‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 131 sur 133 · LES CONCESSIONS DE LA U TRICHE · texte numérisé non relu

LES CONCESSIONS DE LA U TRICHE

l'Allemagne et que celle-ci se considérait comme en état de guerre avec elle » {Autr., 57), ils attendirent jusqu'au 5 août pour déclarer la guerre à la Russie {Autr., 59.),

Il n'est donc probablement pas exact de dire que l'Autriche a voulu la guerre avec la Russie, mais à vrai dire les gouvernants de la première en coururent les risques d'un cœur si léger et montrèrent si peu de [modération et tant de mauvaise foi dans leur conduite qu'ils méritent d'être cloués au pilori de l'histoire avec le principal coupable.

Si cependant celui-ci avait cru que les Autrichiens (qu'il connaissait mieux que nous) iraient sûrement jusqu'à provoquer la Russie à la guerre, il n'eut certes pas déchaîné celle-ci lui-même : il était bien trop prudent pour se charger d'une telle responsabilité inutilement, l'insistance menteuse avec laquelle il la repousse actuellement le prouve bien. On peut donc croire que sans l'initiative audacieuse du Kaiser, la querelle austro-serbe se serait arrangée sans causer une guerre austro-russe, et qu'ainsi la guerre mondiale aurait été évitée.

Ce livre était à l'impression quand M. Maurice Muret a fait paraître sous le titre : U Ei'olution belliqueuse de Guillaume II un ouvrage écrit avec talent où, étudiant « l'attitude adoptée par l'Empereur en face du problème de la guerre depuis son enfance jusqu'à la catastrophe » (p. 9), il aboutit à des conclusions fort différentes des nôtres.

« Pour moi, écrit M. Muret (p. 10), l'Empereur allemand est, tout bien pesé, l'auteur responsable du malheur qui afflige le monde. !Mais, à vrai dire... la responsabilité sanglante du peuple allemand est au moins aussi grande ^ peut-être même plus grande, que celle du souverain. Guillaume lia déchaîné la guerre, certes, mais par ordre, mais à la sommation de ses sujets ou d'une fausse-élite parmi ses sujets. Guillaume II pendant la première partie de son règne a sincèrement voulu la paix. S'il a fini par vouloir la guerre, s'il n'a rien fait, en tout cas, depuis 1911 pour qu'elle pût être évitée, c'est parce que la contagion belliqueuse l'avait gagné et parce qu'il n'a pas eu le courage de tenir tête à un peuple devenu fou. »

Pour M. Muret, « la hâte » à condamner Guillaume est « d'autant plus significative qu'elle cadre mal avec le préjugé démocratique... Pour la plupart de nos historiens^ les phénomènes de l'histoire universelle résultent bien

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