III
3) Diarium, III. 360.
i Diarium, III. i21.
5) 13 avril 1506, Diarium, Ml. 421.
L'étiquette est extrême. L'ambassade de France près de Jules II, composée de l'archevêque d Embrun, d'Aimar de Prie, de Michel Riz (conseiller au parlement de Paris, d'origine napolitaine), et de Guillaume Budé, secrétaire du roi, arrive à Rome le lo avril 1505. Guibé, ambassadeur de France à Rome, l'accompagne. L'archevêque entra par la porte du Verger, entre le préfet et le gouverneur de Rome ; devant eux, marchaient le prince de Salerne, le sénateur et des sergents d'armes ; derrière, Aimar de Prie, entouré d'un prélat et de l'ambassadeur de Pologne. Vingt prélats du palais suivaient. Le pape, absent de Rome, était revenu tout exprès pour cette entrée, à laquelle il assista du château S'-Ange. Mais on se moqua beaucoup du train des ambassadeurs, qu'on trouva vraiment trop modeste ' : cinquante chevaux seulement, assez médiocres, et onze voitures de bagages2. Peu après, le 28, l'ambassade de Venise arriva en pareil honneur, mais en équipage plus convenable : soixante-douze voitures de bagages la précédaient ; elle avait trois cents chevaux. On ne se priva pas de faire ressortir la différence 3. Quelques jours plus tard survint l'ambassade de Portugal: celle-ci se fit précéder d'un tambourin et de cinq ou six trompettes*; innovation hardie, à laquelle le maitre des cérémonies, scandalisé, chercha vainement à s'opposer ; les Portugais, pour se faire remarquer, n'avaient rien trouvé de mieux et s'étaient assurés de l'autorisation du pape. On admira beaucoup . la magnificence et la singularité de l'ambassade de Pologne \ l'élégance des
1) Diarium, III, 385.
2) Giustinian.
3) Burckard : Giustinian.
4) Diarium, dimanche 1er juin 1505.
o) Diavfitm, III, 379
gens de Savoiie, qui furent reçus' avec une cordialité toute particulière '.
Cette pompe doit se retrouver a l'audience solennelle d'obédiericè. Toute la suite des ambassadeurs étant admise au baisement des pieds, il est hou que celte suite paraisse aussi nombreuse que possible. En l">0i, à l'obédience de Venise, cent quarante-neuf personnes vinrent, après les ambassadeurs, baiser les pieds \ L'ambassadeur d'Espagne tint à assister à L'obédience de Fratiëë, et, pour bien montrer que son pays méritait autant d'holineùr que la France, il s'était fait accompagner de douze ou treize prélats, évoques ci arebevêques 3. De son coté, l'ambassade de France avait senti le mauvais effet produit par son entrée ; elle s'était fait suivre de gens ramassés un peu parfont et Habillés à la hâte. Malgré cette précaution, l'audience marcha assez mal: les pouvoirs étaient libellés en français, contrairement à la règle ; plusieurs des ambassadeurs désignés dans ces pouvoirs manquaient *; le cérémonial lui-même fut suivi avec un certain désordre:
Après l'obédience a lieu un banquet ebez un cardinal delà nation ".
Les prestations d'obédience donnent toujours lieu à des difficultés prévues ; car il faut qu'elles émanent de pouvoirs réguliers et indépendants. Aussi toutes les contestations internationales ou môme intérieures se donnent rendez-vous sur ce cliamp de bataille.
Le pape peut refuser de recevoir l'obédience d'un pouvoir qu'il ne considère pas comme régulier : mais la diplomatie
J) III, 340. -Iules II émit île Sâvone.
1) Diarium, III, H87.