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LA QUESTION DE LA MANDCHOU RIE

comme les troupes des différentes puissances devaient agir conjointement contre un même ennemi, le Tsar, à ce qu'on a dit (^), demanda à Guillaume de désigner le maréchal de ^Yaldersee pour les commander. Mais l'entente russo-allemande ne semble pas^ être allée plus loin. Avant même que Waldersee soit arrivé en Chine, la Russie, interrogée au sujet de l'occupation de Niu-Chwang par ses troupes, « exprima d'une façon bien plus nette qu'auparavant son adhésion à la porte ouverte. » (8 septembre 1900.)

Pendant les deux mois qui suivirent, les agissements des généraux russes en Mandchourie furent en désaccord criard avec cette promesse, mais soit que la Russie n'ait pas fait de propositions acceptables au Kaiser, soit que celui-ci n'ait pas jugé prudent de les accepter, le Gouvernement allemand changea brusquement son fusil d'épaule et le 16 octobre un traité entre l'Angleterre et l'Allemagne fut publié, par lequel ces deux puissances s'engageaient à maintenir la porte ouverte et l'intégrité territoriale de la Chine « et à s'entendre entre elles au sujet des mesures à prendre pour défendre leurs intérêts si une autre puissance cherchait à profiter des complications en Chine pour obtenir des avantages territoriaux sous quelque forme que ce fut. »

Ce traité auquel le Japon accéda peu après, est connu sous le nom de traité du Yang^Tsé-Kiang, car il avait surtout en vue de maintenir la liberté du

(^) Le comte Reventlow dit qu'il est vraisemblable que l'initiative du Tsar doit avoir été précédée d'une communication que lui fit Guillaume au sujet de la nomination d'un généralissime (Deutschlands aiiswàrtige Politik, p. 161).

commerce dans cette vallée ; il était dirigé nettemient contre la Russie, quoiqu'on ait dit que l'Allemagne avait en même temps voulu empêcher l'Angleterre de jouir du monopole du commerce dans la vallée du Yang-Tsé, la plus riche portion de la Chine et qui avait été reconnue comme zone d'influence anglaise. Toutes les nations, y compris la Russie contre laquelle ce traité était dirigé, y donnèrent leur approbation, en y joignant des explications pour expliquer leur point de vue. Celles de la Russie se résumaient dans cette phrase « qu'en cas de violation de l'intégrité de la Chine, elle changerait son attitude suivant les circonstances ».

Cette déclaration fut suivie peu après de la paix de Pékin conclue par les puissances avec la Chine. Celles-ci commencèrent alors à retirer leurs troupes ; la Russie seule maintint les siennes et même les renforça. Puis, elle essaya de conclure avec la Chine un traité lui permettant d'occuper la Mandchourie ; elle eut simultanément promis de l'évacuer, mais en restant seule juge du moment. Le Gouvernef ment chinois paraît avoir donné connaissance de cette négociation à d" autres puissances, et, en particulier à l'Angleterre. Cette nouvelle y causa un grand émoi. Une question à son sujet fut posée au commencement de 1901 à la Chambre des Communes ; le représentant du Gouvernement répondit que les puissances délibéraient.

« Le court espace de temps, dit le comte Reventlow, que durèrent ces délibérations, a vraisemblablement décidé de la direction de la politique allemande

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