V. 1493 {Lellrei et nigoeialiûn$, II, 1S
Dbissadeur d'Espagae, qui passe pour fort maladroit, lit à Alexati-
ae lettre de sod gouveroement pour le pape. Alexandre la reçoit
icott, Irado» RensoD, But. ..de FtrdimTtd et dUsabeUe, Hl, 197-198).
. de Dandolo, 30mail514.
). Kcrvyn, Lettre* et négociations, I, %2i ,
nbass. de Marguerite d'Autriche en France lui demande « une bonne
u'il puisse montrer au roi et à son conseil (ISll. Letl. de £iOUÙ Xll,
tehe d'Alexandre VI à son orator à Venise (l'èvéque du Tivoli), narrer l'accident arrivé ù. 5' Pierre et le mettre en mesure de dé- » fausses rumeurs (4 juillet ISOO. Sanuto. 111, c. 477-479). La S''» e fait Céaar Borgia genttlliomme de Venise. Celui-ci rcnjercie par i adressée â l'orateur du pape, qui en fait donner lecture au conseil ■eluOO. td., Ui, 1013). L'orateur vénitien à Bloîs ne parvient h ir du traité de Cambrai ; il sait seulement que le roi a dit à Rober- 'écrivez-vous pas à Lascaris (ambassadeur à Venise) T » Eu effet, présente à la seigneurie des lettres du roi, fort sèches (ld., VU, )■
Procédés écrits de négociation, etc. 63
garde pour lui les lettres particulières ; on peut s'étonner de voir Accurse Mainier communiquer à la seigneurie de Venise les lettres personnelles du cardinal d*Amboise *, et môme une lettre qu'il adresse à l'ambassade de France en Hongrie *. Le souverain reçoit en général les communications sans observations, sauf le cas exceptionnel où il les jugerait compromettantes : l'ambassadeur de Naples à Venise vient communiquer des lettres d'Espagne et de Naples, il veut les montrer, on le remercie par de bonnes paroles '. En échange de ses communications, l'ambassadeur en reçoit ; on suit à son égard les mêmes règles. En 1503, à Venise, le doge fait lire à l'ambassadeur de France une lettre de l'ambassadeur à Rome, qui relate des paroles mauvaises du pape contre le roi : une partie du conseil bl&me cette communication^.
En cas d'alliance, la communication des actes importants est due. La seigneurie de Venise envoie au résident en France la réponse faite au légat du pape et les nouvelles de mer, pour les montrer au roi *. En 1507, la France se plaint vivement que Venise ait accordé, sans le lui communiquer d'avance, un sauf conduit au proscrit milanais Landriano,
i) L'orateur de France vient au collegio, à Venise, et communique une lettre que lui écrit le cardinal (23 avril ISOO. Sanuto, III, c. 252); il communique à la seigneurie une lettre qu'il reçoit de Rome, et des nouvelles du pape (23 juillet 1500. Id., III, 530) ; il montre une lettre que lui écrit de Lyon M. d'Albi (io juin 4500. irf,, 391), une lettre du cardinal d'Amboisc. Il en lit une autre particulière, à lui adressée (10 mai 1500. /d., 308).
2) Sanuto, III, 405.
3) Sanuto, III, c. 264.
4} 28 févr. 1503 (Sanuto, IV, 766). Ludovic Sforza charge son ambassa« deur de communiquer secrètement à Charles VIII une lettre du roi d'Angleterre lui proposant son alliance contre la France (1492. DelBhorde, Expéd* de Charles Vlll, p. 238). Le pape communique à l'ambassadeur d'Allemagne les lettres de France (1506. Le Glay, Négociations, 1, 120).
5) Dec. 1500 (SanutOf lU, 1199).
64 LA DIPLOMATIB AU TI£MPS DE MAGHIAVtX
général de Tordre des Humiliés, envoyé de Tempereur. Venise se défend, en disant qu'elle ne pouvait refuser un sauf conduit diplomatique, mais elle reconnaît que toute proposition de Landriano devra être préalablement communiquée à l'ambassadeur de France K Dans sa commission de 1512, pour
i) Voici l'analyse d*une dépêche vénitienne d'An t. Condolmeri, datée de filois, 23 janvier 1507-1508, sur cette affaire : J'ai remis hier mes lettres au maitre des postes royales ; ce matin, après son repas, qui est de très bonne heure, j*ai vu longuement le roi. 11 prie que vous vous déclariez aussi nettement pour lui que lui pour vous. « Par Dieu, dit-il^ s'il le faut, je descendrai en Italie et je passerai TAdda pour vous porter Taidc que vous voudrez. » Je le remerciai... Le maitre des postes me présenta un paquet de Milan, où je trouve vos lettres du 13 sur le sauf conduit du général de Landriano, etc. Aussitôt, je retournai chez le roi, que je trouvai avec le légat, je les leur communiquai en grand secret. Le légat répond : «^ M. Tambassa-* deur, Lascaris nous a dit qu'on ne lui a communiqué l'affaire qu'après le sauf conduit. Pardieu, nous nous en plaignons un peu, car nous n'agissons pas ainsi ; nous communiquons tout auparavant. Lascaris ne vous aurait pas engagé à donner un sauf conduit à ce ribaud, principal fauteur de toutes les rébellions de Milan. » Je cherchai à vous disculper, j'avouai toutes les bontés du roi et du cardinal ; Lascaris avait tort de se plaindre» Landriano demande un sauf conduit pour travailler à une pacification générale. Tout en étant prête à la guerre, Venise ne peut repousser des paroles de trêve et de paix prononcées au nom de Tempereur.Messer Jean (Lascaris) sera au courant de toute proposition, comme on le lui a promis devant M. de Villiers. De quoi donc se plaint-il? c M. l'orateur^ dit le cardinal, le roi ne se soucie guère de toutes ces cérémonies de communication ou non; mais je vous dirai qu'il craint que ce triste frère ne vienne à des paroles perfides, et ne refroidisse la Se** dans des préparatifs plus urgents que jamais. Il y va de l'intérêt du roi et de son honneur : comme je vous le disais il y a quatre jours, que le roi ait une difiioulté en Italie, pardieu, tous les Italiens, qui dépensent tant de belles paroles pour nous et pour vous, changeront de voie et nous combattront ; ils sont tios ennemis et les vôtres, jusqu'au duc de Ferrare et au marquis de Mantoue ; s'ils s'efforcent de rompre le dessein du roi des Romains, vous, Vénitiens, pardieu, vous ferez de l'Italie ce que vous voudrez. — Je répondis ue ce n'était pas la première entreprise do Venise, qui avait fait ses preuves e sagesse. Le roi ne risque pas sa couronne. Ayez confiance ! — Le roi me fit très bon visage : « Par Notre Dame, dit-il, c'est vrai, il y va de votre vie. Mais, je vous prie, écrivez à la seigneurie de s'entendre bien et souvent avec le grand maitre, qui la soutiendra fortement et de bon cœur. )> Il ajouta des paroles très amicales et dit qu'il écrirait dans ce sens à Lascaris. Le
PROCÉDAS ÊCRrXS DE NÉGOCIATION^ ETC. ^5
Capello, son envoyé en Angleterre, la seigneurie prescrit de communiquer au roi d'Angleterre son traité avec TEspagno et le traité de Tempereur avec le pape ' . Un ambassadeur allié peut aussi demander communication d'un état des troupes prêtes à entrer en campagne '.
La communication de documents écrits constitue \ine des armes les plus puissantes,maisles plus délicates à manier, pour la diplomatie résidente ou spéciale. Iln*y a point de règle à cet égard ; tout tient aux circonstances et au savoir-faire de Tagent. Il faut bien se garder de trahir Texistence d'un document qu'on n'entend pas communiquer. En 1514, les ambas* sadeurs espagnols, de passage à Paris, ont le tort de dire au roi, en présence de Robertet, qu'ils apportent pour l'Espagne, l'adhésion — attendue — du roi des Romains à la trêve, et ils refusent obstinément de la montrer. « Robertet n'a pu, de la journée, la leur arracher. Le roi a dû donner la poste pour TËspagne^ sans l'avoir vue. Je demandai à Robertet si le
légat dit qu'il faudrait pourvoir à Rovere^ que le grand maître dit insufiisamment pourvu — Avez-vous, Mgr, dis-je, les réponses du gentilhomme « de Vilie » envoyé à Venise, et de Lascaris? Veuillez me les communiquer. — 11 ne les avait pas encore lues ; il alla les parcourir dans un coin^ me lais^ sant avec le roi, II revint apporter une liste des gens d'armes de Rovere» fournie, disait-il, par Petigliano à un envoyé du grand maître. Le roi calcula lui-même le chiffre de 700, sans compter les balestriers, chevau-légers et beaucoup de provisionati.A un endroit important, il y avait 1,200 hommes de pied, au lieu de 500 comme d'habitude; une belle artillerie au camp. Cette lecture amena la tranquillité et le sourire.Le légat dit qu'on écrirait au grand maître d'envoyer des bombardiers habiles et des balestriers à cheval, suivant le désir de Petigliano. On avait à Milan 120 maîtres bombardiers payés; et 40 suppléants non payés pour combler les vides. -^ Grâce à Dieu, tout cela est bien. Le roi se déclare prêt à monter à cheval pour aller à Bourges et au-delà. Je dois vous écrire d'aller de l'avant gaillardement (Arch. dé Venise).
1) Comm. -du 3 juillet 1512 (A. de Venise).
2) Etat des gens d'armes prêts à passer ]fSs Alpes, joint à la dépêche de'
Dandolo, du 14 nov. 1514 (A. de Venise).
66 LA DIPLOMATIE Au TEMPS DE MAGHUVEL
roi allait accepter cet acquiescement allemand et s'y engager ; il répondit ne pouvoir encore déchiiBrrer cette énigme, mais qu'on trouverait un remède dans Taccord avec le pape, qui dissoudrait toutes ces tramesV» En 1508,1e cardinal d'Amboise et le roi se renvoient Tun à l'autre l'orateur de Venise, qtii demande à voirie traité de Cambrai. Le roi se borne à répondre : « Nous avons bien opéré contre le Turc *. »
Le refus de communiquer une pièce connue crée un certain inalaise ; rien n'oblige à laisser copie d'une pièce qu'on communique '.
2* Documents remis. D'abord, le résident a, perpétuellement, la mission de remettre des lettres directes de son souverain * ; ces lettres présentent un caractère fort variable. Le plus souvent, elles se rapportent à de petites affaires courantes' ; recommandation*, notification d'une bonne nouvelle \
i) Dép. de Dandolo, Paris, 8 mai 1514 (A. de Venise).
2) Sanuto, VU, 720.
3) Dép. de Machiavel, linola, 2 déc. 1502.
4) L'ambassadeur de France à Venise en ISOO communique un nombre énorme deê lettres du roi (Sanuto, HI, passim). Cf« Desjardins, Négociationê, II, 22, 38, 40, 525. Cf. une lettre des ambassadeurs de Tarchiduc, envoyant à Charles VIII des lettres de leur prince. Paris, 90 mai (1488) ; sur petit papier ; signée : t Voz très humbles et très obéissans serviteurs et nnh^ecit, A. de Fontaincê, /. de Fongue$tolles, R. de Moerkoke d (Fr. 15541, 9).
5) Le légat présente un bref du pape et une lettre du cardinal S* Pierre aux Liens, sollicitant pour ce dernier une abbaye vacante en Grémonais (mars 1503. Sanuto, V, 1027, 1016, 1017).
6) Lettre de recommandation du pape pour le roi, autographe et très instante, en faveur de César Borgia, «. cor nostrum. . ., quo nihil carius habémus D, remise par César, publ. notamment par Thttasne, Diarium, II, 498, n. 1. Deux orateurs de France en Hongrie sont chargés de voir en passant la seigneurie de Venise ; ils reçoivent une lettre spéciale du roi, en français, à remettre avec la lettre de créance (3 avril 1500. Sanuto, III, 1500).
7) Lettres directes de Louis XII à Marguerite d'Autriche pour lui annoncer la prise de Brescia (1512. Lett. de Louii Xll, III, 178). Lettre affectueuse de Henri VII d'Angleterre, à la reine Anne de France (29 décembre), lui notifiant les fiançailles de Marie, sa fille, avec le prince de Castille, décidées lora
condoléance V félicitations ' pour quelque événement important, remerciements*...: le roi de France écrit ces lettres en français, sur parchemin *. Mais il peut arriver qu'elle se rattachent à une négociation en cours, et alors elles présentent, au contraire, un caractère assez grave. Elles ouvrent la négociation, en annonçant le départ des ambassadeurs ', ou bien en formulant des protestations d'affection^ ce qui indique une situation tendue '. Ou bien elles ont pour but d'appuyer fortement, efficacement Taction de Tambassadeur', l'ambassadeur demandant lui-même qu'on lui écrive une lettre à montrer*, ou bien, chose plus grave, on écrit directe-
du séjour de Tarchiduc en Angleterre et poursuivies ensuite par Marguerite d'Autriche (Fr. 2960, n" 11),
1) L'ambassadeur de Marguerite d'Autriche lui annonce l'état très grave du cardinal d' Amboise et la prie, à la première nouvelle de - sa mort, d'écrire des lettres de condoléance au roi, au ciiancelier^ au trésorier Robertetj aux évéques de Paris et de Tournay, pour les prier de continuer la tradition d*amité du cardinal (1510. Lett. de LouU XII, h 234).
2) L'orateur de Venise communique de suite au roi une bonne nouvelle < Le roi s'en réjouit, et écrit une lettre de félicitations, en français (1508. Sa-» nuto, YII, 4SÔ).
3) Ordre des Savii de répondre par une lettre à toutes celles de l'orateur de Venise en France, pour remercier le roi de sa bienveillance (mars 1503. Sanulo, IV, 773). Lettre directe de Marguerite d'Autriche k Louis XII, pour le remercier (oct. 1306. LeU. de Louis XII, I, 93).
4) Lettre de Louis XII ù Venise, pour ses condoléances sur la perte de Modon : présentée par l'ambassadeur au conseil des X et lue par un de ses membres (5 octobre 1500. Sanuto, III, 872).
5) Lettre directe de Louis XII à Marguerite d'Autriche pour lui annoncer le départ de ses ambassadeurs pour Cambrai (oct. 1508. Lett, de Louis XII, I,12i).
6) Lettre de Louis XII à Tarchiduc (1505. Lett. de Louis XII, l, 42).
7) Lettre directe de Louis XII au duc de Gueldre, conûrmant le langage tenu par le secrétaire chargé d'affaires et invitant le duc à rendre une ville qu'il a prise (1511. Lett. de Louis XII, II, 185. Cf. Boislisle, Et. de Vesc, p. 256, pr. XIII : MendesLeal, Corpo Diplomatico PortugueZf 1,93-^0, etc.
8) Machiavel, 6 décembre 1502. Cf. ci*dessus^ p. 62, n. 5.
68 ' LA DinOUATIE AU TVMPS DK SI1CI11AVLL
ment pour se plaindre d'un ambassadeur'. Mais, malgré leur importance, ces lettres ne jouent qu'ua rûlc secondaire dans la négociation '. Pour ne pas tout compromcltrc, on soigne extrêmement les formules*, et, au lieu de transmettre une proposition écrite, on chaîne l'ambassadeur d'une interprétation verbale. Le diplomate, alors, aborde le sujet, « avec le respect et la forme qui lui sont commandés.avec de douces et respectueuses paroles <>, de manière qu'il s'en suive une longue conversation '.
Les petits Etats italiens s'adressent volontiers au roi de France par des lettres directes ; en 1501-1502, Bologne argue du protectorat de la France pour envoyer directement au roi protecteur de véritables mémoires * ;à plusforte raison répondetle par des lettres aux lettres du roi V
1) Lettre directe du sire de Cliaumont h l'empereur pour réclamer très énergiqiiement contre l'amluisMileiir impiirial qui a accepté la remise de Modène par le pape, sous condition d'j Itiisscr gouverner Marc Antoine Colonna (jjll. Lttt. de I.oiiii XII, I, lOS).
S) Cependant Philippe le Beau et Louis XII traitèrent plusieurs fois leurs afTsircs directement par leHres, sans passer par leurs ambassadeurs, quand il s'agissait de directions générales (lliOG. Lttt. de Louit Xtl, I, 54, 55).
3) Pour un retus.on fait apjtel & la « Safienlissima Maestia ■ iReponse de Pr. Sfona h Louis XI, iSnov. 4461. Arcliivio Sl'oresco). Kr. Sforza, écrivant ■u daupliin pour réclamer contre le pillage des bagages de son ambassadeur, ne parle que d' a immorlalcs jçratias n à propos de la réception admirable du dauphin, u gratissimuni et jocundissimum... Innato desiderio afTiciorn, d'être dévol et observant de votre Scrénissime maison, o pro cujus sublimilalc, ampliludine et gloria nedum copias et rcs, scd ipsum quoque corpus et animam omnemquc substantiam mcam, qiiantulacunquc sil, tlli dandum vovi et voveo, et liée ipsis experlmentis... cortissima esse comperiet illustrissima Uoininalio Vestra » (Lettre du 39 mai 1454. Leil. de Louis XI, I, p. 353).
4) Oépéclie vénitienne de 1304 (Ditpacci di A. Giuitinian, III, 406).
5) Arcli. de tJologue, Conune, Lilterarum, iSOO ad 1505 : lettres du 1«r avril 1501 (c. 69 r«), du 3 mars 1501 [c. flO r») : lettres des 18 février et 10 avril 1503.
6l Lettres du 9 mars 1501, du 36 mai 1503. mêmes Archives, c. 64 r», c 800 TV
Les pièces écrites d'une négocialioii proprement dite sont peu nombreuses. Quand l'ambassadeur a communiqué ou remis son instruction, la réponse est délibérée en conseil. Un mémoire peut être rédigé à cet effet par la chancellerie ; il résume Tétat de la question, les motifs à alléguer pour un parti ou pour l'autre *, ou bien il se compose dénotes abrégées sur chacun des articles proposés ^ Ces mémoires de chancellerie, exclusivement destinés au conseil, sont écrits sur papier, en français naturellement, sans autres indications qu'une intitulation sommaire. C*est une feuille de papier, ou un cahier, revêtu au dos de la cote de chancellerie. La chancellerie se sert aussi demémoires de jurisconsultes, destinés à établir juridiquement les bases d'un droit ' ; enfin certains ambassadeurs rédigeaient môme ou possédaient pour leur gouverne des registres de pièces \ Mais ces divers mémoires ne sont susceptibles
d'aucune remise ni communication.
i) Mémoire fpour le conseil du duc de Bourgogne), des raisons pour et onlre son accession à ce que l.i France soit dévolue au roi d*Anglelerre (cah. de papier, orig., sans sign.}. Le contre est ainsi intitulé : «< C'est ce qui est à mettre en dclibcracion. » Le pour : « Au contraire. » A la iin : « Quare, etc. » Titre au dos : « Raisons »> (ms. Moreau 4435, n» iOO).
2) Mémoire d'observations à présenter sur les articles du roi d'Angleterre. « Censealur que le roy d'Englcterrc ait le roialmc après le trespas, etc., de ce fere diligence, etc. », suite de notes très abrégées sur grand papier, en français (1419. Ms. Moreau, 1433. n» 9B».
3) Consultation d*^ cinq docteurs flamands sur le mariage de Claude de France avec François d'Angouléme el la situation juridique qui en résulte {1506. Le Glay, Négociatinns, ï, 195). On peut aussi juger utile de s'assurer, moyennant fmance, les conseils ou l'appui de personnes du pays môme où l'on cpère. Le duc d'Orléans paie, en 139'f, 120 florins d'or à Jean Grimaldi ses conseils sur la manière de s'emparer de Savonc : il paie un mémoire deBorruel Grimaldi, sur un sujet analogue (Fr. nouv. acq. 3653, 149, 150).
4) « Cum R. p. et d""* Thomas, archiepiscopus Reginensis, natus quondam d»' Jacobi de Porta, utriusque juris doctoris, consiliarii et secretarii bo. me. dn» Régis Roberli et dne Régine Johanne,et ambaxiatoris continue adCuriam, proipsis, demense augustianni proximepreteriti MGc.r.Lxxv™>,haberet unum registrum de cartis mcmbranis, non in publica forma, sed manu privata, in
70 U DIFLOHATiC AC TEMPS DE lUCBtATEL
Le conseil, après délibératioa, adopte un projet de réponse aux articles communiqaéB par rambassadeur*. Aux simples communications, on répond verbalement. Toutefois, quand l'affaire eei de poidi, on fixe la réponse par écrit et l'on en donne lecture à l'ambassadeur V Si la réponse parait un obstacle h la poursuite des négociations, l'ambassadeur peut demander une copie, ou même une réponse par lettre directe & son gouvernement '.
En CBS de remise de l'instruction, on remet la réponse. Cette réponse, telle que le conseil Ta arrêtée, est d'abord trans-
pluribus quatemil scriptum, do gênera Regatîum regni Sicîlîe et de inveslitura dioti Regni et de oniDibus gestis ipsorum Regaliam et de succassionibai illius regni ; Ego, Ludovioui de Placentia, legum doolor, advocatua in curia,... procuravi videra diD Registmm ut facerem eam copiari et poaseni dictum dom>""meum Begem Ungarie certiorare de contentis in dlcto régisiro B : il ajouta que, pendant qu'il le faisait copier, il a appris l'existence d'un document. « Venim perea que potui compreliendere- ei dicte privato regiatro, factum iia se habet... »
1) « C'est ta response qui semble estre à faire de par le Roy à Mess, Guillaume de Coursillon, chev., et au prieur des célestins d'Avignon, envoyez devers led. a'de la partie de monseigneur le dauphin... Leur sera dit, elc.o Par articles et alinéas : écriture claire, sur cahier de papier, non signé (dis. fr. S811, 28). Articles demandés par le roi d'Angleterre au roi de France, eu 1308: en français ; transcription, avec les réponses par articles. A la tin: « Ces respoDses cy dessucs cscriptes a ly Rois ordonnées par son conseil, auxquelles il n'enlcnd rien à changer. , . ■ Copie de chancellerie, sur papier : les articles sont numérotés en mar^e; et, il y a, en face des réponses, unR. (Fr. 40S4, faS).
9) Htlan fait prier Florence par son ambassadeur ï Florence, et Venise par l'ambassadeur tloren tin à Venise, de se réconcilier avec le pape. Le duc de Milan ayant fait communiquer par son ambassadeur à Laurent de Médicis les t exempli >i des lettres qu'il écrivait à son ambassadeur de Naples sur le différend de Naples et du pape, Laurent ne répond rien, si ce n'est que l'affaire est trop grava et qu'il veut se concerter avec ses concitoyens. Le conseil sa réunit le soir et répond de même. Alors l'ambassadeur, selon ses instructions, fait suivre les lettres à Naples. 11 continue à solliciter une réponse, qu'on lui rend enfin, par un écrit dont on lui donne lecture, « la chose étant de poids > (DÉp.deramba3s.de Milan, 3 sept. U67. ArclioSror^xsco). 3) Alai 1500. Sanuto, III, 307.
PDOCÉDÉg ÉCRITS DB NÉGOCIATION, ETG, 71
ciite avec soin dans la langue nationale \ puis traduite en latin. La note s'appelle a Responsiones ad articulos tradi-» tos per, . ' »> en français « Responses ' » , ou « Mémoire des responses * » ; elle est transcrite avec soin, sur une feuille de grand papier*.
La « responce ' » est rédigée par articles, sur le même patron que Tinstruction ', avec des protestations d*amour de la paix et de la justice, ainsi que T espoir d'une réponse meilleure". Elle n'a point de préambule, Ae titre, ni de fin, ni de signature^. La plupart du temps elle sera très développée ^^,
i)L 458, n^ 8 bis. Minute en français, sur feuille de pap. in-fo pliée en cahier in*4, à grandes marges, bonne écriture, articles espacés, notes en marges. En tête, note de chancellerie en latin, servant de titre.
S) J. 458, n® 8, réponse sur une grande feuille de papier in-fo ; au dos ; « Responsiones ad articulos traditos per Ungaros. Ad primum articulumi re8« pondetur quod... Item ad secundum articulum respondetur quod, .. Item.., Item^ad nonum et decimum capitules, ubi diciturde..., respondetur quod...» Expédition latine, de la minute indiquée dans la note précédente.
â) Ms. fr. S937, fo i37.
4) Mémoire remis au nom du roi des Romains, 1508, publ. Jean d*Auton, II, 236, note.
6) « Le mesme jour, le roy dona responce à l'ambassadeur de Navarre » (Lo Glay, Négociations, I, ai 2).
7) Réponse de Louis. XI aux articles du duc de Milan, 1467 (Lelt, de Louis Xllt III, 362) c Ensuit la responce faicte de par le roy aux articles baillez de par les gens du duc de Milan » ; en français, datée d'an et jour, signée du roi, contresignée d*un secrétaire. Article par article : l'article n'est pas reproduit, mais simplement rappelé par son numéro d'ordre et quelques mots en abrégé, par exemple : c Au tiers article, faisant mencion de cent lances et de ung ehief pour envoyer en Aast, etc., chascun scet. • • Au quart article, c^u fait du mariage, etc., le roi semblablement en escripra... »
8) Jean d'Auton, II, 236, note.
9) Note du roi des Romains en réponse aux articles proposés par l'orateur des rois de Hongrie et de Pologne (Sanuto, III, 983).
10) Milan, 23 septembre 1492. Réponse des ducs de Milan et de Bari aux eapitulQy présentés par le présid^ de Grenoble, ambassadeur du roi très chrétien ; elle porte en substance : 1^ produire les droits au marquisat Cre* molini, le duc et le m'* de Montfcrrat ayant chargé le roi de les mettre d'ac cord. On produit : le double authentique de la concession de Galéas, père
72 tA DIPLOWITIE AD TKMPS DE MACHIAVEL
La minute reste dans les archives de la Chancellerie et fournit ô. l'historien un document utilisable*.
Si la réponse est brève, et non explicite, on la considère comme une fin de non-reccvoir*. Si elle prête à une négociation, cette négociation se poursuit verbalement.
du duc actuel, i Guill*, m'i de Hontferrat, et à ses héritiers milles légitimes
issus de son corps ; les patcnles de Guillaume acceptant. Donc le marquisat re?iei)t à Hilaji, puisque Guillaume n'a laissé aucuo liÉritier mâle légitime. Si S. M. veut régler l'aETaire, on écrira à l'amb^Esadeur « apud Bam moram trahenli », ou on en enverra un autre ; 2° que les ducs aident par les armes k recouvrer le cliAteau u Sitaravarie h ; nous sommes prêts ï tout, mais l'ueuvrc est trop dinîcile ; il faudrait traverser des territoires étrangers, aller au loin ; 3" le roi recommande Giorgio Vatperga. C'est un misérable, on a tout fait pour lui : après trois assassinats, on lui a fait grâce de la vie et de presque toute coniiscation. De nouveau, il est condamné pour as* tassinal. On a remis ses biens i son fils. Il est en fuite. — Autre réponse an prèsid' de Grenoble sur ce qu'il a proposé par Heliaous Calvus : l'* demande d'un nouveau traité. Cela parait inutile, car, l'iiiver dernier, nous avons fait une nouvelle ligue avec le roi, suivant la forme antique, et, au commencement de l'été dernier, le roi y a inclus Ludovic, Cependant Ludovic est prêt à ce qui plaira au roi : 3* quant au mariage de MU' Bianca, le roi a déjà proposé le roi d'Ecosse ; cependant Ludovic ne veut pas trop presser sa nièce, vu son aReclion pour clic : il doit consulter son honneur. Si on parlait pourtant d'un c prcstantior, cujus condiciones ab hujus status dignitatc non sinl aliène », Ludovic serait prêt a comprendre la chose et à y répondre ; 3* « De negocio Hastcnsi » (relevé ci-après) ; i" " De règne Neapolllano. Respondetur nihil habcrc lllum d. Ludovicum quod particulatim sil proponendura > ; 5° < De malivolis conciliandîs. » On est prêt k tout, mais on s'étonne ; on ne croit avoir blessé personne en France et on ne pensait pas y avoir d'ennemi. » De negocio Hislcnsi, respondetur ill'""" doum Ludovicum non aspernaturum cmptionem, si in ea fucrit fundamentum ; sed imprimis Ex'i»» ejus nionere ncmcntio ejus rei inducatur tanquam ipse rem vendi pctat, quia neque hoc petiil. neque rem aliquam domino duci Aurelienensi molestam Iractare vellet; et ut de lioc agi possll ab niagnea d. préside dan tu r ei littere credcntiales ad d. Beuchiarii, que, lîcet générales sint ut rcs secretior sil, tamcn mens csl il!*' d. Ludovici ut non cxlcndalur fidcs credcntic ad aliud quam iid istas res Hastenses « (Ms. laL. lOia:-), f* 479, 480).
4) Minute de la réponse du duc de Milan it Baude .Meurin, <• secrelario et ambassatore » du dauphin (3t dé'c. US». Lein de Louit XU, I. p. 341). V. des minutes de très longues réponses ; Arcbivio Sforzesco, 12 nov. 1461; ms. fr. 2927, foi 137 et suiv.
8) Gacliard, Deuxièmt voyage de Philippe-le-Beau, p. 398-399.
Un souverain et un ambassadeur ne s'adressent guère de lettres *, si ce n'est pour accentuer nettement une parole et lui donner le caractère officiel. Ainsi, en 1502, Maximilien, refusant de négocier avec les ambassadeurs de France, leur envoie sa réponse par une lettre où il les engage à aller voir les beautés de Venise V En 1514,1a seigneurie de Venise répond par écrit à une question de Tambassadeur de France*. L'emploi du latin complète la forme de rigueur *.
L'ambassadeur peut recourir à une lettre polie et non latine pour adoucir près du prince Tefifet d'une communication difficile, qu'il doit faire au chancelier, car, dans ce cas, il faut parler le moins possible *. Les ambassadeurs du pape, chargés de communiquer une protestation officielle du pape, Ten-
i) A moins d'un billet, pour annoncer une nouvelle. Lettre du roi d'Espagne à Tambassadeur vénitien, lui annonçant avec grand plaisir l'élection de Pie III (1503. Sanuto» Y, 317), en espagnol, au « Magnifîco embaxador », et adressée amicalement: « Al magnifico bien amado ydevoto nostro miser...»
â) Itmsprugkf 17 mars 1502. Lettre de Maximilien aux ambassadeurs de France, retirés à Trente. II a reçu les lettres du roi et du cardinal d'Amboise, il attend les décisions ultérieures du roi. Répondant h leur demande, il dit préférer que les ambassadeurs attendent à Trente la réponse du roi. Ils pourront ensuite aller à Venise « causa videndi », sMls le veulent. Quant à rinvestiture du duché de Milan, il est prêt à l'accorder comme il l'a dit, pour les descendants, la princesse Claude et autres collatéraux, quand le traité de Trente sera signé et entièrement exécuté ; pour les mâles descendants, et surtout pour la princesse Claude, si Charles, fils de Tarchiduc, le demande avec elle, il espère satisfaire le roi. » Sed quantum attinot ad alias Hlias et collatérales, nullam unquam de hiis spem concipiat » (Fr. 2961, (o 14).
3) 9 déc. 1514 (A. de Venise, Conseil des X). .
4) Dépêches de Fosc^ri, p. 804, note. Lettre de Maximilien, aigre douce, à Foscari, 15 août 1496 (en latin) : les Suisses levés par nous, aux frais de Venise, pour la ligue, dit-il, auraient déjà passé les Alpes, si l'argent promis à Bellinzona était prêt, comme nous l'avons souvent réclamé : de là, un étonnement et un mécontentement, qu'il prie Foscari ofriciellement de transmettre au doge. —Réponse, en latin, deMaximilienaux Vénitiens, publiée par Le Maire de Belges.
5} Barchardi Diarium, III, 6'j, 61:.
74 U DIPLOMATIE AU TKMPS DE HACHIAVKL
voient au ehauoelier, et adressent à la duchesse de Bourbon (Anne de Beaujeu, gardienne du roi)^ une lettre en français, sur papier, en forme de missive particulière : la formule finale et les signatures sont seules autographes et en latin ^
La lettre-note constitue un simple rappel de l'ambassadeur pour la solution d une affaire : lettre * en latin, brève et polie, formulant sans phrases l'objet du rappel. S'il y a lieu h une réclamation plus nette, par suite d'un défaut de réponse ou pour tout autre motif, la lettre devient sèche, précise ou même pis ^, Un ambassadeur de Hongrie à Venise en 1504 écrit une lettre de ce genre en latin, et cependant il la signe personnellement « Ex" V® servitor, » sans autre formule, et sans la qualification d'ambassadeur ^
Les notes ou tnéinorandums qu'un ambassadeur remet ou reçoit, peuvent se diviser en quatre catégories : la note sim-
4) « À très noble et très excellente damme, Madamme de Bourbon, etc. Madamme, à vostre bonne grâce tant et si très humblement que faire pouvons nous recommandons. Madamme, vous avez bien sceu les grans affaires et neccessitez quenostre saint père a pour la conservacion et deffense des droitz de sa saincte église de Romme, touchant le Royaume de Napples. Sa Sanc- Mté nous a envoyé certaine protestacion sur ce faicte en plain consistoire dont pourrez estre plus a plain informée^ se vostre bon plaisir est, par monsr le chancellier, car nous la luy envoyons, et luy escrivons plus au long. Si vous supplions, Madamme, qu'il vous plaise de vostre grâce avoir lesdites affaires de nosfredit saint père et de ladite saincte église de Romme pour singulièrement recommandez, et en façon que en ceste matière soit mise bonne fin et briève expédicion, ainsi que le cas le requiert et que nostredit saint père souverainement le désire. Madamme, nous prions Dieu qu'il vous doint très bonne vie et longue. Escript à Tours, le \\V jour d'octobre. Servitores, L. ep» Concordiensis. A. Flores, protonotarius » (Orig. m. fr. 15538, no236).
3) Appelée Voliza^ en Italie.
3) Lettre de l'orateur hongrois au doge de Venise (mars 1504. Sanuto, V, i046).
4) Réclamation présentée au conseil de Venise, par l'ambassadeur de France, bOus forme depoltsa, qu'on lit ; termes assez hautains (15 déc. 1500- Sanuto, 111,1170).
3) Sanuto, V, 1046.
PR0CtDi8 ÉCB1TS DE NÉGOCIATION, ET<:. 7S
pie, le Mémorial ou Mémorandum! If^cédule, la note diploma* tique.
La note simple équivaut à une conversation. Le cardinal d'Amboise^malade^envoiechercher les ambassadeursd* Allemagne pour c( entendre en leur cas », mais il les prie de se résumer brièvement. Pourne pasle fatiguer, ils lui remettent une note écrite des points principaux *. On peut toujours demander à un ambassadeur de résumer sa conversation dans une note . Les ambassadeurs de France à Rome, en 1479, vont voir le prince de Tarente, fils du roi de Naples, et, sur sa demande, ils lui remettent une note écrite, en français*. Cette négocia* tionde 1478-1479, étant laborieuse et importante, donne lieu à la remise de nombreuses notes et à quantité d'audiences. Ainsi, le 5 mars 1479, les ambassadeurs de la ligue italienne, réunis aux ambassadeurs de France, sont solennellement reçus en consistoire, devant les ambassadeurs de Tempereur, de Naples, de Tarchiduc : le pape fait lire la note écrite de ses desiderata, note qui est remise aux ambassadeurs, sur leur demande*.
Le Mémorandum, en latin Memoria, en italien Memoriale*, est une sorte de mémoire, divisé en articles ou en paragraphes, non scellé, signé ou non de l'ambassadeur et rédigé par lui.
i) 1509. Lettres de Louit XII, h 208. A Blois, en août 1510, le roi étant incommodé d'un rhume qui court tout le pays, Machiavel, ambassadeur de Florence, ne peut voir que Robertet et lui remet une note à montrer au roi. La mortalité est grande ; Machiavel est lui môme souffrant et fort inquiet de sa santé ; il garde la chambre depuis cinq jours et ne peut guère donner de nouvelles. Robertet lui-même tombe malade et garde la chambre; Machiavel, un peu remis, va le voir et peut avoir ainsi avec lui une longue conversation à huis clos (Dépêches de Machiavel, Blois, 24 et 27 août lolO).
2) Transcrite dans leur relation (ms. lat. 11802).
3) Id.
A) 13 sept 149o, lettre de Ludovic Sforza à Galéas S.Sevcrino.« Vu le Mémorial de M. d'Argenton,il attend^ dit-il, la réponse de Venise » (Arch. do Milan, MUitarey Guerre, 1495).
G*est commme un guide-mémoire exprimant les vues de Tambassadeur, et les arguments jugés les meilleurs ^ Il est écrit en latin*.
La Cédulc, qu'on nomme aussi« Chapitres et réquisition*, » est une note, d'un caractère plus grave, remise par les ambassadeurs au nom de leur gouvernement *. Elle est libellée en latin ou en langue vulgaire, suivant le degré de solennité, d'un style plus ou moins bref, et écrite sur une feuille ou sur un cahier de papier ^ L'ambassadeur n'a rien & faire que la transmettre, en l'expliquant, la commentant, et au besoin en l'adoucissant'. La remise d'une céduie, on le voit, se rapproche de la
\ ) Mémorandum remis par l'ambassadeur de Piémont à Bfilan, 30 mai i47G (Dépêches des ambassadeu7's milanais. II, SOI), traçant au duc de Milan le programme d'une ambassade à envoyer au duc de ]k)urgogne. le langage à tenir, les instructions à donner, pour arriver ù une alliance; en latin, intitulé : « Memoria dat. Mco do Gicho (le chancelier de Biilnn) pcr U. D. Episcopum Taurini, oratorem ill<"^ ducisse Sabaudie. Die pcnullima mnii 4470 », sans signature ni sceau, en forme de mémoire, sans article, par paragraphes, avec emploi de formes conditionnelles, de futur, très détaillé ; il suggère des phraies de discours ù tenir, d'instructions & écrire.
â) Mémoire remis aux Etats du Dau phi né pour leur demander de reconnattie la reine ; en français, parce qu'il s*adrcsse à des gens du royaume 4 baillié par nous, Jehan de Vissac, doyen de Téglisc de Chilons, et Guillaume de Brion, commandeur dWusmonières, ambassadeurs des sus dits, le 47« jour d'avril i4i8. » — « lia est. Johannes de Yissaco. Ita est. Fratcr Guillelmus de Brione » (Preuves des Mém, de Fenin, V).
3) Dép. de Condolmeri, Bourges, 29 février i 507-8 (A. de Venise^.
4) Notes sur le projet de mariage de M^e d'AngouIéme, et la fixation de sa dot (J. 965, n^s âS, ?4).
5) Longue note, orig., en 3 f^* de papier, sur ce que le S* Père (Alexandre VI) a résolu pour montrer son affection au roi et conclure les affaires (ms. Dupuy Î8, fo« i7-i9).
6) « C'est la première céduie des Anglois » : note remise par les ambass. anglais, en latin. Leur roi est descendu en France, non pour avoir la Normandie, mais pour la couronne de France. Début : « Nos, ambaxiatores metuendissimi du* nostri, exponimus intentionem ejusdem alias déclara lam, que talis est. > Note courte et sentant la conquête. — « La seconde céduie des Anglais » ; explicative, en français, un peu plus longue, un peu plus douce de ton : « Les ambaxades du Roy d'Angleterre, en communiquant avec eulx,
remise d'instruction ; elle donne lieu, elle aussi, à une Réponse ^ La cédule né porte ni lieu, ni date, ni signature. On peut la libeller par articles '.
La note diplomatique est Tarme personnelle de Fambassadeur, moins dangereuse peut-être que la précédente, parce qu'elle n'engage pas autant le gouvernement, mais plus difficile à manier pour le diplomate qu'elle met à découvert. Les formules honorifiques y sont soigneusement établies. Ellle. n'est pas signée, ou bien elle peut être signée d'un sous-ordre*, ou de l'ambassadeur lui-même, suivant le degré d'importance et le caractère plus ou moins définitif qu'on entend lui donner : par ce motif, la signature de l'ambassadeur y est très rare. Elle exprime les desiderata de l'ambassadeur ; elle le fait sous les formes les plus variables, depv.is la forme de Mémorandum* ou celle d'offres ^, jusqu'à des formules
ont ouvert l'entencion et voulcnté dudit Roy estre telle... » Suit une analyse de la séance du conseil du roi; les demandes faites» et leurs réponses sur ces notes : le tout analysé avec précision. A la fin : « C'est la cédule des trièves que consent ottroier le Roy d'Angleterre par la manière et condicions qui s*ensuivent » : en latin (Ms. Moreau 1425, n* 97).
1) Projet de mariage de Bbuis de France, i37â (Jarry, Vie... de Louis de France, p. 377, 382).Cédule {Art iculi) du caréinal de Chypre à la république de Gènes, contre le capitaine de Famagouste (1435. Mas Latrie, Hist. de Chypre , III, 23) ; en latin, par articles, remise ; elle porte à la fin la mention qu'on y a répondu hodié.
3) Demandes à faire (pour la paix de Verccil) au roi de France (A. dd Milan, Militarey Guerre, i493).
3) Note-Mémorandum signée d'un notaire apostolique, publ. Jean d'Auton^ II, p. 143-143 en note.
4) Note-momorandum remise par les ambassadeurs français, dans la né« gociation de la paix de Verceil : note, par Items. Réponses du duc de Milan J notes, remises et répondant à chaque desideratum (Sanuto, Spediziane, 615 et s.). — (Communiquées à Venise).
5) i< Ce sont les offres que nous, Charlez, duc de fiourbonnois et d'Auvergne... » etc., « et tous ambassadeurs de Charles roy de France, nostre souverain seigneur, estant présentement en la ville d'Arras, faisons pour et en nom du Roy v ; en français (pour le traité d'Arras. Ms. Moreau 14o2j n*» 129).
78 LA DIPLOMATIE AU TBUP3 DE sUCBlAVEL
véritables de réquisition, contenant des motifs juridiques '. La pure note diplomatique est un document en latin, signé de tous les membres de l'ambassade, qui expose sommairement l'affaire et propose la solution réclamée. A cette note correspond une réponse, solennelle si la note est solennelle. Une note Solennelle a pour effet de terminer une négociation et la prise de congé la suit naturellement *.
Outre lesécritures en usage dans une négoeiation, on recourt, pour prouver un droit, à tout im arsenal de justifications extradiplomatiques ; on forme le dossier d'une alFairc. Le premier soin consiste naturellement à recueillir les pièces : pour celles qui 80 trouventdanslcs archives intérieures, il suffit d'un mandement ou d'une simple lettre, qui prescrit de les chercher et d'en fournir copie ou expédition authentique '. Au dehors, ta
1) Requâtc a CliaHes YIU par les ambassadeurs iean de Rivera el iean de Arjas, doyen de Sêville, de restituer le BoussilloR et la Cerdngne : en lalin, note en forme de ])roct;s- verbal nolarië, exposant les précédents de la question et l'affaire (30 mars 1464. K. iiSi).
3) Mémoire de 14TB-79, ms. lat. H802 : 30 janvier 1479; et, A la lin, nouvelle note, en latin, signée des cinq ambassadeurs, transcrite dans le HémoJrtr : réponse solennelle du iiape, en latin, également Iranscrile. Les ambassadeurs de la ligue italienne rompent et déclarent n'avoir plus rien & Taire ; tes ambas' sadeurs de France prennent congé.
3) Lellrc de révCque de Lombtv. à Charles VIII, l'informant qu'il a faK reclierclicr les droits du roi sur les royaume? d'Aragon et Catalogne, k cause de la reine Yolande, sa grand-mére (Fr. 15541. fCS). Louis XII fait établir SCS droits héré<litaires sur Naples (IcUre du 11 dèc. 1498. Porter. Fontanicu). CL une lettre de Louis XII, de Lyon, 2 s';ilcm!)re (1499) aux gensdes comptes. Nous avons, dit-il, nt-ccssairemenl « à bcsoignier du Iraietié de mariage de nostre aieul n Louis et Valentine, el de la conlirmalion de l'emi^reur Sigis- " moDd. Cherclicî ces documents 4 toute diligence « archift des comtes de Blois et tout ce qui concerne notre droit sur Milan, et expédiez-nous en de suite, par la poste, copie signée du tout {Maautl de C Amateur d^aulographei, Tfi in, p. 331). Fr, Sforia envoya, di^s 1451, solliciter de rem|)ereur l'investiture du Milanais et Fabriqua à celte rni une fausse donation de Philippe- Marie Visconti, qu'il fit préalablement enregistrer aux minutes d'un notaire de Milan (Arehivio tlorico tombardo, 1803, p. 386), el qa'jl remit â son ambassadenr.
PROCftDÉS ÉCRITS DE NÉGOClATIOri, ETC. 79
question devient plus déliûHte : les ambassadeurs auront mission de rechercher les documents et de se les procurer par une voie quelconque *, fût-ce à prix d'argent '. Si les droits ne sont pas discutés, on se borne à réunir les pièces en un cartulaire, déposé aux archives royales, comme des titres de propriété ordinaires* : si, au contraire, il s'agit de prétentions contestées, lé roi peut ordonner la confection d'un mémoire officiel avec ces matériaux. C'est ainsi qu'avant de rien entreprendre contre Naples, Charles VIII commet, en 1490, un mattre des comptes, Léonard Baronnat, pour réunir les titres de la cou*tonne de France à la possession de ce pays et en former un Corps *. Baronnat rédige un traité '^ : nous ignorons si Char* les YIII conserva ce traité pour sa gouverne» ou sll chercha à en répandre le texte : comme il envoya dans toutes les cours italiennes des agents préparer son expédition future, en démon« trant ses droits, il nous parait probable que le Mémoire de Ba« ronnat leur fut au moins remis pour inspirer leur langage. Un
i) X'« 93i9, 9L La Flèche, 48 0«pt. Ordre du roi de réunir tous les titres à la possession du duché de Bretagne. Il a, dit-il, entoyé en Bretagne dans ce but des ambassadeurs^ à la suite de la mort du duc*
f) Les ambassadeurs de Florence demandent à acheter une pièce que leur fait offrir un particulier et dont il faudrait donner un très grand prix, ainsi qu'à Tintermédiaire. C'est une bulle contraire aux prétentions du roi de France sur Naples. Pour s'en servir^ on provoquerait d'abord la déclaration du ro^ qu'il ne veut que ce qui lui appartient, puis on produirait la pièce. Pierre de Médicis refuse de Tacheter (1494' Desjardins, Nëgoeiaiions»..^ I, 382^ 'âSS)* -^ Dès son arrivée à Rome, Naturelli^ amb. de l'empereur, cherche à se procurer le texte de l'investiture de Naples (1506. Le Glay^ Négoeiaiions, 1, 120).
3) Traité des droits du duc d'Orléans sur Asti, ment. ms. Moreau 406, fo 400 vo. Ce traité est peut^tre le censier conservé encore aux Archives nationales.
4) Gommissiod à Léonard Baronnat pour réunir les titres et documents re^ latifs aux droiU et domaines de la couronne (20 avril 1490. BoislisUi StUnn0 de Vene, p. 228).
5} Dont il existe de nombreuses transcriptions.
80 LA DIPLOMATIR AU TEMPS DE MACHiAVKL
siècle auparavant, à propos de ce même royaume de Naples, le roi Louis de Hongrie fait écrire un mémoire analogue sur ses droits, par son avocat k Rome. L'avocat s*associe à cet eflfet (bien probablement, moyennant finance) un prélat, dont le père, résident a Rome de la partie adverse, avait constitué, pour son propre service, un cartulaire officieux, dont les documents font la trame du mémoire *. Ce mémoire était écrit à Rome, pour être produit au pape. Plus tard, toujours à propos du royaume de Naples, le roi René fait rédiger par un de ses fonctionnaires, Raimond Talon, prévôt de Forcalquier, un Mémoire de ses droits, que Talon destine et présente au concile de Bàle '.
Ces corps de pièces, ces mémoires sont donc remis aux ambassadeurs, pour leur fournir des armes à Tappui de leur, mission ', surtout en cas de conférences ou de congrès. — Ou bien ils servent simplement au grand conseil du roi, qui en
4) Exposé des droits de Louis, roi de Hongrie, au royaume de Sicile, que tient la reine Jeanne. Mémoire (en latin) par Ludovicus de Placenlia, dr en lois, avocat en la cour, avocat du roi de Hongrie et de Thomas, archevêque, fils de feu Jacques c de Porta », dr in u. j., conseiller et secrétaire du roi Robert et de la reine Jeanne, et leur u ambaxiatoris continui » ; d'après Un ms., en forme non publique, de copies sur parchemin, contenant collection des documents publics (investitures, successions, etc.)» du royaume de Sicile; ms. appartenant à Tarchevéquc, et qu*il a fait copier dans la maison de « mon maître le duc d*Anjou » et étudié (Jarrj, Vie. ., de Louis de France^ p. 375 ; Archioio 8t<* per le provincie Neapoletane, n. 11, f. i, p. i34). Mémoire sur cahier de papier in-4, de 4 ffi», en latin, d'une écriture compacte (1375) ; au dos, la note suivante : n Lud. de Placentia, legum doctor et advocatus Lud. Régis Hungarie », d'une écriture italienne, de la fin du x\^ siècle (J. 458, no 6).
2) Ms. Dupuy 302.
3) Louis XI ordonne au chailceliér de faire remettre par le secrétaire Budé au sire de Concressault vidimus des hommages des ducs de Bourgogne à la couronne de France (1468. Lett, de Louis XIU IH, 220). Mémoires et instructions sur papier, baillés à M« P»"« Sauvage, pour remontrer au duc de Milan qu'il devait rendre au duc d'Orléans le c^ d'Ast (ms. Moreau 406, fo 458 vo).
PROCÉDÉS ÉCRITS DE NÉGOCIATION, ETC. 8i
tire la substance d'une note qu'on charge l'ambassadeur de remetti'e * ou de rédiger '.
Pour donner à ces écritures juridiques plus d'autorité, on peutles soumettre à l'appréciation d'un corps moral haut placé: d'une assemblée de notables, d'un parlement % d'une université*. Mais ces appréciations gagneraient beaucoup de valeur si elles émanaient de corporations étrangères ; elles fournissent alors un excellent argument '.
1) Mémoire de la note à faire pour le grand conseil du roi, adressée au c^ de Dunois et Longueville et autres, afin de prouver que Thommage est dû pour la Guyenne, que les Anglais ont rompu la trêve en prenant Fougères (minute orig. Fr. iOOt, fo ^9).
â) Note des ambassadeurs d'Espagne, du 20 mars i484 (1485), sur raffaire du Roussillon (K. 1482).
3) Outre le traité de Baronnat, une commission du parlement de Paris déclare les droits du roi sur Naples très vérifiés (Delaborde, Expéd. de Charles VIII, p. 318). Lettres du parlement de Paris, 20 septembre (1488), portant que dernièrement le chancelier a fait assembler plusieurs gens notables et des plus anciens de la cour et a fait débattre les droits du roi sur la Breta* gne. Malgré la demande du roi, le parlement ne répond rien de plus. — Du 24 sept., lettre promettant d'envoyer tout ce qu'on pourra, mais déclarant que le parlement a tout remis au chancelier (X»« 9323, fo« 67, 68).
4) Pouvoir, en latin, du roi d'Angleterre à l'évoque de Dunolm, au c^* de Wygom, à Will. Héron, s^de Say,et au chanoine Richard de Holm, defaife et expédier le nécessaire, de tout régler et arranger, pour la restitution d'Isabelle de France, avec ses bijoux, « carissimo consanguineo nostro Franciae » ou ses a ambassiatoribus, procuratoribus, nunciis aut deputatis », ayant pouvoirs suffisants (scellé du grand sceau. Westminster, 18 mai 1400. Rymer, Ilf, p. 183) : mandement, en français, du môme roi, à l'abbé de Leicester, chancelier d'Oxford, de soumettre aux docteurs de l'université diverses questions et des doutes relatifs à la restitution de la reine, ses biens
■et joyaux, d'envoyer les réponses par écrit « bien et suffîsantement foundez par la ley » (12 nov. 1400. Jd., 191).
5) Instruction à l'ambassade circulai re en Allemagne (1459), pour demander au chancelier de l'archevêque de Trêves certaines écritures qu'il dit avoir relativement aux droits du roi sur leLuxembourg, notammentadélibéracions de plusieurs docteurs des université/, de Ytalie et Alemaigne sur ung cas positif fait par ledit arcevesque, contenant que oudit duchié monseigneur de Bourgongne n'avoit aucun droit touchant les demandes qu'il faisoit au feu roy Lancelot », et pour ce motif donner 100 écus de robe au chancelier (Qui-
cberat, Th. Bazin, IV, 349 et suiVi).
8S LA DBPLOUiTtt: At) TEMPS DE UICHIÀVEL
Ilest arrivé assez souveat qu'un serviteur plus ou moÎDS intime du prince, cédant k un zèle plus ou moins ofiicieux, écrit, non plus un simple mémoire, mais un travail d'importance, un livre, duquel ressort la justification des droits de son maître. Ce livre est destiné à la plus grande publicité ; on en fait de nombreuses copies ; l'auteur en offre des excmplai' Pcs aux chefs des États qu'il croit pouvoir intéresser. C'est ainsi qu'en 1418 le duc Charles d'Orléans, presque exclusivement réduit à des armes morales pour faire valoir ses droits sur laLombardie', fait écrire parundeses secrétaires italiens, Ant. Aslesano, un livre sur l'histoire de Milan. Quoique cette histoire remonte au Délug:e, elle n'a pour but que d'établir le droit de Charles d'Orléans*. Elle est dédiée au roi de France, Charles VII : les exemplaires offerts au duc de Bourgogne et et au comte d'Aogouléme existent encore '. Citons également « un Trwté des différents entre les rois de France et d'Angleterre », dédié au roi Louis XI et qui aeu les honneurs de nombreuses copies*.
t) V. la Sfortia*, de Philelphc (lai. 6t36, f^ 13 v»), .
3) De origine et t>ario regimtne r.ivilatis Mcdiolani.a Ex supradicliM iUqus tnanirestc paleli omnibus, amolo livore, rem ipsani intucntibus, Mcdiolani illiusqiie ducatiis dominium ad iltoium princL|iem doom Karolum Aurclianensium ducem, supramcmorale il" Valentine filiiim, juste litulo devenisse. Quanduquidem el Johauncs Maria cl l'Iiilippus Maria, magiii ducis Johanois Galcax lilii, sine libcris morliii sunl. »
'A) L'exemplaire adrcssù au puissaot el Rdéie ami de Charles, le duc de Bourgogne, est le ma. lat. 11087. L'exeniplairc AitHÈ & Charles VII est plus modeste ; et on ne sait s'il fut envoyé, car celui que nous possiklons avec ceUe diklicace porte tt la dernifire page une dédicace au c'° Jean d'Angoulémc (lat. til66 ; à la Tm : editui anno ehruli, 1448).
4) V. nis.fr. 7Ui, fr. 17969, fr. 23364, fr. 23S93. L'auteur examine Irais jKiinls : i" droits des Anglais à la couronne de France ; â' droits particuliers des Anglais sur certaines provinces; H" rupture des trêves en 1*49, C'est une discussion de la loi SatiquG.ct un mémoire constatant les droits du roi sur la France et sur la Normandie, la Guyenne, le l'oilou, le Maine, l'Anjou, la Touraine.le Ponthieu. Il rappelle,pour la Guyenncque Charles V
Procédés écrits de négociatioiN, etc. 83
Quoique ces dissertations et démonstrations juridiques et historiques tiennent une certaine place dans la littérature diplomatique^ ou ne leur accordera qu'une médiocre attention, si Tons^en tient à l'influencé eflfective qu'elles exercent sur Tissue des négociations. Un soupçon de corruption s*est élevé contre les conseillers de Charles VIII, lorsque le traité de Barcelone, de 1492, rendit le Roussillon et laCerdagne à TEspagne après une argumentation d'apparence juridique*.
A la fin d'une négociation, Ton aboutit à des propositions d'arrangement, ou à une rupture : en cas d'arrangement, les écritures se transforment en projets ou articles de traité, que, d'abord, chacun élabore de son côté, et dans sa langue habituelle. On ne les met en latin que pour une rédaction sérieuse*. On se communique ces premiers projets. Ainsi, en 1509, les ambassadeurs d'Allemagne communiquent un projet de traité, en français, aux deux conseillers du roi délégués (Du
reçut, comme suzerain, Tappel des habitants contre le roi d* Angleterre. L*empereur étant venu en France et lui ayant fait part des doléances du roi d*Angieterre,Charlesy Tinvita à une séance publique du parlement où furent posées ses conclusions ; l'empereur déclara qu*il était bien joyeux de ce qu'il entendait, « pour en parler au vray partout ou besoing seroit. » Charles V envoya deux fois en Avignon au pape Clément VI pour cette matière. Les ambassadeurs d'Angleterre et de France furent ouis en consistoire ; rien ne fut trouvé à reprendre; « et linablement ne fut trouvé. . .aucune chose digne de répréhension. » De plus (discussion à noter), les Anglaisent fait tellement de mal : 1© que ces provinces devraient être confisquées ; 2o qu'elles devraient être prises comme dommages-intérêts; 3» ils ont fait une guerre injuste ; il était donc juste de leur résister et de prendre leur bien, jusqu'à ce qu'ils eussent droitement réparé l'offense. Tel est le droit, en la glose du Décret C* Dominus noster ; « et si est l'usage et commune observance de tous princes en tous les païs et contrées du monde depuis le temps des Romains jusques à présent. » D'ailleurs, les Anglais n*ont-ils pas eux-mêmes conquis des provinces, le pays de Galles, par exemple, et violé cent fois les règles qu'ils invoquent ? '
1) Mézeray.
2) LeU. de Louis XII, U, 85, ii3 et s.
LA blPLUMATlk AU ILHPS DE UACHUVtt -
et Roberfet), qui viennent les voir en leur logis '. la tournure favorable des négociations, il ne faut, :as, négliger aucune précaution, fiU ce l'enamen j document. Puis l'anibasBade en réfère, s'il y a lieu, .'ernement. Le? ambassadeurs de Flandre écrivent demi^dé au roi le double des articles de s^ proposiur a déjA donné trois textes, mais différents, qu'ils ru devoir envoyer : le roi promet d'arrêter le texte t de leur en faire remettre copie de suite. En attcnivoient les autres et demandent le secret jusqu'à ; communication '.
l'aboutit pas à un arrangement formel, ou que les lurg n'aient pas les pouvoirs nécessaires pour siermineront la négociation par un protocole résuord et concluant à sa transformation en instrument
le rupture, un souverain prend volontiers la parole, ner contre ses adversaires par voie'de proclamaîlus connue des manifestations de ce genre est le mitorium de Jules II contre les Vénitiens, imprimé
ittret de Louis XIl, 1, 190.
lit. delouùXII, n, 33.
10 5, orig. Deux très grandes Teuilles de parcliemin, cousues ■oie ; au dos : « (sta suni super facto Sicilie . » — Et : « Super iicccLxxv i>, mention sur le bord du revers, visible sur In rouscrit, — Noie, [wr Uems, en ialin, de 16 articles (chiffres indîe) sur parcliemin rayé, avec trois lignes de blanc entre chaque lant les conventions avec les ambassadeurs de Hongrie. Tilre : racionc regnonim et terrarum Sicilie, eic. lioneslius, utilius et ■S3e<]uenda |>er Illuslrissimum principemdi>"<><Karatum, etc., et mbassialores, etc , proloqutum et advisalum exlitil in Imnc ivenl les Articles. Le prolycole conclut à ce que les anAassais pouvoirs et qu'un congrus se tienne à Bi^névent pour con-
I 'i6i, manjl'oslc de Lnuis XI, à Ablicvillc, onposant ses gricr^ de Bretagne (Lelt.'de Loui» XI, II, 210).
^'CTr#'-»^ , , - . , ^ ^
PltOCÉDÉS ÉCRITS DE NÉGOCIATION, £TC. 85
àrépoque,''ct répandu par les soins du pape. Il va sans dire que ce genre de déclaration ultime est non-seulement écrit, mais répandu par rimprimerieetpar toutesles voies possibles.
On répand aussi des factumsjplus ou moins fougueux*. sL'historien ne doit lire qu'avec précaution les déclarations, manifestes, et notes officielles : au moins, devra-t-il consulter les contre-déclarations, contre -manifestes et contre-notes.
Négociations diverses.
Eu dehors de la pratique classique des négociations, les ambassadeurs sont appelés à remplir des missions très diverses et de toute nature, même des missions militaires. En
1475, les ambassadeurs de France ont à recevoir le connétable de Saint Pol des mains du duc de Bourgogne '. En 1503, M. de Trans, ambassadeur k Rome, passe sa vie en expéditions militaires. 11 va, avec vingt-cinq arbalétriers du pape, prendre possession de Bracciano au nom du roi ', il va à Gaete ; h son retour, en plein mois d*août, la fièvre Tarrôte à Portercole *.
L'envoyé peut, d'ailleurs, juger nécessaires à sa mission bien des démarches accessoires. Un ambassadeur, en Suisse^ sous prétexte de pèlerinage à iiinsiedeln, va sonder Tétat d'esprit des cantons orientaux ^
ABude, en 1500, pendant qu'on négocie une ligue contre
i) Curieux factum allemand contre la France, en forme de mémoire, tout rempli de citations classiques, en latin (1491. Le Glay, Négociations, ï, 1 et suiv.).— Long mémoire, en français,des griefs imputés h la France : « Pour dcmonstrerel faire entendre à ung chescun de quel sorte le roy de France et son armée a vescu... » (IS13. W., 1» 576).
2) Jean deRoye.
3) ISOS.Villari, Dispacci di A. Giustintan, II, 64. h) Id., II, 93.
S) i475.' D4p, de^amb. milamis, I, 73.
le Turc, Tainbassadeup turc joue un rôle actif. Il profite du départ du roi pour aller voir tous les principaux barons, et troubler la négociation *.
A Rome, les ambassadeurs jouent, pendant les conclaves, un rôle tout spécial. Ils préparent activement le conclave avec leurs cardinaux ; puis ils le gardent. Avant d'ouvrir le conclave de Pie III, en 1503, les cardinaux, réunis à la Minerve, appelèrent quatre ambassadeurs (de France, de Venise, de Tempère ur et d'Espagne), et leur demandèrent de procurer Téloignement des troupes françaises et espagnoles, des Colonna et des Orsini,du duc de Valentinois. Au bout de trois jours de discussion, on s'entendit sur les deux premiers points. Le duc de Valentinois fit ses conditions ; après bien des efibrts, on le décida à quitter Rome le 2 septembre, dans un palanquin. Pendant ce temps, on s'occupait aussi de l'élection. Comme chaque cour a ses préférences et ses exclusions, on devine que de menées, d'efiPorts, d'arrangements, d'alliances cachées se produisent dans un collège électoral si restreint *.
En temps ordinaire, l'occupation spéciale des ambassadeurs à Rome consiste â parler de temps en temps et à entendre parler des Turcs.
Le 11 mars 1500, les ambassadeurs sont tous convoqués au consistoire secret. Les ambassadeurs d'Allemagne, de France, d'Angleterre, de Naples, d'Espagne, de Venise, de Savoie, de Florence, s'y rendent. Le pape se plaint que son invitation aux princes chrétiens d'adresser des pouvoirs pour régler une action contre les Turcs demeure sans réponse et il réitère son avertissement '.
Tous les ans^ le 29 juin, l'ambassadeur de Naples doit oiirir
1) Juillet-août 1500 (Sanuto, III, 596).
2) Petrucelli dcUa Gattina, Hist. des Conclaves, I, p. 440 et s.
3) Burchardi Diariurtif III, 24.
PROCÉDÉS ÉCRITg DE NÉGOCIATION, ETC. 87
au pape, dans la cour des écuries du Vatican, une baquenée blanche, en signe de tribut féodal, au nom de son roi. LV rateur de Naples, en présentant le cheval au pape, prononce un petit discours ^ Le pape répond : « Nous acceptons, aux termes de Tinvestiture concédée. »
Cette cérémonie inoffensive et pittoresque constitue, pendant quelques années, une vraie difficulté pour le chef de Tambassade française '.
En 1500. Tévêque de Tréguier, orateur de France, intervient et fait ses réserves, en ajoutant que, quand le roi possédera son royaume de Naples, il fera au pape bien d'autres offres. Le pape sourit, sans répondre. Il fait signe de la main à T ambassadeur de Naples et lui dit de garder le silence, qu'il n'y a pas besoin de réponse V
En 1505, les ambassadeurs d'Espagne et de France veulent tous deux présenter la haquenée * : on craint un éclat, un scandale : le pape ordonne de ne laisser pénétrer au Vatican que les deux ambassadeurs avec leurs haquenées réciproques et une suite de quatre personnes à pied. L'ambassadeur d'Espagne, homme violent et sans tact, pour arriver le premier, attache sa bote entre les deux portes par lesquelles devait arriver le pape. Personne ne peut lui faire quitter ce poste, si bien que le pape prend le parti de rentrer dans ses appartements par un escalier éloigné, et envoie le cardinal Riario recevoir le double hommage sous toutes réserves ; l'espagnol lut alors
1)firef discours de Tambassadeur de Naples^ pour Toffre du palefroi, au nom du roi catholique en 1506, transcrit par Paris de Grassis [lat. 5164, fo* 374 vo, 375 vo).
2) A Toblation du cheval de Naples, en i499, le pape ne se présente pas et les cardinaux répondent n'avoir aucun pouvoir pour accepter (Burchardi Diarium, 11, o45).
3) Burchnrdi Diarium, III, 65.
4) Louis XII avait conquis Naples, puis l'avait perdu.
bassade, il se produira une grande affluence de personnes qui apporteront « des larmes infinies et très cordiales ; » il n'y aura qu'une voix pour dire que la lumière du monde s'est éteinte*. Le 11 décembre 1303, le bruit de la mort de Louis XII court à Venise : le résident se présente à la seigneurie en pleurant».
L'ambassadeur porte le deuil, pendant tout le temps que sa cour est en deuil*. Par contre, il ne célébrera qu'avec une joie discrète les succès de son pays *.
Il veille, avec un soin jaloux, à ne pas laisser insulter sa nation.Le 23 septembre 1301, aux obsèques du doge de Venise Aug. Barbadico, le conseiller qui fait l'oraison funèbre dit que Charles VIII était venu eiï Italie «par cupidité.» Accurse Mainier, résident de France, s'écrie tout haut : « Tu mentiris. » On défend aussitôt l'impression et la publication de Toraison funèbre '.
Le jour des rameaux 1501, à San Salvador de Venise, le prédicateur fait des prédicti/)ns à la Savonarole : il dit que l'Italie sera déchirée en 1505, que les Français seront battus
J) Dép. de Rome, i8 mars 1466 (Archivio Slbrzesco).
2) Sanulo, V, 519.
3) Sanuto, Spedizione, 219. L'ambassadeur d'Espagne apprend par le conseil de Venise la mort de sa rçine. 11 a un profond chagrin (13 déc. 1504. Sanuto YI, III). 11 prend le plus grand deuil, et, deux jours après, va au conseil, où il prononce une sorte d'oraison funèbre de sa souveraine {Id., 113).
4)£n 1488, en pleine guerre avec la Bretagne, Charles VIII a près de lui un ambassadeur breton, Guillaume Géguen, archidiacre de Pcnthièvre, et il accréditait lui-même à Nantes un capitaine. Dans cette situation difficile, Guégueneut le tort délaisser éclater sa joie des succès des Bretons, on ne tanla pas à lui rendre la pareille ; ce qui ne rendit pas l'atmosphère très diplomatique (Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne^ IL 129).
5) Sanuto, IV, 113. L'ambassadeur de France se plaint à la seigneurie que, la veille au soir, devant sa maison, on a chanté des chansons anti-françaises, dont le refrain était : È rôti Francesi,.. Le conseil se montre fort sensible; il mande aussitôt les avogadori et Ton promet une très forte prime à qui indiquera ou fera prendre les coupables (22 janvier 1S04. Sanuto, V, 742).
tA DIPLOMATIE AU TEMPS DE MACHIAVEL
iHcaneXe coneell deii Dix lui défend l'accès de la chaire,'
L demande de l'anibaBBade de France '.
!8t évident pourtant que le gouvernement devra se réser-
lut droit d'apprécier et de contrôler la réclamation d'un
saadeur.
iivoyé du pape à Venise se plaint de voir rendre dans une
]ue un pamphlet contre le pape ; de l'enquâte aussitôt
inée par le doge et le conseil, il résulte que ce pamphlet
1 dialogue, de la Mort et du pape, déjà ancien, et qui
même la marque d'un imprimeur de Rome *, he résident ■ance se plaint qu'un courrier récemment revenu d'Es- ) tienne des propos contraires à son maître ; le conseil e de ne pas s'attacher à des racontars sans valeur. '. tre cette police politique générale, le résident prend nnellement en main toutes les affaires spéciales de son et de ses nationaux.
résident de France à Venise présente deux lettres de •al Prégent, réclamant la restitution du dommage causé \ galères qui ont échoué à Otrante l'année précédente *.
résident protège ses nationaux qui viennent chercher le; par exemple, quelque brave chevalier errant, en
d'un engagement'.
1 éiait bien moins tolérant en Italie qu'en France. En 1S09, un moine it à Gânescn faveur de Venise ; les Katiens s'imaginëient de suite que nç.ii s allaient le tuer (Sanulo, VIII, TS). En nov. 1509, en pleine guerre roi des Romains, le conseil des X de Venise fait saisir une chanson làe, offensante pour le roi, qu'on débile pour un beio l'una. Uais il rendre une chanson contre le duc de Ferrare, allié de Venise, et son Hlion (Sanulo, IX, 335).
inuto, IV, II.
I nov. 1500. Sanulo, m, 1112.
)v. 150S. Sanule, IV, 489.
ov. 1503. Sanulo, V. 403.
titre de Commincs à Laurent de Médicis, lui recommandant au nom du duc de Bourbon, de seigneurs et de dames, deux chevaliers qui vont
Il s'occupe, sans cesse, d'affaires privées courantes de ses nationaux : réclamations d'un commerçant, ou autres K II les présente en personne '.
Le résident de France vient à la seigneurie de Venise, avec des marchands milanais, qui se plaignent d'une attaque contre un marchand milanais, à la porte d'une hôtellerie, pr^s de Brescia'.... Il apporte xme plainte relative à des incidents de frontière : le doge lui répond qu'elle émane de contrebandiers dont on gêne le commerce. « S'il en est ainsi, Votre Sérénité a raison », déclare le résident \ L'envoyé de Marguerite d'Autriche présente à Louis XII des lettres de sa souveraine, relatives à des revendications privées : le roi lui dit qu'il a déjà la tête fendue par les affaires de guerre, qu'il n'entend rien à celles-là, et le prie de porter ses lettres au chancelier çt au général Hurault *.
Un ambassadeur peut même recourir aux bons offices du gouvernement pour transmettre la réclamation d'un de ses nationaux locaux contre un autre gouvernement ^
là-bas chercher « quelque bon el honnourable parti » (1479. Benoist, Lettres de Commines, p. 12).
1) Ou — vice versa — , il sera saisi de réclamations privées. V. une note remise en Allemagne aux ambassadeurs de France, pour le trésorier Robertet» sur ce qui est dû par le roi de France à Robert Ruffin, maître de rartillerie du roi des Romains. Pierre Michel Ruffin, père et de cujus de Robert, était bourgeois d'Arras quand le feu roi Louis..(XI) prit cette ville et emprunta aux bourgeois 47.000 écus d'or, dont Michel paya pour sa part 1300. Le roi a tout fait rembourser, sauf à Ruffin. La qualité de maître de l'artillerie du roi des Romains ne doit pas empêcher que le roi lui rende ce qui lui est dû (Fr, 2931, P>20).
2> Sanuto, lU, passim ; et not. V, 282.
3) 8 mars 1504. Sanuto, V, 9S4.
4) 9 déc. 1503. Sanuto, V, 509.
5) 1512. Lettres de Louis Xfl III, 209.
6) L'ambassadeur de France à Venise demande à la seigneurie de communiquer à l'ambassadeur espagnol une réclamation (pour un marchand dépouillé par les Espagnols). 10 janv. 1503 (Sanuto, IV, 598).
Parfois, le résident soulagera la misère de nationaux et aidera à leur rapatriement*, ou fera une avance à un ami de son pays '. Dans ces cas très exceptionnels, il réclame ù la chancellerie le remboursement de sa dépense.
Conferefices.
Jusqu'à présent, nous n'avons parlé que des audiences et de Faction isolée de Tambassadeur ou des ambassadeurs. Dans bien des cas, les ambassadeurs prendront pai*t à des réunions ou conférences. Les réunions sont de quatre catégories : 1° réunions officielles de toutes les ambassades ; 2<^ conférences sur place avec les délégués du prince ; 3* conférences avec certains autres ambassadeurs ; 4® conférences spéciales ou congrès.
P Les réunions officielles de toutes les ambassades ne présentent généralement qu'un caractère d'apparat et de solennité. Elles sont surtout usitées à Rome. Un mafin, Alexandre VI reçoit de bonnes nouvelles de son fils, il envoie aussitôt des palefreniers convoquer les ambassadeurs au Vatican ; entouré d'une foule de cardinaux et des ambassadeurs déjà présents, il fait lire les nouvelles à ceux qui arrivent ^
Pour une démonstration énergique, le pape peut convoquer tous les ambassadeurs, y compris fceux dont il se plaint,
l ) tSdéc. 1504. Copie d'un reçu de 100 écus soleil, pour remboursement de secours donnés à des pauvres gentilshommes et g^s de guerre revenant de Nap!es,« pour leur aider à vivre et h se retirer par deçà », par Robert (Guibé), cardinal, évoque de Nantes, ex-6v6que de Rennes, ambassadeur et procureur du roi en cour de Rome (Fr. 20978, fo iâi).
:2) Plessisdu Parc, 9 mai 1491. Mandement de Charles VIII aux généraux, de o X) écus d'or dus à Louis de MarraOn, comme paiement d'un voyage qu'il va faire à Lécluse,el comme remboursement de 400 écus, empruntés à l'église St-Martin de Tours pour avancer à la marquise de Saluées quand il avait charge « de nous » en ce pays (orig. fr. Î20977, f» 42S).
3) 24 juin 1502 {Dispaecidi Giustinian, \, 33).
PflOCÉDÉS ÉCRITS DIS NÉGOCtATlON, ETC. 93
et formuler nettement ses plaintes : puis envoyer à chacun des ambassadeurs des brefs conformes à son discours*.
Dès que Louis XII eut écrit à Venise, en 1500, de congédier les ambassadeurs turcs, qui voulaient venir en France, et de ne laisser passer que les envoyés de Rhodes, la seigneurie convoque tous les ambassadeurs (ceux du pape, de France, de Xaples, de Ferrare, d'Urbin, de Rimini, de Faenza, de Rhodes^ le commandeur de Chypre, deux prieure) : le doge annonce solennellement la décision du roi ; l'ambassadeur de France fait lire la lettre royale, rappelle, dans un discours, le caractère très chrétien des rois français, et invite dans ce sens les envoyés de Rhodes à continuer leur route. Le premier orateur de Rhodes était un français, fier et vif: il répondit énergiquement; une scène très-pénible se produisit entre lui, le doge et lambassadeur de France : on le traita d' « homme du diable », d* «ami des Turcs* ». Les autres ambassadeurs prirent tour à tour la parole, pour approuver en termes assez banaux le refus opposé au Turc, même Pambassadeyr de Naples*.
i) Machiavel., dép. de Rome, 21 novembre i503.
2) 18 août 1500 (Sanuto. lU, 647). Après la séance, l'altercation continua : Torateur de France se plaignit que les Rhodiens l'accusassent d'avoir dit que le prieur d'Auvergne (frère du cardinal d'Amboise) méritait d'avoir le cou coupé, que l'ordre de Rhodes était composé de mauvais hommes : on avait mat interprété une simple plaisanterie. Le doge intervint fort rudement et chassa les ambassadeurs de Rhodes avec force vilenies. On décide de donner aux ambassadeurs turcs copie de la lettre du roi» sans autre écrit (Id,i 648).
3) En 1510, aux conférence» de Tata, contre Venise, les ambassadeurs se présentèrent tous ensemble aux magnats et magistrats hongrois (sauf seulement les ambassadeurs alliés) : on entendit le légat du Saint Siège, De Grassis, qui prononça une harangue enflammée pour exciter les Etats à la guerre contre les infîdèles,qui promit tous les secours possibles et invita la Hongrie à procurer une entente entre l'empereur et la république. Dans l'après midi, on entendit l'ambassadeur dePemperfur et celui du roi de France Hélien, lequel parla, pendant deux heures, sur un ton violent* Il traita les Vé-
9i LA DIPLOMATIE AU TEMPS DE HACIIIAVKL
3" Les conférences avec les délégués du roi sont de pratique usuelle pour les ambassades spéciales.
Ce n'est pas le chancelier qui suit les négociations. On négocie avec le ministre dirigeant, assisté de certains membres du conseil, délégués par suite d une compétence spéciale: sous Louis XII, ordinairement avec le cardinal d'Amboise, seul, ou assisté du maréclial de Gié, de Robertet ', En 1312', André Gritti confère pendant trois heures avec Robertet, assisté des principaux membres du conseil : l'évéque de Paris, M. du Bouchage, le bailli d'Amiens *. Il est bien rare que le roi se réserve la direction réelle des négociations. Ainsi, en 1478, Louis XI ordonne d'adresser tout ce qui arrive au sire de Commines, qui le lui transmet ; il ne voit ua ambassadeur, qu'en cas de faits tréa importants*. Commiues mande chez lui l'ambassadeur de Florence, en s'excusant, sur ses occupations, de ne pas aller le trouver'.
Le projet de paix avec l'Espagne, en 1504 ', est traité seulement par le roi, la reine, M. de Nemours (Gié) et Robertet. On a écrit au cardinal d'Amboise de revenir au plus vite.
njticns de i tyrans, imrjures, houliqtliers rapacM, comêiliens, rennrds. « 11 ntconln comment la n-publiquc avait trompé, tour à tour, le roi de France et le [>ape, comment, a!>anilunn<'^c de totit ie momie, elle appliquait le principe du FUfUre si nequeo 6uperoi, Achtroiila movebo, en sollicitant le secours de» Turcs. Il exposa que les Vénitiens avnicnl usurpt la Dalmatie contre le droit des gens, en infligeant k la Hongrie des perles sensibles. Il invita les Etats à ne pas laissor é;-'iiipiHT o;llo cncellenle occasion de revendiquer leur province ; le roi de France, lu roi d'Espagne, le duc de Ferrure, mettraient à la dis|iosition de la Hongrie une force navale de trente-quatre navires et môme davanla^'o etc. (Fralinoï,d'aprâs les dépêches de Pasqutligo). f ) En lofO, Machiavel avec Robertet et réTe<[ue de Paris (Dép. da 30-31 août).
3) Desjardins, 11, 9^. Sanulo, V, 980.
3)Dép. d'A. Grilli, t«f déc. (SI2(A. de Venise).
4) Kervyn, Lettres et Négociations, lU, 65, o)Kervyn, ouvr. cit., 111, 34.
6J Janvier 1504 (Saanto, V, 664).
i^BOCÉDÉS ÉCRITS t)E NÉGOCIATION, ETC. 98
Il en est de même dans les autres monarchies *, sauf à Rome**
A la suite des conférences, le conseil du roi délibère et décide *.
3* Les conférences entre ambassadeurs ont pour but de préparer un projet d'alliance ou un renouvellement*, ou surtout d^arrêter une action collective, par suite d'une entente préalable '. C'est ainsi que, dans les difficiles négociations de Rome en 1479, les ambassadeurs français se concertent avec les
1) Le roi deUongric délègue quatre personnes pour traiter avec les ambassadeurs de Venise l'affaire de la ligue : parmi eux, l'évêque de Strigonie, aller rex lioOO- Sanuto, IH, 239, 586). La négociation de 1445 à Londres est suivie entre le cardinal d'Yorck et Tarchevôque de Reims (Fr.3884,fo 182,vo). Cf. Pouvoir d'Henri VIII à ses délégués d'accepter les propositions fran* çaiscs (Westminster, 18 août 1514. J. 920,5).
2) En 1511, Jules 11, ayant, après l'audience solennelle, délégué trois cardinaux pour traiter avec l'ambassadeur d'Allemagne Math. Lang, évoque de Gûrck, l'allemand s'en trouve blessé, et désigne trois de ses gentilshommes pour négocier avec eux (Wicquefort, Mémoires. .., p. 400).
3) Arrêt du conseil sur les demandes des plénipotentiaires anglais (22 juillet 1400. Douet d'Arcq, Choix de pièces, h 182). Conseil du roi où est résolue la guerre avec l'Angleterre (31 déc. 1409. /rf., I, 322). Procès-verbal des opinions des princes du sang, sur la soustraction du royaume à l'obédience de Benoit XIU (1396. Id.', 1, 142).
4) Conférences des ambassadeurs de Milan avec l'ambassadeur de France à Florence, pour le projet de renouvellement des alliances (1478. Kervyn, Lettres et négociations, ÎIl, 16). Raoul de Raineval, chambellan, est envoyé en ambassade en Picardie, k en ,la compaignie » de l'évoque de Bayeux, M. de Saint Pol et autres, pour congrès avec « les messages de noslrc adversaire » (1390. Fr. 20590, no« 24, 25).
5; V. Desjardins, II, 281, 387, 419. Un mode occulte, et frès rare, de procéder, consiste à" se faire secrètement prêter l'îigent d'un autre gouvernement. Ainsi, Charles Vlllagit secrètement en Allemagne par l'envoyé de l'évêque de Sion, avec qui il correspond directement (Lettre de l'évêque au roi, pour lui envoyer des nouvelles d'Allemagne et lui demander des bénéfices. Fr. 15541 , 139. — Lettre du roi à l'évêque pour le remercier de se» renseignements et de ce qu'il commet près de la diète un agent. Ibid,, 138. — Lettre de Charles VIII à cet agent lui-môme. lbid,y 139. — Dépêche de cet agent à Charles VUI. Ibid.,i66).
LA DIPLOMATrK AU TïMPS DE .MACHIAVEL
isadeurs de la ligue italienne sur le langage à tenir à ;nce du pape'. Peu après, arrive un ambassadeur ;leterre, et le roi Louis XI emploie alors, assez adroitel'action collective, non pas pour renforcer les démarde sa diplomatie, mais pour préparer sa retraite. Il ï à son ambassade une lettre pour annoncer l'entrée ;ène de l'Angleterre, et une instruction qui prescrit ndre honneur à l'envoyé anglais, de s'entendre avec le l'aider, de ne pas quitter Rome sans avoir reçu lonse sur le succès de ses démarches ; Louis se déclare, l'Angleterre, « tout un » : ses ambassadeurs (couverts 'arrivée de l'envoyé anglais) se borneront désormais ooser une simple trêve entre Rome, Milan et Florence, le Roy n'entend autrement y besongner', » A l'inverse tte entente trompeuse, citons les conférences des ambassades puissances signataires de la trêve de Cambrai, en pour déterminer le plan des opérations à suivre contre le. Ces conférences se tiennent chez le cardinal d'Am- , à Bloïs d'abord, puis dans son château personnel de m. Elles durent de janvier au milieu de mars ; elles sont 'tes par un discours du chancelier'. Les conférences îct aussi se tenir au logis de la principale ambassade •. as un cas embarrassant et dif^cile, les ambassadeurs jident la remise au lendemain de la conférence ; ils se con-' it, méditent leurs instructions, préparent leur réponse, indemain, ils entament la discussion « aussi gracieuseque possible* n.
Smars({4T9).Ms.lat. 11883.
cUrc, des Forces, 14 mars, signée Loy». Inslruclion du 16 mars iïlii-
Dée par BofTile de Juge, u ex mandalod. Régis» (lat. 11803).
esjardins. II, 456, 468, 477, 479.
istr. de 1480 (Fr. 3884, f" 311 v).
SOS. Lettres de Louis XII, I, 2d, 36.
Les conférences diplomatiques présentent le grave inconvénient d'ébruiter nécessairement leur objet; cependant la ligne entre les puissances italiennes, ainsi conclue par des conférences à Venise contre la France et sous les yeux deTambassadeurde France, reste un mémorable exemple de secret bien gardé *. Il est vrai que les conférences avaient lieu la nuit, et seulement entre les secrétaires des ambassades ; les ambassadeurs affectaient de ne rien savoir, même de demander à Commines, Fambassadeur de France, des renseignements les uns sur les autres. Commines, en dépit de leurs serments, apprit quelques détails à prix d'argent. Il vint à la seigneurie réclamer des explications ; le doge lui répondit si tranquille^ înent, en souriant, avec tant de bonbomie, de tous les cancans qui se donnent carrière dans une ville libre, que Commines cmi à son démenti*.
4° Les yowrn^e^ sont des réunions officielles, à jour fixe, pour régler à Tamiable une affaire spécifiée*. Parfois ces journées s'improvisent, se tiennent en secret dans quelque petit village et aboutissent rapidement*. Mais ce phénomène se produit très rarement. En général, la journée est un congrès solennel et fastueux ', préparé longtemps d'avance, et où figU-
1) Bembo, Eist, ven., p. 36.
2) Mémoires, II, 415-416.
3) On appelle même yot/rne^, par extension, Tensemble d'une négociation! « toute celle journée que en Ëspaingne^ que en Pourtugal ils seroint » (James Gairdner, Historia régis Henrici septimi, p. 200;.
4) Conférences de 1473, entre la France et TAngleterre (Commines, 1. vi, C. vu). Les ennemis de Louis XI déclarent que • Dio ha misso la mane » (Dép, des ambass. milanais ^ I, 208).
5) La négociation de la paix d'Arras dure trois mois. Par suite de la présence de nombreux princes et grands seigneurs, il fallut de grandes chères, de grandes fêtes, des joutes, des luttes... (01. de la Marche, I, 205).Mandement de 3.000 fr. d'or au duc deBerry, pour être venu avec ses gens à la. journée pour la paix, avec le roi d'Angleterre, « nostre adversaire » (16 juillet 1384. Ms. fr. 30590, 19).
98 LA DIPLOMATIE Ail TElffS DE UACHtlVIt
rent des ambassadeurs de puissances tierces, constituant une sorte de tribunal ou du moins un aréopage de médiation. L'on y produit des arguments juridiques, des pièces'. C'est ainsi qu'en 1490 se réunît a Avignon, territoire pontifical neutre, un congrès pour examiner les droits des divers prétendants sur la Bretagne *. Le chroniqueur Jean de Roye appelle les conférences de Senlis en 1473 « ung grand Conseil » ordonné. La journée peut aussi avoir pour but les projets de croisade ; dans tous les cas,la présence d'un légat y fait bien '. Le princîcipal but des congrès est d'enterrer les questions difficiles où l'on ne veut pas de guerre. 11 en sortdes protocoles, rarement autre chose *.
L'instruction pour une journée mentionne la date de cette journée*. Si un retard s'impose, l'on en convient par lettres directes entre les parties *, Quand un prince doit s'y rendre, les ambassadeurs le précéderont.
La mise en train d'une journée offre des difficultés sans nombre. Un commence par s'attendre les uns les autres \
1) Orléans, 31 mars (14S0) : Ordre d'eilraire l'arrêt du 7 sept. UJf, adjugeant le duché de Bretagne à Cliarles de Blois contre Jean de Montfort, pour l'envoyer b la journét d'Avignon, conrornftmenl au traité de Francfort (X'» 9330, 79).
2) Dupuy, Histoire de la réunion de la Bretagne, II, iW.
3) Avis baillés |>ar a la Majesté impériale » pour le projet de croisade (14S4. Ha. fr. IS79, fo 173). Réponse du duc de Bourgogne, à l^ journée de Regentbourg (Ratisbonnc), « aux anibaxeurs de l'empereur n, en présence du légat du pape et des ambasseurs des princes etc. (id., (* 180 v*).
4.) Deux cardinaux de Benoit XII obtiennent la réunion d'une conférence b Valencicnnes, pour travaillera la paix entre la France et l'Angleterre. Grandes félcs et joules ojfertes aux ambassadeurs anglais. Les envoyés français ne paraissent pas (1337. Froissart, édition Luce^Ii 371 et suiv,).
5) Inslruclioit aux ambassadeurs envoyés à Melt (janvier 1479-1480. Fr. 3884, t>>311).
6) Lettre missive du roi Jean à la comtesse de Hainaut, la priant de différer la conférence de Cambrai (13a3. Carlulaire det cumtes de Hainaut, t. 1, p. 361j.
7) Lettre des envoyés de Berne et de Fribourg, à Du Bouchage, du 13 fév-
PROCÉDÉS ÉCRITS DE MÉGÛClATlON, ETC. 99
Sous Charles YIII, on essaya, de régler les difficultés de la Savoie et de Salaces par des journées à Pont-de-Beauvoisin, c'esi-à-dire à la frontière. Après bien des efforts, ces journées avortèrent. Enfin, le duc de Savoie accepta ; aussitôt, le roi de France constate, par un protocole du 20 août 1487, cette soumission, et la décision commune que « la journée, autreffoiz mise sus au Pont de Beauvoisin touchant ee différend », sera reprise le 25 septembre suivant : le protocole énumère les commissaires désignés de part et d'autre *, la plupart magistrats, et trace le programme du congrès, ou, pour mieux dire, de l'arbitrage. En cas d'empêchement, les commissaires seront remplacés : ils verront « bien et justement, selon Dieu et leurs consciences » tout le dossier, et feront leur rapport à quatre autres notables hommes, savoir deux chevaliers et deux* jurisconsultes commis par le roi et le duc, qui prononceront avant la fin de novembre. Ils prêteront serment d'agir bien et /oyaz/m^n/, sans faveur ni dissimula^ tion. En attendant. Saluées (objet du litige) seraremis en garde au sire de Beaujeu. Cet acte est signé par les ambassadeurs de Savoie, d'une part, et de Tautre, par un secrétaire royal, d'ordre du roi, comme un protocole, non comme un compromis. Quant à la nomination des arbitres prévus, elle eut lieu par simples patentes, en français, sur parchemin,
1487-4488 (Mandrot, Ymbert de Baiarnay.p. 246), demandant, en français, si le roi envoie de Ghambéry quelqu'un à Pont-de-Beauvoisin| « car nostre demourance ne sera pas longue; » dans ce ca?, ils attendraient. Ils se déclarent envoyés par leurs villes, à qui ils ont rapporté la bonne volonté du roi.
i) Pour le roi, Thibaut Baillet, président au parlement de Paris, Jean Boucharl, Et. Poncher, conseillers, Jean Sarrat, conseiller k Toulouse. Pour le doc, André de Maluanda, vicaire de Genève, Phil. Chevrier, président de Ghambéry, Jacquemin de Saint Georges cl Antoine Poncilloui conseillers ducaux (Mandrot^ Ymbert de Batarnay^ p. 342).
100 LA mptX)HATIE AD TEMPS DE MACHIAVLL
résumant brièvement l'état de l'affaire et consentant, en outre, k la prorogation des détais convenus '.
Une journée se termine par la rédaction d'un instrument notarié, ou d'un simple protocole, ou même d'un simple procès-verbal unilatéral. Le procès-verbal de la conférence tenue à Mantes, entre les ambassadeurs de France et le roi d'Angleterre, les 26 et 27 octobre 1419, est écrit au recto de deux fenillets de papier in-folio, qui paraissent avoir été plies en quatre dans leur longueur, puis repliés en quatre dans leur largeur. Au dos, on trouve, de la même écriture, cette mention ; 11 Procès-verbal n. C'est un résumé, concis, eu français, chronologique, sans aucune date ni formule finale, signé des trois ambassadeurs français, et rédigé à la troisième personne : « Jeudi XXVI" jour d'octobre l'an mil CCCCXIX, les ambaxades du Roy nostre sire «nvoiez... Le Roy (d'Angleterre) par sa boucbe dist..,. » Ce procès-verbal constate une simple déclaration ; le roi d'Angleterre déclare qu'il a entendu bien des langages, et que si le duc de Bourgogne « contendoit <> à la couronne, il lui ferait la guerre jusqu'à ta mort '.
L'intervention des neutres bous forme de congrès n'existe guère encore, comme nous l'avons dit, que sous une forme rudimentaire et ineffîc&ce. Il n'y a de médiation qualifiée que celle qui s'exerce au nom d'un pouvoir supérieur. Le suzerain peut intervenir entre les cours inférieures. En 1469, le duc de Bourgogne fait mine d'intervenir dans un différend entre te duc de Bourbon et Philippe de Savoie, pour le comté de Bresse. Il envoie Jean d'Arson annoncer au duc l'arrivée du président du parlement de Bourgogne « pour pacifier ledifférend.» D'Arson portait également une lettre au roi. Louis XI décline l'offre, en répondant que le duc de Bourbonàpris une journée!
4)0rig.,ms. fr. 2919, f-9ftfs.
2) Orig., ms. Moreau, 1423, n* 89.
pour régler rafiïaire, et qu'il nest pas question de guerre : € N'en oymes oncques parler, ne n'y en a point d'apparence, ainsi que ledit Jehan d'Arson l'a peu veolr. Et quant l'eussions sceu, nous l'eussions empesché * ». Le duc de Bourbon décline courtoisement aussi l'intervention en ces termes : Le roi a renvoyé d'Arson, et ordonné une « journée » pour arranger l'aifaireamiablement. « S'il vous plaisoit envoler à la dite journée aucuns de par vous pour ouyr desdits desbatz, la chose n'en pourroit que mieulx valoir d'ung costé ne d'autre. » On vous a rapporté que je voulais agir par voie de guerre et de fait: « Je vous asseure, mon frère, que n'y pensé oncques^ , ne n'euz volonté de le faire, ne mondit seigneur le Roy ne m'en parla jamais . »
La médiation directe se présente d'ordinaire comme un bon office sollicité par une des parties, soit en temps de guerre', soit en vue d'une affaire spéciale *. Elle est très fréquente sous cette forme.
1) Si quelque chose peut vous ôtrc agréable, ajoute-t-il par courtoisie, nous le ferons de bon cœur. — Orig. sur papier, iS novembre (1469): Ms. Moreau 1426, no 176.
â) 15 novembre 1469. Orig. sur papier; ms. Moreau, 14âi>, no 175.
3) Un secrétaire de Ferrare vient à Venise s'entremettre entre Venise et Florence (Buonnaccorsi, Diario, p. 16). L'ambassadeur espagnol offre à la seigneurie de Venise sa médiation entre le pape et Venise. On le remercie ; on dit qu'on verra (26 février 1504. Sanuto, V. 899). Cf. Desjardins, II, 103.
4) Louis XI, briguant pour son fils la main de la fille du roi de Naples qui a 300,000 ducats de dot. prie instamment Laurent de Médicis de lui servir d'intermédiaire (Roscoê, édit. française, L 182). Ferdinand de Naples charge son ambassadeur d'intéresser le roi de France au mariage de Gliarlotte d'Âragon (élevée à la cour de France) avec le roi d'Kcosse, et de |)ersuader le roi que son honneur y est engagé- Une lettre particulière du même jour avise l'ambassadeur de ne dire au roi que ce qui pourrait ne pas lui déplaire (Trinchcra, Codt'ce Aragoneseyi, II, p. ii, p. 28, 32). Lettre de recommandation de Thomas deCampo Fregoso (ami de Florence) aux Florentins, en faveur de Jean Gnmaldi,qui va u praticare alcune cose cum la dicta M. S. V. » (1425. Saige, Documents, I, 51). Intervention des ambassadeurs de Bourgogne en faveur de M. d'Alençon (Fr. 3952, n*' 2, 3). Une ambassade de Danemark vient demander à Louis XII son intervention, pour empêcher la guerre des Frisons et Austrelins coptre lui, dans la pensée que l'autorité de la France leur fera
i09 U DIPLOUATIB ACJ TEMPS DE MACHIAVEL
Vis-à-vis d'une puissance supérieure, elle prend quelquefois une tournure de protection ^
Quant au principe de l'arbitrage pour la solution des difficultés internationales, de tout temps il a été posé et Ton a cherché à le faire pénétrer dans la pratique. Des patentes du roi de France, du 17 juin 1304, promulguent un pacte d'arbitrage permanent avec le comte de Hainaut, pour tous les cas douteux dans les dépendances de Tempire en France ou en Hainau^; ces cas seront jugés par quatre arbitres au choix des deux gouvernements '. Quelques années plus tard, loar un mand ement du 16 octobre 1311, le roi prononce la saisie des biens du comte Jean de Namur, de Gérard et Hugues de Sotenghien, qui avaient garanti, au nom du comte de Hainaut^ l'exécution d'une sentence arbitrale rendue entre les comtes de Flandre et de Hainaut V Mais cette pratique ne fit aucun progrès, au contraire : les grandes guerres du XIV* et du XV* siècles reléguèrent de plus en plus les idées d'arbitrage dans le domaine de l'idéal. Les lettrés, les philosophes seuls continjièrent à y attacher une grande importance. Erasme recommande aux princes de ne jamais engager la guerre d'un cœur léger et de chercher toujours un arbitrage préalable * : en 1464, Malatesta Novello, seigneur de Cesena, plus philosophe que prince, écrit à Côme le Vieux qu'au lieu d'en
accepter des conditions raisonnables de paix (Seyssel, Hist. du roy Loys Xlh, p. 24 vo). Dans l'affaire de Saluées (1487), l'archevêque d*Auch (François de Savoie), l'ambassadeur de Milan, celui de Fribourg, sejoignent aux deux ambassadeurs de Savoie pour obtenir un règlement amiable (Mandrot, ouvr. cité, p. 342). Louis, dauphin, reçoit des lettres du roi, parles ambassadeurs de Bourgogne (Lettres de Louis XI, I, n® xc).
1) Sollicitations du duc de Savoie à la cour d'Angleterre pour obtenir protection et bons offices (1500. Bianchi, Materie politiche, p. 90). Cf. Buonnaccorsi, Diario, p. 47.
2) Trésorerie des chartes des comtes de Hainaut, Cartulaire des comtes Jean et Guillaume d'Avesnes, f» 106 vo.
3) Tournai, 16 octobre 1311. Même fonds.
4) InstitutioprincipisChristiani, § De bello suscipiendo.
venir aux mains avec le seigneur de Forli, il a pris pour arbitre le seigneur de Modène, et il demande un S^- Jérôme, un Silius Italiens *.
La seule action internationale encore possible à exercer au commencement du XVÎ" siècle est la médiation papale *, et elle a perdu son efficacité depuis que les derniers papes se sont eux-mêmes jetés dans la mêlée '. Par une loi de juste réciprocité, on vit les princes chrétiens exercer au contraire leur médiation à Rome dans les démêlés du pape aveo eertainsde ses voisins \
i) Yriarte, Rimini,^, 3i6.
2) En 4479, les Suisses, gênés par leur rupture avec le Milanais, font propo« ser la paix par diverses personnes, notamment par le roi de France : Milan ao^ cepte. Le roi envoie un ambassadeur et veut que Milan en fasse autant. Après de longs mois de négociations, Milan agrée : io de donner aux Suisses une entière liberté de commerce en Lombardie jusqu'à Milan sans aucune taxe : 2o de faire désormais juger toutes difficultés entre les États ou entre particuliers des deux États par quatre arbitres, nommés par moitié par chaque partie, et élisant un cinquième arbitre en cas de partage. Milan veut que ce cinquième arbitre soit toujours le roi de France. Les Suisses refusent. Rupture. Milan fait supplier le pape d'intervenir par ambassade et monition pour obliger les Suisses à la paix (Dép. du S3nov. 1479. Archivio Sforzesco).
8) Instruction en latin de Jules II pour Tambassadeur d'Bcosse (médiateur) et son nonce en France, en vue de la paix avec la France (151 {• Lettres deLouisXUyUU^O).
4) Langage des ambassadeurs de France à Rome en 1479, notamment au consistoire du 13 février, où le pape les convoque. Sur l'invitation du pape, les ambassadeurs de l'empereur parlent; ils se plaignent qu'on \e\it fouler Tautorilé du pape: l'empereur soutiendra le pape et ne réclame pas de con-' cile. L'ambassadeur du prince Maximilien, qui nomme son maître » duc de Bourgogne », tient le même langage. Le chef de l'ambassade française répond que son roi est très-chrélien, et doit conserver ce rôle ; le pape le sait. On a communiqué toutes instructions, procurations, etc. Le roi ne demande le concile que pour unir les princes chrétiens contre les Turcs : si quelques-uns refusent, il se passera d'eux. Il est assuré déjà du consentement de plus des deux tiers de la religion chrétienne : Espagne et Aragon, Angleterre, Ecosse, Navarre, Roussillon, Provence, Dauphiné, Savoie, les ligues des puissances d'Italie, Allemagne et autres, a tous ses alliez et conféderez ». L'ambassadeur de France proteste aussi contre le titre de duc de Bourgogne. Du reste, tout le monde allègue, à l'unanimité, le désir de la paix. Réponse du pape (en latin)» transcrite (réponse à la note française relative à Florence). — Ms. lat. 11802.