‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 118 sur 133 · U L T I M A T U M ALLE M AND · texte numérisé non relu

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pérerais sérieusement que tous convinssent de suspendre les préparatifs militaires. » [AngL, 103.) Cette proposition, qui semble marquer le maximum des avantages auxquels le ChaQcelier aurait souhaité dô réduire l'Autriche {Anglais,. 100 et 103) fut acceptée par la Russie le 31 au matin {AngL, 120.) Elh n'était d'ailleurs qu'une légère aggravation d'une proposition analogue faite le 30 par M. Sasonofî quand M. de Pourtalès lui demanda à quelles conditions la Russie suspendrait ses préparatifs militaires.

Immédiatement après, l'ambassadeur d'Allemagne remit à M. Sasonolï la demande qui allait amener la guerre.

Depuis la guerre de 1859, les chefs des armées parlent beaucoup des avantages d'une avance dans la mobilisation ; à vrai dire, à en juger par les mesures qu'ils prirent en temps de paix et par l'usage qu'ils firent de leur avance en temps de guerre, la plupart d'entre eux paraissent avoir plus ou moins mal compris les^choses dont ils parlaient. Au cours de la crise qui nous occupe, le gouvernement allemand avait notoirement essayé de 'se procurer de l'avance'^sur la France et la Russie. Dès le 21 juillet, M. Cambon signalait que les a\4s préliminaires de mobilisation avaient été adressés {France, 15) ; le 23, les officiers allemands en vacances dans la région de Baie, recevaient l'ordre de regagner l'Allemagne ; le 26, la flotte allemande [quittait la Norvège pour rallier directement ses ports et les réservistes de Thionville étaient prévenus d'avoir à se tenir à toute heure à la disposition de la Komman-

dantur. Le 28 et le 29 d'importants mouvements de troupes étaient signalés près de Francfort. Quant à l'Autriche, non seulement elle miobilisa les 8 corps d'armée désig.nés pour agir contre la Serbie, mais elle mit sur pied d'autres troupes. C'est ainsi que la division de landwehr de Prague fut mobilisée en même temps que le 8^ corps d'armée qui avait son siège dans cette ville. Les divisions de cavalerie de Galicie furent également mobilisées, les régiments (d'infanterie ?) et les divisions de cavalerie de Vienne et de Budapest furent transportés à la frontière russe (dès le 26 ?) Les réservistes furent convoqués dans le district de Vienne dont le corps d'armée n'était pas mobilisé (^).

L' État-major russe craignait naturellement de rester en arrière. Ses craintes étaient d'autant mieux fondées que non seulement il avait à faire à des

(1) Franc., 203. — « Dès le matin du 26 juillet, l'organe officiel du Gouvernement hongrois, le Budapest Kôzlôny promulguait dans une édition extraordinaire le texte de trente-trois décrets ordonnant une mobilisation partielle et une longue série de mesures exceptionnelles : mobilisation des corps d'armée de Prague, Leitmeritz, Budapest, Gratz, Temesvar, Hermannstadt, Agram, Serajevo ; mobilisation éventuelle du corps d'armée de Raguse ; convocation du landsturm ; militarisation du service des chemins de fer, des postes, télégraphes et téléphones ; nomination de commissaires royaux ; suspension des libertés constitutionnelles ; ajournement du Parlement, etc. Tous ces décrets, exécutoires dès le lendemain 27, avaient dû être préparés bien avant la réponse serbe, connue seulement dans le courant de la nuit. Le décret ordonnant la mobilisation était même daté du 24 juillet. » (Auguste Gauvain, Les origines de la guerre européenne, p. 125.) — D'autre part, M. E. Denis, La guerre, p. 47, dit : « (Le 26 ?), le 99^ de hgne quitte Vienne au milieu de manifestations exubérantes auxquelles la police n'est pas étrangère. » — D'après l'auteur de J'accuse, Bethmann dans son discours du 4 août 1914, a avoué la mobihsation de deux corps d'armée (autrichiens) « vers le Nord », c'est-à-dire contre la Russie. {Wissen und Lehen, 15 décembre 1916, p. 259.)

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