III. ;58G
i) Diarium, III, 385-8G : Giustinian, III, 495.
\iulwssadesde Venise, de Pologne... Burckard, III, 378 : (n'usliniam
romaine est trop perfectionnée pour opposer dos refus absolus. Le refus prend la l'orme d'un délai courtois \ nu bien le pape reçoit l'ambassade en consistoire dit secret, pour formuler in petto ses réserves. Le mot secret ne représente d'ailleurs rien de mystérieux (nous voyons les ambassadeurs de France, d'Angleterre, de Ferrare, assister à un de ces consistoires "), il sert seulement à donner un caractère privé à la démarche des ambassadeurs.
Le pape décline très rarement une obédience. En octobre 1498, Alexandre VI reçoit sans difficulté l'obédience de Ludovic Sforza a, bien qu'A ce moment on négociât son renversement. Jules II refuse le serment d'obédience de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem et n'admet les ambassadeurs qu'en consistoire secret *, parce que l'ordre, par sa règle même, doit obéissance au pape. et. par conséquent, ne représente pas un pouvoir indépendant, bien qu'il exerce à Hhodes tous les droits de la souveraineté.
La plupart du temps, l'obédience sera ou pourra être contestée par un tiers, qui déniera à l'obédientle droit d'agir au nom de tel ou tel pays, ou qui même prétendra la souveraineté sur cetobédient. Ainsi Louis XII, portantle titre de duc de Milan, aurait pu faire contester l'obédience de Ludovic Sforza. Nous avons de nombreux exemples de ces protestations. Elles ne mettent pas obstacle à la réception en audience publique. Le pape s'en tire ou par le silence, ou par une réponse vague, ou par la formule ordinaire « sine al ter tus prejudicio ». Nous
1) Obédience do Venise à Jules II, longtemps retardée parce que, Venise détenant des provinces du Sl-Siège, le pape ne considérait pas sa situation comme régulière. Néanmoins il y avait à Home un ambassadeur vénitien, qui négociait activement.
2) Burckard, 14 octobre 1504.
3) Didrium, II, 495.
4) Burckard, 14 oct. 1504.
voyons, par exemple, le 20 mai 1504, à l'obédience d'Angleterre L'ambassade de France protester contre le titre de « roi de France » pris par le roi d'Angleterre. A la prestation d'obédience française en 1505, le chef de l'ambassade espagnole, informé que le roi de France prendrait le titre de roi de Napies, fait préparer d'avance une protestation en règle, convoque tous les prélats de nation espagnole, tous les détenteurs de bénéfices espagnols, les tenants des partis (lolonna et Orsini, et, a leur tète, lit lui-même sa protestation aussitôt après le discours d'obédience et demande acte notarié do sa protestation. L'ambassadeur français réplique. Le pape prend la parole, formule quelques généralités en réponse au discours d'obédience du roi de France (sans mentionner Naples) et déclare le consistoire clos1.
L'obédience d'Anne de Bretagne, en li!)8, donna lieu a dos incidents singuliers. Redevenue duchesse de Bretagne par la mort de Charles VIII, Anne, pour affirmer son indépendance, se hâta d'envoyer à Rome une ambassade d'obédience ; quand l'ambassade arriva. Anne avait épousé Louis XII et la Bretagne avait fait retour à la France. L'ambassadeur de France et le cardinal de Giirck s'opposèrent donc ;l la réception de l'obédience, et la cour de Rome refusa en effet de l'admettre. Mais les ambassadeurs bretons (l'évêque de Tréguier, le grand maître Coetmen, le protonotaire du Bouchot), venus incognito négocier à Rome avant leur entrée solennelle, produisirent une autorisation du roi : on dut s'incliner1. Ils firent donc leur entrée solennelle, à laquelle prirent part les ambassadeurs de France, de Milan et de Florence, le 22 février 1499. Le 11 mars, ils prêtèrent obédience, et l'évêque de
I Disparci di Giustinian, III, 49o.
2) El même une recommandation. Cette lettre se trouve dans los papiers <!•■ Podocataro, à la Harciana.
Tréguicr prononça un discours fort .habile, où il rappela les obédiences prêtées de tout temps parla Bretagne f.
On peut dire qu'à cette époque la réception de l'obédience à Rome constitue le meilleur acte de reconnaissance.
1) Diartum, II, 510.