CONFLIT G E R M A X O - V E >• E Z U E L I E
établirent ce qu'ils appelaient « un blocus pacifique » des ports du Venezuela (8 décembre 1901). Hay appela avec persistance leur attention sur le fait qu'un (( blocus pacifique » contenait une contradiction dans son nom même et que le faire observer contre les droits des nations neutres ne pouvait être toléré. Il demanda aussi l'arbitrage. L'Allemagne crut que le moment opportun était venu pour elle, et le 8 décembre 1902, la Grande-Bretagne et elle rompirent leurs relations diplomatiques avec le Venezuela^ laissant entendre qu'elles iraient jusqu'au bombardement des villes du \ énézuéla et jusqu'à l'occupation de son territoire.
« C'était mettre à l'épreuve la doctrine de Monroe. Si les États-Unis permettaient aux nations étrangères, sous prétexte de soutenir les réclamations de créanciers, d'envahir les États de débiteurs faibles par des expéditions navales ou militaires et de prendre possession de leur territoire, qu'adviendraitil de la doctrine ? A ce moment la direction de la politique américaine passa du secrétaire Hay au président Roosevelt.
« L'Angleterre et l'Italie consentaient à une transaction. l'Allemagne refusait. Elle disait que si elle prenait possession d'un territoire, une telle possession serait seulement « temporaire », mais des possessions temporaires de ce genre deviennent aisément permanentes, et, en outre, il est difficile d'avoir confiance dans des garanties qui peuvent être traitées de chiffons de papier.
« Le président Roosevelt ne recula pas devant
l'épreuve. Quoique son action n'ait jamais été relatée officiellement, il n'y a plus de raison maintenant pour la taire.
« Un jour quand la crise était à son plein, il fit venir à la Maison Blanche le Dr. Holleben, l'ambassadeur d'Allemagne, et lui dit que si son gouvernement ne consentait pas à un arbitrage, l'escadre américaine de l'amiral Dewey recevrait des ordres huit jours plus tard à midi pour aller au Venezuela et empêcher toute prise de possession du territoire vénézuélien. Le Dr. Holleben commença par protester que son impérial maître, ayant déjà refusé l'arbitrage, ne pouvait pas changer sa résolution. Le président lui dit qu'il ne discuterait pas la question parce qu'on l'avait déjà tellement discutée que recommencer ne servirait à rien d'utile ; il lui donnait simplement un renseignement que l'ambassadeur pourrait juger important de transmettre à Berlin. Une semaine passa saas nouvelles. Alors le Dr Holleben visita de nouveau le président, ma,is ne lui dit rien de l'affaire du Venezuela. Quand il se leva pour partir, le Président lui demanda où elle en était et il répondit qu'il n'avait rien reçu de son Gouvernement. Le Président l'informa alors qu'en vue de ce fait, l'amiral Dewey recevrait l'ordre de partir un jour plus tôt que celui annoncé originairement par lui. Très troublé, l'ambassadeur protesta. Le Président l'informa que pas une ligne n'avait été mise sur le papier, que si l'Empereur consentait à l'arbitrage, lui. Président, le louerait cordialement pour un tel acte et en parlerait comme si l'initiative avait été