‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 114 sur 133 · PROPOSITION INFAME · texte numérisé non relu

PROPOSITION INFAME

que le caractère défensif et conservateur du traité de la Triple- Alliance est modifié dans son essence pour l'Italie et que celle-ci n'est pas obligée de venir en aide à l'Autriche au cas où, par suite de cette dénciarche, elle se trouverait en guerre avec la Russie, parce qu'en ce cas toute guerre européenne est la conséquence d'un acte de provocation et d'agression de la part de l'Autriche. )) (Hanotaux, Guerre de 1914, t. II, p. 140.)

Cette déclaration ne laissait aucun espoir à l'Allemagne de voir l'Italie aider l'Autriche, mais elle paraît avoir continué à espérer que l'Italie interviendrait contre nous dès que son attaque se serait produite ; tout au moins, le fait que Guillaume au lendemain de la déclaration de guerre désigna un général pour suivre les opérations de l'armée italienne, laisse supposer qu'il n'avait pas perdu l'espoir que l'Italie serait entraînée par les victoires allemandes à prendre part au partage de la France ; mais d'un autre côté il n'ignorait pas la répugnance des hommes d'État italiens pour tout ce qui pourrait les mettre aux prises avec l'Angleterre. S'assurer de la neutralité de ce pays (qui n'avait cessé d'avertir « qu'il se réservait sa liberté d'action »), était donc pour lui doublement important, puisque cette neutralité était la condition sine qua non d'une coopération italienne. Aussi, en sortant du conseil de Potsdam, \e Chancelier fit appeler l'ambassadeur d'Angleterre et lui fit « l'infâme proposition », comme la qualifia plus tard Mr. Asquith. En échange de la neutralité anglaise, il offrait « toute assurance que le gouvernement im-

périal ne viserait pas à des acquisitions territoriales aux dépens de la France. » (On voit qu'il ne garantissait [pas le maintien de notre indépendance !)

« Je questionnai son Excellence, écrivit S. E. Goschen, au sujet des colonies françaises, et il répondit qu'il ne pouvait pas donner la même assurance en ce qui les concernait. Pour ce qui est de la Hollande, S. E. dit qu'aussi longtemps que les adversaires de l'Allemagne respecteraient son territoire et sa neutralité, l'Allemagne était prête à donner au gouvernement de Sa Majesté l'assurance qu'elle en ferait autant. La question de savoir quelles opérations VA'le- Tnagne pourrait être contrainte de faire en Belgique dépendait de Faction de la France, mais quand la guerre serait terminée, le territoire de la Belgique serait évacué si elle n'avait pas pris parti contre l'Allemagne. » {Anglais, 85.)

Avant que cette conversation ait eu lieu à Berlin, sir E. Grey en avait déjà eu deux avec M. Cambon et le prince Lichnowsky. Il avait d'abord averti le premier que « l'opinion publique en Angleterre considérait les difficultés actuelles d'un point de vue tout autre que les difficultés marocaines d'il y a quelques années... qu'ils étaient libres de tout engagement et auraient à décider de ce que les intérêts anglais exigeraient ». ; puis il avait dit au prince « que si les événements prenaient un tel cours que les intérêts de l'Angleterre exigent son intervention, la décision serait très rapide... et qu'il l'en avertissait pour ne pas être exposé à se voir reprocher de l'avoir égaré

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