‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 126 sur 133 · G R E Y AVERTIT L I C H >' O W S K Y · texte numérisé non relu

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neutralité de la Belgique dans une guerre avec la France, il y aurait certainement un changenient dans l'opinion publique qui rendrait difficile pour le Cabinet de maintenir une neutralité amicale. Pour V instant, ils nont pas la plus petite intention d'agir d'une façon hostile contre nous et c'est leur désir de l'éviter s'ils en ont la possibilité. Il leur est toutefois diiiicile de tirer une ligne jusqu'à laquelle nous pourrions alhr sans qu'ils interviennent. »

« Il s'était aussi demandé s'il ne serait pas possible que la France et nous, en cas de guerre russe, restions armés opposés l'un à l'autre sans attaquer. Je lui demandai s'il était en position d'obtenir que la France donne son assentiment à un pacte de ce genre. Je lui dis que comme nous ne désirons ni détruire la France, ni annexer des portions du territoire français, je pensais que nous donnerions notre assentiment à un arrangement de ce genre s'il nous assurait de la neutralité de la Grande-Bretagne. Le ministre répondit qu'il s'informerait et reconnaissait d'ailleurs la difficulté de retenir les militaires des deux côtés. » {Coll. Doc., 542.)

Sir E. Grey a donné, de cette entrevue, dans une de ses dépêches {Anglais, 123) un résumé fort différent. Tout ce qui correspond au dernier alinéa y manque et est remplacé par ': « L'ambassadeur me pressa de formuler les conditions auxquelles nous resterions neutres. Il suggéra même que l'intégrité de la France et de ses colonies pourrait être garantie. » Ces divergences ont d'ailleurs peu d'importance. Évidemment, ceux qui voulaient que l'Angleterre

reste neutre avaient le dessus dans le Cabinet anglais. De là, la proposition de neutralité armée pour la France et l'Allemagne faite par sir E. Grey le matin et renouvelée dans l'entretien du soir. Comme la mobilisation russe était dirigée contre l'Autriche, le ministre anglais avait toute raison de croire que l'Allemagne n'attaquerait la Russie que si la guerre avait commencé entre cette dernière puissance et la l'Autriche. Tant que cette éventualité ne se produisait pas, il lui semblait, avec raison, qu'on pouvait espérer éviter la guerre si la France et l'Allemagne n'en venaient pas aux mains. Le gouvernement anglais n'apprit rien ce jour-là de la déclaration de guerre faite à la Russie. Tout ce que M. de Jagow dit à sir E. Goschen dans une entrevue qu'ils eurent ensemble le soir fut g(( que l'ambassadeur d'Allemagne à Saint-Pétersbourg avait reçu des instructions portant que passé un certain délai, le gouvernement allemand considérerait le refus de la Russie de répondre comme créant un état de guerre. Mais ce télégramme ne parvint en Angleterre que le 2 ^août, et le gouvernement anglais eut ignoré que l'Allemagne 'avait décrété la mobilisation si Guillaume ne l'avait mentionné dans son télégramme 'au roi George pour se faire un mérite de retarder les hostilités.

Ce n'est que le lendemain, 2 août, que Jagow informa Goschen que « des troupes russes ayant passé la frontière, l'Allemagne et la Russie étaient maintenant en état de guerre ». {Anglais, 144.) Ce télégramme arriva le même jour à Londres, probablement

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