‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 15 sur 133 · GUERRE S I N O - J A P O N A I S E · texte numérisé non relu

GUERRE S I N O - J A P O N A I S E

vernement japonais de garantir que Shanghaï et son voisinage seraient considérés comme placés en dehors de la zone des hostilités.

« Vers la même époque, les négociations pour la révision du traité de commerce anglo-japonais -avaient été terminées, et peu avant la déclaration de la guerre, la Grande-Bretagne demanda l'échange des ratifications (il eut lieu le 16 juillet). On crut pouvoir en conclure que ni la victoire, ni la défaite n'affecteraient la question de la révision du traité... Au lieu d'être liée à la Chine et hostile au Japon, la Grande- Bretagne sembla incliner à être favorable à ce dernier pays. » (Hayashi, p. 73.)

Ainsi rassurés, les Japonais firent informer le Cabinet anglais le 19 juillet de leur intention d'obtenir satisfaction même par la force ; puis, après le torpillage de plusieurs vaisseaux chinois chargés de troupes, déclarèrent la'guerre le 1^^ août.

Pendant les mois qui suivirent, la Russie et la France furent paralysées par des événements internes : le tsar Alexandre III tomba malade et mourut (1^^ novembre), et les conséquences de l'assassinat du président Carnot (24 juin) continuèrent à se faire sentir ; mais en janvier et février 1895,^ quand la victoire écrasante du Japon devint éxnidente pour tous, la Russie commença des préparatifs d'une certaine importance, de nombreux transports furent expédiés d'Odessa en Extrême-Orient, on ordonna de hâter les plans du transsibérien et des préparatifs lurent faits pour renforcer l'escadre de Vladivostok.

Le i^^ février, une circulaire fut envoyée par le

Gouvernement russe à ses ambassadeurs pour faire savoir ses vues au sujet des conditions que l'on pouvait permettre au Japon d'imposer à b Chine. On y annonçait que la France avait déjà accepté les propositions russes, que l'Angleterre et l'Amérique en feraient autant (l'événement démontra le contraire) et on déclarait que dans aucun cas on ne permettrait au Japon de garder à titre définitif un pouce de territoire chinois sur le continent. « En mars 1895, le ministre allemand à Tokio reçut l'ordre de Berlin d'avertir le Japon que toute condition de paix stipulant l'occupation permanente d'une portion du continent chinois provoquerait l'intervention de la Russie » (Pooley, p. 49 ; Hayashi, p. 75.) Sûre que l'intervention de puissances européennes était inévitable, mais ignorant sa direction et son étendue, «pes^hommes d'État japonais résolurent de ne point faire de changements aux conditions de paix qu'ils avaient décidées » et qui furent enregistrées par le traité deJShimonoseki. « Le ministre allemand à Tokio, baron von Gutschmid, fut le premier à en féliciter le ministre des Affaires étrangères japonais par télégramme. Aussi les Japonais furent-ils très surpris quand l'Allemagne changea d'attitude et s'entendit avec Vi France^et la^Russie pour ^es forcer à rendre Port- Arthur. »

Le Gouvernement japonais chercha à savoir les motifs qui f avaientïpoussé l'Allemagne à prendre part à cette intervention, mais nejput jamais obtenir d'explication plausible. « Il faut admettre », dit Hayashi (p. 76), « que bien avant h conclusion du

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