les Etats du pays ou par une ville, elles contiennent naturellement des membres de ces Etats ou de la ville. Ambassadeurs de Flandre en IiT7 : l'abbé de S'-Pierre-les-Uand, Henri de Witten, sg'de Berssele; Louis Pinnock, stf de Velpen, maire de Louvain; Jacques, st?r deDuzele; Philippe, s1" de Maldeghein ; Me Govard, pensionnaire de Gand, et autres chard, Analectes, ccclxxv). Ambassade «notable» de France a Liège, le 21 avril 1 iG.'i : le sire de Chatillon, chambellan, cousin du roi; Aimar de Poisieu, dit Cadoret, bailli de Manies; Jean de Vergier, conseiller; Jacques de la Boyere, secrétaire du loi (fr. 20977, fo 597) ; délégués de Lille, près du maréchal Des Querdes, en 1485 : deux ecclésiastiques, huit nobles, trois hommes de loi, le niaieur, un échevin (Hisi. des guerres de Flandre, dans le Corpus Chronic. Fïandriœ, IV, 56H).
1) L'ambassadeur de Charles VIII près du sire d'Albret, en 1487, est Philippe Baudot, gouverneur de la chancellerie de Bourgogne (X'a 9319, 9).
2) Ambassadeurs de Castille pour le renouvellement de la ligue, en 1M8I- : Pedro Lopez de Avala, gouverneur de Giupuzcoa ; Fern. Alfonso de Algaria, doyen de Burgos (Douel d'Arcq, Choix de pièces, I, p. 14). Ambassadeurs d'Espagne en 1 i8.'i : Jean de Rivera, Jean de Arjas, doven de Séville (K. 1482).
maître en théologie, de l'ordre de S'-Benoit ', assisté de Juan de Colonia, chevalier, secrétaire du roi, et de Juan d'Albion, chevalier 2 : ce dernier revint plus tard en ambassade en France. Vers la fin du XIVe siècle, les ambassades pour la Castille paraissent formées d'hommes un peu secondaires : chambellans, conseillers 3, que dirige un prélat : nous y trouvons un élément rare : des amiraux \ A la fin du XVe siècle,
i) Ce personnage essaya ensuite de se mettre à la solde de Naples, puis à la solde du pape (Sanulo, Spedizione..., p. 673: La Pilorgerie, Campagne et bulletins, p. 85) .
2) 6 juillet 1492. K. 1638, d. 2.
3) Ambassadeurs en Castille du roi Jean (pour le mariage de Blanche de Bourgogne) : Pierre, archevêque de Rouen ; Regnaud, évoque de Châlon ; Guillaume, sire de Revcl. Ambassadeurs de Castille : Alvar. Garsia de Albornos, chevalier; Jean, évêque de Burgos (J. 915 B.). Ambassadeurs en Castille, en septembre 4386 : Jean, sire de Folleville, chevalier; Robert Cordier, cordelier; Thibaut Hocie, archidiacre de Dunois, secrétaire du roi (Douet d'Arcq, Choix de. pièces, I, p. 75) ; sous Charles VI : l'évoque de Sl-Flour; llermite de la Faye, Pierre Trousseau, conseillers; Jean Luce, secrétaire (J. 915 B.) : Simon, patriarche d'Alexandrie ; Colart de Coleville, chambellan ; Gillc Des Champs, maître en théologie; Thiébaut Hocie, secrétaire (15 février 1395-96. K. -1638, d. 2): Girard le Boucher, maître des requêtes; Ynego Daroco, écuyer, &owmer d'Espagne, en 1450 (fr. 20977. 1" 236*): Phil. Rover, chargé par Louis XI de négocier la paix entre les rois de Castille et d'Aragon (1462. Legeay, Hist. de Louis Xf, 1, 312) : Phil. de Menou, chambellan de Louis XI, ambassadeur de Charles VIII en Espagne (fr. 20977, fo 271): Jacques d'Espinay, ambassadeur de Louis XI en Espagne (fr. 6981, fo 442). Diaprés les pièces du ms. fr. 20590, voici quelques noms d'ambassadeurs en Espagne : Olivier le Roux (avant 1471, en Espagne, en Catalogne, n° 51); Thiéb. Iîqeie, susnommé, chanoine de Paris, secrétaire du roi, avec deux autres ambassadeurs (1391. nos 5;^ 54); Guill. de Caramaing (1493, no 62) ; Jean Focoys, docteur en lois (et en Portugal. 1378, n'> 63) : Raymond- Bernard Flament, docteur en lois (1378, no 57) ; Richard Le Moyne, notairesecrétaire du roi (1495, no 20); Guill. Durand (en Aragon, 1331, no 43).
4) Ambassadeurs en Castille : l'amiral Jean de Vienne en 1377 (fr. 20977, f° 2362); en Castille et Léon : l'amiral de Vienne, Morelel de Montmor, chambellan ; Guill. Daunoy, secrétaire du roi, en 1388 (K, 1638. il. 2): Bertrand Campion, écuyer, Robin de Bracquemonl, amiral, chambellan, joints aux ambassadeurs permanents, Jean d'Angennes, chambellan, Guill. de Guiefdeville, conseiller (dont Campion devra être un), le 22 mars 1418, anc. st.
COMPOSITION DES AMIîASSADES 393
la cour d'Espagne passe poui* la patrie de la dissimulation : il faut y députer des gens « bien entendus, bien saiges. » .Nous retrouvons là l'évêque d'Albi ', le sire du Bouchage2, un éminent administrateur, Etienne Petit3, des seigneurs, des ecclésiastiques. Les ambassadeurs pour l'Espagne proviennent souvent du Midi *. Une petite ambassade envoyée par Louis XII en 1505 comprend un italien, Hector Pignatelli, et le conseiller au grand conseil Pierre de S'-André, juge-mage de Carcassonnc 3.
Avec la Savoie, on emploie volontiers des magistrats 6 ; avec Naples, des gens de cour 7.
(IV. 20977). Créance de Louis XI au roi de Castille, pour l'amiral de Monlauban (1463. Ull. de Louis XI, II, 95).
1) Ambassadeur en Espagne pour restituer le Roussillon, le 6 juillet 1492, l'évêque d'Albi (K. 1638, d. 2>. Louis d'Amboise était lieutenant-général du Languedoc (V. fr. 26096).
2) Communs. 1. vin, ch. xxni ; Mandrot, Ymbert de Batarnay, p. '204. G. de Poitiers (sr de Clairieux), Pli. Guérin. V. tic Batarnay, Michel de Grammont (J. 915 B., 22;.
3) Et. Petit, le M1" de Colron, le sire du Bouchage et autres (fr. 1 0237, 110). Etienne Petit, contrôleur général du Languedoc, procureur et trésorier général de Roussillon et Oerdagne (Titres Petit).
4) L'archevêque de Toulouse, en 1434 (fr. 20977, f. 273); sous Charles VIII, Guill. de Caraman ou Caramaing et de Périlleux, vice-roi de Cerdagne, vicomte de Roddes (X'*, 3921, 159; fr. 28590, no 62).
.fj) Pour recevoir le serment du roi d'Espagne (Iv. 1639, df !i).
<ii Ambassadeurs en Savoie sous Charles VIII : Antoine de Morlillon, maitre d'hôtel ; le sire du Bouchage (IV. 292'!, 1'° 9) : pour les affaires de Saluées, du Bouchage, le général de Languedoc (30 novembre 1187. Fr. 2922, toi): Thib. Baillet, président; Jean Bouchait, Etienne Poncher, conseillers au parlement de Paris; Jean Sacrant, avocat général à Toulouse (fr. 2919, fo 9 his). Voici des noms d'ambassadeurs de Savoie; Jacques de la Tour, chevalier (18 sept. 1452. Fr. 2811, 25); M« Jean Michel, mess. Jean du Saix, chevalier (l i54. Favre et Leceslre, Le Jouvencel, II, 385); Jean du Saix, sr de Bannens, chambellan, maitre Jean Michel, prévôt de Vcrceil, conseillers '; Pierre Dannessy, secrétaire (31 mai 1455. Fr. 2811, 34) ; l'archevêque d'Auch (oncle du duc) ; Gabr. de Seyssel, sire d'Aix ; Phil. Chevrier, président de Chambéry (1487. Mandrot, Ymbert de Batarnay, p. 342; fr. 2919, fo 9 bis); le comte de la Chambre, en 1499 (traité du 26 oct. 1499).
7) Antoine (ou Thomas) Taquin, napolitain; le capitaine Philippe Guérin,
Les ambassadeurs des petites républiques oligarchiques d'Italie sont des citoyens notables, appartenant aux classes dirigeantes. Ils reçoivent leurs missions vers l'Age de quarante ans. Ainsi, Pandolfini est nommé en 1505 résident florentin en France à trente-neuf ans '. Accaiuoli, fils d'ambassadeur, devient résident florentin en France, à quarantetrois ans : mais on lui fait faire ses débuts dés 1503, à trentesix ans, dans un poste honorifique, comme membre d'une ambassade d'obédience 2. L'illustre Guichardin fut destiné a une ambassade en Espagne en 1511 et 1512 3. Les ambassadeurs vénitiens ' allèguent autant que possible les deux titres de la République : « chevalier », ou « docteur ». Dandolo signe : « doctor, eques, orator !, » Trevisano, « eques », Donato « doctor », et ils ajoutent « oratores ' » ; Cornaro « eques, Vérone capitaneus, orator 7. »
Jean d'Arsson, ancien secrétaire du duc de Bourgogne, sont envoyés à Naples par Louis XI (fr. 3884, f° 286). J.-B. Coppola est ambassadeur de Naples en France en 1491 (Trincliera, Codice Aragonese, t. II, p. i, p. 28).
1) Desjardins, Négociations.
2) ld., 522.
3) Lettre du 4 avril 1511, Le Glav, Négociations, I. 486: Guicciardini, Opère inédite, tome VI, commission cl correspondance de cette ambassade.
4) Voici la liste des ambassadeurs vénitiens en France sous Louis XII, dressée par M. Armand Baschet, La diplomatie vénitienne, p. 341, note (d'après Sanuto) : 1498-1 i99, Nieolo Michiel, Ant. Loredan, IL Zorzi, amlt. extraord. (ce dernier ancien ambassadeur en France. V. Perret, Not. sur GracUle, p. 7(5); 1499, Nieolo Michiel, Marco Zorzi, Benedetto Giustinian, Benedetto Trevisan, ambass. h Milan en septembre; 1500, Georgio Emo ; 1500, Francesco Foscari ; 1501, Georgio Cornaro, prés du cardinal d'Amboise à Milan ; 15U2, Marco Dandolo; 1502-1505, Francesco Morosini ; 1505-1507, Luigi Mocenigo; 1506, Hieronimo Donado ; 1507-1509, Ant. Condulmer ; 1508, Domenico Trevisan et Paolo Pisani, amb. extraord.; 1513, Andréa Gritti, id.; 1514, AJessandro Donado. Cf.Cesare Canlù, Seorza diun Lombardonegli Archividi Venczia (Milano, 1856), p. 122 et suiv., une liste des résidents,ambassadeurs et chargés d'affaires de Venise à Milan, depuis 1350.
5) Dép. de Lyon, 27 sept. 1502 (Arcli. de Venise, Dispacci, 1).
6) Dép. d'Asti, 14juill. 1502. Ibid.
7) Dép. de Milan, 17 juill. 1501. Ibid.
Les ambassadeurs français à Venise sont des lettrés, ou des italiens, parfois des capitaines pour des missions d'ordre plus militaire l.
A Florence, on envoie un secrétaire J, un ambassadeur circulaire, un homme de cour, un italien \
Milan adresse des courtisans, des membres de l'aristocratie milanaise, des fonctionnaires *.
Charles VIII, en coquetterie avec ce gouvernement, mêle à ses grandes ambassades un fort élément italien \
1) Jean de Vienne, seigneur de Listenois, chambellan, est en 1473 un des ambassadeurs de France à Venise (Titres Vienne, n<> 90); Charles VIII envoie en 1494 le sire de Morvilliers ; Louis XII, en 1499, Accurse Mainier, bon d'Oppède, juge-mage deProvence (résident), et Jean de Polignac, seigneur de Beaumont : le cardinal d'Amboise y envoie de Milan, le 23 avril 1500, les sénéchaux de Beaucaire et de Valentinois (Etienne de Vesc et Philibert de Clermont) et le maître d'hôtel du roi, Giraud d*Ancezune, ancien envoyé à Florence (Sanuto). Après A. Mainier, Jean Lascaris (Vast, De rita et operibus Jani Lascaris), comme résident. Michel Riccio en 1504, J. de la Palisse en 1507, M. de Végies en 1508 ; en 1513, Théod. Trivulce, puis l'évêque d'Asti (Baschet, Sanuto).
2) Commines sous Louis XI, Géraud d'Ancezune en 1494 (Boislisle, Et. de Vesc, p. 79) ; Courcou. secrétaire du roi, contrôleur des guerres en 1500 (Jean d'Auton, I, n. 1 ; Procéd. polit., p. 1027 ; Hist. de Louis XII, t. II).
3j Michel Riccio (ou Riz), en 1508 (Buonnacorsi).
4) Près de Louis XI, Fr. Pietrasanta (Romanin, Storia Documentala di Vcnezia, t. IV) : Em. de Jacobo, le 28 mai 1463 (lat. 10133, f. 27 v. 28) : Alb. Malleta, en févr. 1466 (Archivio St'orzesco) : « Sfortia de Bettinis, Emanuel deJacopo»,en 1469 : Alexandre Spinola, docteur in utroque, accrédité le 10 février 1 470 (Ghinzoni, Galeazzo Maria Sforza e Luigi XI, p. 12, 13) : Ant. da Piano, en 1487 (Mandrot, ouvr. cité, p. 342) : Jean François de San Severino, comte de Caïa/.zo, le comte Carlo Balbiano Belgiojoso, destiné orateur permanent ; Jérôme Tuttavilla, Galcas Visconti, secrétaire, Aug. Calcho, fils du chancelier de Milan, en 1492 (Delaborde, p.236 : lat. 10133, 478, 478 v.) : à Novare en 1495, Fr. Bernardino Visconti ^Sanuto, La spedizione di Carlo VIII in Italia, p. 626).
5) Ambassadeurs au duc de Milan, en 1401 : le m»1 Boucicaut,le gouverneur du Dauphiné, Guill. de Tignonville (Douet d'Arcq, Choix de pièces, \, 204) ; l'ambassade précédente comprenait l'abbé du Mont Sl-Michel, Guill. de Tignonville, G. Des Champs ; vers 1449 : A. du Dresnay, bailli de Sens, gouverneur d'Asti (Arch. de Milan, Pot. Est., Francia. Corrisp.)'; Angelin
Sous Louis XII, Milan est un gouvernement français1. Gênes ', soumise à la France, conserve aussi sa diplomatie propre 8. Lorsqu'elle fait mine en 1487 de se donner à la France, Charles VIII lui envoie de petites ambassades de deux personnes, composées d'un homme de cour et d'un haut fonctionnaire de Provence *.
Toran, le 21 nov. 1458 (Arch. Sforzesco) : « Carolusde Astarciis, Johannes de Sabbres», amb. du dauphin à Milan, juin-juillet 1451 (Arch. Sforzesco): Renaud de Villeneuve, neveu de Lambert Grimaldi et son ambassadeur, le 3 juillet 1477 (Saige, Documents, I, 542). Ambassadeurs de France, en 1478 : Commines (Mémoires, t. 111, p. 321, 324) ; en 1491, pour ultimatum le sire de Chalençon (Arch. de Milan) ; en 1491, pour ambassade solennelle, Béraud Stuart d'Aubigny (écossais), Dodieu, Charles de la Vernade, maître des requêtes ; Jean Rouy de Visques, chevalier, des comtes San Martino (italien), chambellan ; Théodore de Pavie (Theodorus de Guarneriis, papiensis phisicus), médecin ordinaire du roi ; Jacques Dodieu, secrétaire (lat. 10133, f* 461, 454). En 1456, pour grande ambassade, l'archevêque de Vienne, le sire de Gaucourt, Pierre Salât, docteur et conseiller au parlement de Paris, tous trois conseillers du roi et ambassadeurs, maitre Philippe, secrétaire (circul. du 11 fév. 1466. Archivio Sforzesco).
1) Néanmoins, Milan envoie souvent des ambassadeurs au roi (Arch. de Milan: Angiolo Salomon, Memorie storico-dïplomatichc, p. 5, p. 6, etc.). Le gouverneur de Milan en accrédite au dehors.
2) On envoie à Bologne Claude de Seyssel en 1502 : Bologne envoie à Louis XII en 1499 Annibal de Bcntivoglio et Mino de Rossi, ce dernier résident. Bologne envoie ensuite diverses ambassades spéciales (Arch. del Comune, Litterarum, fnstr. du 25 sept. 1499 et autres. Dépêche du 25 septembre 1502, etc.).
3) La collection des instructions (Arch. de Gênes, Istruzioni e relaz. politiche, filza 3, 2707 c.) nous donne les noms des ambassadeurs génois à cette époque : 1500, Nie. de Brignole et Lor. Spinola, envoyés au cardinal de Sl- Pierre-aux-Liens ; Nie. de Flisco, évêque de Fréjus, au roi ; Bart. de Senarega, chancelier, au cardinal d'Amboise ; Bened. da Portu au gouverneur ; 1501. Bart. de Senarega au roi, Nie. de Oderico au roi d'Espagne, Ob. Spinola au gouverneur ; 1502, Bart. de Senarega à Gonsalve de Cordoue, Jac. Senarega àNaples (Espagne), Dom. Spinola au roi, Bart. Senarega à Pavie, Ag. de Flisco, Bat. Spinola en France, Gir. de Negro en Espagne, Joh. de Maris, Andr. Ciari au roi ; 1503, Joh. de Nice. Lerc. Christophoro : 1504, grande ambassade d'obédience au pape : Al. de Nigrono à Pise, David Grilli à Lucques,Bern.Salvaigo près de Pandolfo Petrucci.Raph.Pallavicini à Tunis; 1505, G. Lodissi à Berne, Nie de Brignole à Florence, etc , etc.
4) Le 24 juin 1487, Morellet Clavel, sg' de Montfort, maitre d'hôtel, Jean
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Pour la Suisse, pays difficile, on choisit volontiers des agents bourguignons ' ; la Suisse des « advoyers 3.»
En Hongrie, la France envoie en 1499 un administrateur et un magistrat'.
Parlerons-nous enfin des anciennes diplomaties seigneuriales françaises? La Bretagne recherche, d'ordinaire, pour ses ambassades en France les personnages les plus importants du pays *. Les ambassades françaises en Bretagne affec-
Matheron, président des comptes de Provence (ms. fr. 2923, f° 49 ; Porte!. Fontanieu, 146) ; le sire dû Bouchage, le sire de Sl-Vallicr, sénéchal de Provence (Portef . Fontanieu, 446, 147-148).
1) Voici une liste d'ambassadeurs en Suisse, d'après Gaignières (ms. fr. 20979, f° 61) : 1171, les. de Sillenen, natif de Lucerne, prévôt de Munster, évêque de Grenoble ; 1496, M. de Mézières, bailli de Dijon ; 1499, l'archevêque de Sens et le même bailli ; l.'i0-2, Dietrich Starr, pour une levée de 3.000 hommes; 1503, M. deMézières, Richard Munch, secrétaire; 1507, M. de Roquebertin, Pierre Roy, évêque de Rié, pour séparer les Suisses de l'Allemagne ; 1512, le comte de Dunois et de Neufchatel, avec le bailli d'Amiens et le président de Bourgogne; 1513, Louis de la Trémoïlle, Cl. de Seyssel, Hubert de Villeneuve, président de Bourgogne; les s" de Grue Regio et Savinien (sic). Cette liste n'est pas complète ni tout à fait exacte. Ainsi, le négociateur de 1474 fut Georges de la Trémoïlle, ser de Craon (L. de la Trémoïlle, Archives d'un serviteur de Louis XI, introduct.). M. de Mézières est plus connu sous le nom d'Antoine de Bessey. En 1499, Louis XII envoya à Lucerne le capitaine Fouegely, alias Frégely (Chroniques de Jean d'Auton, t. I, pièce no XI, p. 347).". ..
2) Guillaume de Diesbach, chevalier, advoyeret ambassadeur de la ville et communauté de Berne ; Pietreman de Faucigny, chevalier, advoyer et ambassadeur de la ville et communauté de Fribourg, près Charles VIII (1487. Mandrot, Ymbert de Batornay, p. 342).
3) Waleran ou Valérien de Sains, bailli de Senlis ; Macé Toustain, procureur du roi au grand conseil (Jean d'Auton II, 213). Cf. Godefroy, Hist. de Charles VIII, p. 28.
4) François II envoie à Louis XI le comte deComminges, son grand maître d'hôtel, son vice-chancelier, le sénéchal de Rennes (fr. 20855, f. 78) ; l'ambassade de juillet 1490 en France comprend : les sires de Guéménée et de Coetquen, Olivier de Coetlogon, Julien Thierry, Yves Brullon (ms. de dom Moriceà la Bibl. de Nantes, m. 1807 ; Dnpuy, Hist. de la réunion de la Bretagne, II, 207) ; les ambassades pour le traité d'Angers entre la France et la Bretagne, le 16 avril 1470, comprennent, du côté de* la France : l'évêque
tent au contraite un caractère généralement local * ou spécial : on y met volontiers des fonctionnaires ou seigneurs du voisinage, ou même bretons, des gens d'épée, des magistrats; dans les circonstances importantes, des prélats *. En Bourgogne, au contraire *, on députe de grands person-
de Langres, Jean de Bueil, Louis de Beaumont, Jean de Daillon, P. Doriole, Lujllier, Cerisay ; du côté breton : Guill. Chauvin (chancelier), l'évoque de Rennes, les s» de Quintin, de Coetquen, l'abbé de Bégard, Olivier du Breuil, Eustache d'Espinay(ms. fr.6977, 6758). La grande ambassade cumulative près de Charles VIII, lors de la bataille de Sl-Aubin-du-Cormier, comprenait sept ambassadeurs du duc d'Orléans (notamment le comte de Dunois),deux représentants du sire d'Albret et sept Bretons (L. de la Trémoïlle, Correspondance de Charles VIII, p. 241). Cf. Arch. de la Loire-Inférieure, E. 102. Il en est de même pour les ambassades bretonnes en Angleterre, comme nous l'avons dit plus haut.
1) De même, une ambassade de Louis XI, près du duc de Gueldre, se compose de Joaquin de Velours, ser de la Chapelle, et Jean de Nyvenen, huissier d'armes (fr. 3884, fo 270).
2) La France envoie en Bretagne Jean de Blaisy, chevalier (1387. Ms. fr. 20590, n° 47) ; Antoine de Craon, chevalier, avec un chevaucheur (1410. Ms. fr. 20590, nos 49, 50-52) ; Guinot de Lozières, mailre d'hôtel du roi (1491, 1492. Ms. fr. nouv. acq. 1232); l'évêque de Langres et le général Pierre Doriole (depuis chancelier), pour recevoir le serment du duc de Bretagne (août 1470. Fr. 15538, n° 302) ; l'évêque de Langres, chancelier de l'ordre ; le sire de Crussol, sénéchal du Poitou ; P. Doriole, Jean le Boulengier, président à Paris (1er déc. 1470. Fr. 3884, fo 276); l'ambassade technique (et judiciaire) en Bretagne, le 22 novembre 1473, comprend l'archevêque de Tours (métropolitain de Bretagne), l'évêque de Lombez, Jean Villiers de la Groslaie (« est notable », dit le roi), les présidents de Paris (Jean de Popincourt), de Toulouse (Bernd Laurent), de Dauphiné (P. Gruel) (fr. 3884, fo 293) ; l'ambassade pour le serment du duc de Bretagne, le 5 novembre 1475 : le maréchal de Gié, le s>" de la Molière, Jean de Vignole (Dupuy 75i, f. 42). Ambassadeurs en 1484 : M. de Richebourg, chambellan : Adam Fumée, maître des requêtes (Reg. du conseil de Charles VIII, p. 46) ; commissaires français pour la trêve avec la Bretagne, en mai 1490 : Tristan de Salazart, Rob. Gaguin (Mém. de Bretagne, VI, 667).
3) Ambassades du conseil du roi et de la ville de Paris : H. de Chauffour, écuyer ; Me Jean Milet et Georges d'Ostende, secrétaires du roi ; H. de Monstereul, bourgeois de Paris (22 oct. 1419. Ms. Moreau 1425, n° 87) ; ambassadeur de la reine, Renier Pot (17 décembre 1419. Ms. Moreau 1425, no 90); ambassadeurs en Bourgogne,Louis d'Harcourt,patriarche de Jérusalem,
nages ; la diplomatie «lu simple comte de Charolais, dans les premières années du règne de Louis XI, met en mouvement des baillis, des chambellans '.
Les envoyés de Louis XI comme dauphin, avant son avènement, sont personnages de médiocre importance 2.
La Provence n*a pas de diplomatie3: lorsque, après la mort
évoque de Baveux, en 1463 (fr. 2811, 58) ; ambassadeurs de France, pour la remise du comte de S1 Pol : l'amiral hâtant de Bourbon, MM.deSMPierrejdu Bouchage, de Cérisay et autres iliT.'i. Jean de Roye). « Audit mois de juillet fut ordonné ung grand conseil estre tenu en la ville de Sentis entre les gens du Roy et coulx du duc de Bourgongne, pour appointer sur les diférens d'entre eux. Et y envoya le roy de son costé lecontede Dompmartin,qui y fisl degrans pompes, monseigneur le chancellier, monseigneur de Craon, monseigneur le premier président de parlement, maistre Guillaume de Sérizay, greffier civil d'icelle court, et maistre Nicolle Bataille, advocat en ladite court, lesquels y séjournèrent par longue espace de temps et jusques au jour deiny-aoust dudit an 1473 sans aucune chose taire » (Jean de Roye). Ambassade de Bourgogne à Paris, en 1419 : Lourdin. sg' de Saligny, II. de Ghaufour, Geord'Ostende (Moreau 1425, n°95); ambassadeur du duc de Bourgogne près Louis \1 et le duc de Bourbon, en novembre 1 itîil : Jean d'Arsson (Moreau 1426, nos 96, 175); ambassade de Bourgogne en Fiance: Jean de Croy, Simon de Lallain, chevaliers; Jean de Cluny et le héraut Toison d'Or, conseillers (ti.'iti. Duclos, llist.de Louis XI, IV, p. 153).
li Ambassadeurs du comtéde Charolais à Louis XI : le sire Des Querdes, chambellan. Guyot Dusye. écuyer d'écurie, Guill. llugonet, maitre des requêtes, en 1466 : sire de Formelles, chambellan, llugonet, en 1467 (Gacliard, Analecte*, cxxu, cxxri) : Guyot du Fier, bailli de S'-Ouentin. en 1468; le maréchal de Bourgogne, Ferry de Chagny, Jean Carondelet, en 1469 (fr. 2811, ".')' ; le comte de S'-l'ol (Duclos, Hist. de Louis XI, 230-235) ; ambassadeurs au comte de Charolais : le bailli de Chartres, Guill. Compaing (fr. 2811, 7")). Le roi envoie Aimery de Rochefort au comte de Foix en 1360 (fr. 20590, 61).
2) Le dauphin envoie au roi Guill. de Coursillon, chevalier, le prieur des Célestins d'Avignon (fr. 2811, 28); Coursillon. large, Fautrier (id., 26); au prince d'Orange, .Mathieu Thomassin, membre du conseil delphinal, puis conseiller au parlement 1 1 't.'>6. Notice, Lclt. de Louis XI, I, 376). La reine envoie aux Etats de Dauphiné (avril 1418) : Jean de Vissac, doyen de Cliàlons ; Guill. de Brion, commandeur d'Aumonières (Fenin, Preuves, V) ; le roi Charles VII envoie à son fils à la cour de Bourgogne, l'évoque de Coutancesel.M. d'Esternay (1450. Duclos, Hist. de Louis XI, p. 185-215).
3) Le sire de Monaco députe souvent des membres de sa famille: Bai-thé-
de Charles VIII, les Etais de Provence envoientau nouveau roi des ambassadeurs pour maintenir leur réunion à la France, les ambassadeurs sont naturellement des représentants des trois ordres des Etats ' .
De tout ce qui précède, il résulte que, dans la composition des ambassades d'affaires, les chancelleries s'inspirent des circonstances et de la nécessité de réussir ; l'art de bien composer une ambassade consiste à combiner des éléments qui correspondent à la question pendante et s'harmonisent avec l'ordre général des rapports existants entre les deux pays. Toutes les parties de l'organisme social concourent i\ former une grande ambassade, qui devient ainsi la réduction, l'abrégé du pays lui-même. Nous trouvons dans les vieux statuts de la République d'Avignon au XIIIe siècle l'invitation de composer les ambassades, moitié par des « probi hommes » ou gens de commerce, moitié par des chevaliers, avec une adjonction permanente de gens de loi2. Rien de plus opposé au génie diplomatique du moyen âge que la conception d'un cadre aussi étroit. On considère la diplomatie comme absolument élastique ; elle peut, elle doit se rétrécir, s'élargir, suivant les besoins de chaque jour, et s'adapter aux formes les plus subtiles, les plus variables.
lémy et Antoine Grimaldi, en Savoie (1451. Saige, I, "219); Antoine Grimaldi en Savoie (1454. Saige, I, 248), et près du dauphin (145'*. Id., 251); André Grimaldi près le roi René (1458. Saige, I, 293), cl près le duc de Savoie, avec Antoine Lascaris, son cousin (1461. Id., p. 310); Lucien Grimaldi est envoyé pour négocier le mariage de son frère Jean (1504. Saige, Documents, II, 54) : Pierre Grimaldi, cousin du sire de Monaco, en Savoie (15 oct. 1505. Saige, 11. 36); M. de Guatières, autre cousin ("29 nov. 1505. Id., p. 41); Pierre Grimaldi à Louis XII (21 juill. 1506. Id., p. 47).
1) Ordonnance de juin 1498. JJ. 251, fo 188.
2) Coutumes et règlements de la République d'Avignon, p. I .'!.'>.