‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 21 sur 133 · AFFAIRE PORTUGAISE · texte numérisé non relu

AFFAIRE PORTUGAISE

Peu après, eut lieu un épisode intéressant :

« En 1898, le Portugal traversa une crise financière des plus graves. En Allemagne les porteurs de titres portugais... s'agitèrent pour qu'on protégeât leurs intérêts d'une façon efficace. Leur appela la Willhemstrasse, fut pris en considération... Le Portugal effrayé, se tourna vers l'Angleterre et sollicita dans les circonstances difficiles qu'il traversait, son appui... Le pacte anglo-portugais fut donc resserré étroitement... Bien entendu, on eut connaissance à Berlin, sinon dans les détails, du moins en substance, de la conclusion d'un arrangement anglo-portugais. C'est alors qu'en Allemagne on songea de nouveau à entrer en pourparlers avec nous...

« Vers le milieu du mois de juin 1898, le comte de Biilow signalait au marquis de Noailles, notre ambassadeur, le danger qu'il y avait à laisser les Anglais et les Portugais arranger tranquillement ensemble leurs petites affaires en dehors de tout contrôle franco-allemand. Ce n'étaient là, cette fois encore, que des ouvertures vagues dont nous ne pouvions que prendre acte en attendant des propositions précises, j

« Le 19 juin, le comte de Munster, ambassadeur d'Allemagne à Paris, remettait à M. Hanotaux, ministre des Affaires étrangères démissionnaire, une note verbale touchant les affaires portugaises. Cette note attirait notre attention sur le danger qu'il y avait à laisser le Portugal compromettre ses droits de souveraineté pour se procurer l'argent dont il avait besoin, ce qui lésait les puissances ayant des

intérêts en Afrique : elle concluait en affirmant la nécessité d'exercer vis-à-vis du Gouvernement portugais certaines représailles économiques, ou tout au moins de le menacer d'un contrôle financier exercé par les gouvernements de Paris et Berlin...

« M. Hanotaux ne put que prendre acte de la démarche du comte de Munster et déclarer qu'il lui était impossible de faire la moindre réponse.

« Le premier soin de M. Delcassé, en assumant la direction de notre politique extérieure, fut de s'enquérir, avant de nous lancer à l'égard du Portugal dans une politique de représailles, politique qui en fait était dirigée directement contre l'Angleterre, si les griefs invoqués par l'Allemagne étaient fondés. Or, notre représentant à Lisbonne obtint l'assurance que le Portugal ne songeait nullement à aliéner ses droits de souveraineté et que les craintes que l'on pouvait avoir à cet égard étaient vaines. Les choses en restèrent là, attendu que M. Delcassé ne crut pas devoir donner suite à la proposition allemande reconnue sans objet. » (Mévi\,De la Paix de Francfort à Algésiras, p. 19.)

La proposition n'ayant pas été accueillie à Paris, Bûlow se retourna vers Londres :

« En septembre 1898, le ministre anglais Balfour et le comte Hatzfeld, ambassadeur d'Allemagne, signèrent un traité. Il avait pour objet le Mozambique avec Lourenzo-Marques, l'Angola, le Benguela, Mossamedes et le Congo portugais. Les deux puissances auraient fait un partage préliminaire de ces possessions et fixé les prix à payer au Portugal,

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