IL PROTEGE LES BOERS OO
Aoies des pangermanistes. Ceux-ci considèrent les Boers, les Hollandais et- les Flamands comme des Allemands qui ignorent leur nature d'Allemands et qu'il faut ramener à la conscience de leur vraie nature par la persuasion ou par la force. On conçoit dès lors l'émotion causée en Angleterre par un acte dont on devait conclure que le Gouvernement allemand s'inspirait de ces théories et allait protéger l'existence d'États vassaux que leur développement et leurs idées d'indépendance devaient fatalement amener à essayer de conquérir la Colonie du Cap. 11 est probable que Guillaume craignait que l'Angleterre ne le inenace ou ne le brave à raison de cette protection accordée aux Boers. La triple alliance contre le Japon sous prétexte de protéger la Chine, le couvrit de ce danger. L'Angleterre avait d'ailleurs à ce moment là trop de sujets de contestation avec la France et la Russie pour pouvoir sur le champ en témoigner son ressentiment à l'Allemas-ne.
La triple alliance contre le Japon constituait visà-vis de l'Angleterre une « politique d'encerclement » autrement réelle que celle que Guillaume et Bûlow ont mis sur le compte du roi Edouard et de M. Delcassé et au sujet de laquelle ils firent faire tant de tapage par des publicistes qu'ils influençaient. De 1894 à 1904, l'Angleterre se trouva absolument isolée en Europe et vécut sans cesse sous la menace d'une triple alliance franco-russo-allemande dirigée contre elle. La prétendue « politique d'encerclement » reprochée à Edouard Yll ne fut, en fait, qu'une série de mesures de prudence destinées à mettre fin à des
antagonismes regrettables ou maladroits dus en partie à des manœuvres allemandes. Les diplomates et les hommes d'Etat anglais, en grande majorité. se rendirent compte, peu à peu, du danger doQt les menaçait la manœuvre de Guillaume II, mais comme ils ne cherchaient que le maintien de la paix, ils s'abstinrent de ces manifestations tapageuses et de ces campagnes de 'presse derrière lesquelles les Robert Macaire allemands abritèrent plus tard les déceptions de leur machiavélisme et leurs nouvelles manœuvres pour le satisfaire.
Étant intervenu ainsi comme diplomate adroit et avisé dans les affaires d'Extrême-Orient^ Guillaume II s'en occupa ensuite comme théoricien. Il fit exécuter par un peintre allemand un tableau représentant les nations européennes groupées mettant en fuite les peuples jaunes (la France y était au premier rang à côté de l'Allemagne et l'Angleterre se trouvait la dernière du groupe) ; il le fit reproduire par la gravure en y ajoutant l'inscription : « Peuples de l'Europe, gardez vos biens les plus sacrés ! », et en envoya un exemplaire à tous les chefs d'Etat, y compris le président Carnot. Cet incident m'a longtemps fait ci'oire que des rêves d'union relativement désintéressée des nations européennes, avaient occupé l'imagination de Guillaume II vers cette époque et avaient pu influencer sa conduite, mais au^fur^et à mesure que j'ai avancé dans ces études, j'ai pu me convaincre du contraire. C'était simplement une invitation à s'entendre pour détrousser les peuples jaunes, avec l'arrière-pensée que l'Allemagne, grâce