‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 105 sur 133 · AMBITIONS AUTRICHIENNES · texte numérisé non relu

AMBITIONS AUTRICHIENNES

îait en 1909 et en 1913. \Il avait donc été donné une promesse qui permettait à Berchtold de compter sur cette attitude nouvelle.

Plus tard, après que la Serbie n'eut pas accepté toutes les demandes contenues dans la note de l'Autriche, celle-ci, pour calmer les craintes des autres puissances (en particulier de la Russie), déclarera à partir du 26 juillet « qu'elle ne visait aucun gain territorial en Serbie » [Coll. Doc, 407), « qu'elle n'avait aucune idée de conquête, mais désirait seulement obtenir la paix sur ses frontières (assurance qui calma beaucoup Sazonov) » [AIL, exh. 5), « qu'elle respecterait l'intégrité de son territoire » [Angl., 57, 59, 62) et « qu'elle n'enfreindrait pas sur sa souveraineté » [Autr., 50). Mais ces assurances, données à la Russie, à la France et à l'Angleterre, n'étaient • qu'une nouvelle preuve de la fourberie du Cabinet autrichien. Avec l'Italie^ qu'il espérait trouver à ses côtés, il fut plus franc : le 28 juillet, le comte Berchtold déclare au duc d'Avarna ^quHl n était disposé à prendre aucun engagement relativement à la conduite éventuelle de V Autriche en cas [de conflit avec 2a Serbie et le 30 juillet, M. de Merey, ambassadeur d'Autriche, avouera au marquis de San Giuliano « que l'Autriche ne pouvait pas faire de déclaration l'engageant sur ce point parce qu'elle ne pouvait pas prévoir si, pendant la guerre, elle ne serait pas forcée, contre sa volonté, de conserver des territoires serbes ». Une remarque que fit le 29 juillet l'ambassadeur d'Autriche à Constantinople au sujet « de la déplorable situation de Salonique sous l'administration grecque

€t du concours sur lequel l'armée autrichienne pourrait compter de la part de la population musulmane mécontente du régime serbe », donne probablement une juste idée des ambitions immédiates de l'Autriche. Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères d'Italie disait également à sir R. Rodd, le 25 juillet « qu'il y avait des informations dignes de foi, que l'Autriche voulait saisir le chemin de fer de Salonique » {AngL, 19). Ses ambitions .ultimes allaientj,encore plus loin et l'on a rapporté que l'archiduc Rodolphe, visitant avec la princesse Stéphanie, sa femme, Sainte-Sophie de Constantinople, lui dit qu'elle y serait peut-être couronnée impératrice un jour.

Ajoutons que le 28 juillet, à Paris, M. de Schoen qui connaissait la valeur des mots, les ruses de son" Gouvernement et ses intentions « affirma bien que l'Autriche respecterait l'intégrité du territoire de la Serbie, mais ne put assurer que son indépendance le serait aussi quand on le questionna sur ce point. » {AngL, 59.)

Un jour particulier est jeté sur les intentions de l'Autriche par sa conduite à l'égard de la Bulgarie dans ces circonstances. On sait avec quel zèle Guillaume s'était préoccupé de créer contre la Russie une coalition de tous ses voisins. Ses efforts pour y faire entrer la Suède, grâce à l'agitation fomentée par l'explorateur Sven Hedin depuis 1912, sont bien connus. La participation du roi de Suède à l'entrevue de Konopisht en juin avait été annoncée, mais il ne vint pas. Il eut été tout naturel que l'Autriche fit de

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