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LE PRINCE DE GALLES EN RUSSIE

cependant de la disposition à se rapprocher de la Russie, et le prince de Galles, qui partageait ses idées et avait de l'antipathie pour Guillaume II, alla visiter le tsar Alexandre III son beau-frère, à Saint-Pétersbourg, en quelque sorte comme « ambassadeur extraordinaire », disait le Times. Mais peu après, le Tsar tomba malade d'une albuminurie dont il mourut le l®'' novembre 1894 et la guerre russo-japonaise ranima l'antagonisme de la Russie et de l'Angleterre. Avec une dextérité rare, Guillaume allait y créer V événement exotique sur lequel comptait déjà Bismarck pour détourner la Russie des affaires occidentales.

Dès 1885, la Convention de Tien-Tsin avait réglé la situation de la Chine et du Japon à l'égard de la Corée, mais le gouvernement du Japon, pour créer un dérivatif à l'agitation de son peuple contre les traités de commerce conclus autrefois avec les puissances étrangères et contre la continuation des privilèges des étrangers dans les ports ouverts en vertu des traités, avait fomenté depuis le commencement de 1894, une révolte en Corée. La Chine, en sa qualité d'État suzerain, sur le Conseil de la Russie, envoya 3.000 hommes pour étouffer cette révolte. Le Japon en profita pour faire débarquer le 9 juin 8.000 hommes en Corée. Le 16, il fut déclaré que .l'insurrection était supprimée et la Chine demanda au Japon de retirer ses troupes comme elle allait le faire elle-même, mais celui-ci refusa, et une escadre chinoise ayant été envoyée le 24 à Chemulpo, il déclara que l'insurrection existait encore.

La rivalité de la Chine et du Japon en Corée avait attiré depuis longtemps l'attention de la Russie, voisine de la Corée au nord.

Les diplornates russes désiraient la consolidation de l'indépendance coréenne, et appuyaient et conseillaient les Chinois, les voyant disposés à la respecter tandis que le Japon voulait notoirement établir sa domination en Corée. Il en était résulté un rapprochement étroit entre la Russie et la Chine, mais si l'Angleterre restait neutre, on pouvait prévoir que la Russie se bornerait à adresser des représentations diplomatiques au Japon. Le premier point que celui-ci devait élucider était donc l'attitude du gouvernement anglais en cas de conflit. Interrogé deux fois de suite, le Foreign Office finit par déclarer qu'il ne pourrait voir avec indifférence, ni des changements matériels dans les règlements relatifs aux étrangers en Corée, ni le transfert au Japon d'une partie des possessions de ce pays. Il fit remarquer en même temps au Japon que toute tentative de sa part pour contrôler le gouvernement de la Corée amènerait certainement une intervention de la Russie et peut-être la saisie d'un port coréen par cette puissance. Le ministre japonais Moutsou ayant reçu cette déclaration, s'empressa d'affirmer aux autorités britanniques que quoiqu'il put arriver, le Japon n'avait pas l'intention de saisir une partie quelconque de la Corée. Ayant vu plus clair dans la politique de l'Angleterre, le Gouvernement japonais put donc aller de l'avant et répondit au manifeste justificatif de Li Hung-Chang (28 juin) en sommant

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