TABLEAU CONTRE LES JAUNES
à sa puissance militaire et à l'habileté de son Kaiser, aurait pour commencer la plus* grosse part et y ajouterait ensuite la part des autres lors des querelles qui ne manqueraient pas de se produire. Sous prétexte de faire garder « leurs biens les plus sacrés » par les peuples de l'Europe, on les aurait entraînés dans une série de guerres. Comme Napoléon, Guillaume veut bien travailler au bonheur de l'humanité, mais seulement après l'avoir soumise.
Les mois qui précédèrent l'intervention contre le Japon avaient vu une recrudescence des efforts de Guillaume II pour créer une grande flotte allemande. « C'est alors qu'il commença à se faire connaître comme l'avocat obstiné d'une vaste politique coloniale et d'une forte marine . Le 9 janvier, il invita tous les membres du Reichstag à une soirée à Postdam et leur faisant une conférence passionnée sur la pressante nécessité d'une puissante flotte, il y mit en œuvre de nombreux exemples empruntés aux leçons de la guerre sino-japonaise. Un mois plus tard, il refit cette conférence devant les officiers de l'Office de la marine, y ajouta de nouvelles références aux événements de l'Extrême-Orient et y affirma la nécessité de nouvelles colonies ». (A. M. Pooley, p. 50.) La simultanéité de cette propagande et de l'intervention dans les rapports anglo-boers fait connaître nettement contre quelle puissance ces armements devaient être plus particulièrement dirigés.
Si Guillaume II avait espéré intimider le peuple anglais en agissant avec la Double Alliance contre le Japon, il s'était complètement trompé. On peut
donner à réfléchir au Gouvernement anglais, mais il n'y a pas d'exemple dans l'histoire qu'on soit parvenu à intimider son peuple. Guillaume étant allé en août rendre visite à Lord Lonsdale, les journaux anglais l'avertirent à cette occasion d'avoir à se conduire mieux avec l'Angleterre. En même temps, les Anglais du Cap, dirigés par Cecil Rhodes et le D^ Jameson, s'apprêtèrent à envahir le Transvaal pour y faire prévaloir les droits de leurs compatriotes (Uitlanders).
Le secrétaire d'État von Marschall, ea octobre et à la fin de décembre 1895, attira l'attention du Gouvernement anglais sur les préparatifs des Anglais habitant le Transvaal (et en particulier à Johannesburg) pour un acte de violence. Les Allemands de Pretoria télégraphièrent à l'Empereur allemand en le priaat d'intervenir. Le 30 décembre, le D^ Jameson, à la tête de 800 hommes, franchit la frontière du Bechuanaland, envahit le Transvaal par l'ouest et marcha sur Pretoria.
Le Gouvernement allemand, pour protéger ses nationaux, demanda alors au Gouvernement portugais, l'autorisation de faire passer à Pretoria 50 hommes du Seeadler à travers le territoire de la baie de Delagoa. Un dialogue commença en même temps entre les Gouvernements allemand et anglais au sujet des mesures que comptait prendre le second pour faire respecter les traités. La capture du D^ Jameson par les Boers le 2 janvier 1896 y mit fin.
« Le l^r janvier 1896, écrit M. Mévil {De la paix de Francfort à Algésira^' -p. 8), le baron Marschall