‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 36 sur 133 · CONFLIT G E R M A N O - V E N E Z U E L I E · texte numérisé non relu

CONFLIT G E R M A N O - V E N E Z U E L I E

prise par l'Allemagne, mais qu'il fallait apporter dans les quarante-huit heures une offre d'arbitrage ou alors Dewey partirait avec les ordres indiqués. Trente-six heures plus tard, le Dr. Holleben retourna à la Maison Blanche et annonça au président Roosevelt qu'une dépêche venait d'arriver de Berlin disant que l'Empereur consentait à l'arbitrage. Ni l'amiral Dewey (qui faisait alors manœuvrer une flotte américaine dans les Indes occidentales), ni qui que ce soit d'autre ne connut la mesure que l'on avait été sur le point de prendre. On demanda simplement aux autorités navales d'être prêtes, mais on ne leur dit pas pourquoi.

' « Quand il fut annoncé que l'Allemagne avait consenti à l'arbitrage, le Président complimenta publiquement le Kaiser d'être un si ferme avocat de l'arbitrage. Ce trait d'humour fut probablement goûté davantage à la Maison Blanche qu'au Palais de Berlin,

« Le Kaiser suggéra que le Président devrait agir comme arbitre et M. Roosevelt était prêt à accepter, mais M. Hay l'en dissuada... Les réclamations vénézuéliennes furent réglées à La Haye.

« L'Angleterre et l'Italie, les partenaires de l'Allemagne dans l'expédition navale, consentirent volontiers à l'arbitrage. L'Angleterre, nous le présumons, n avait jamais eu l'intention d'arriver à une rupture ouverte avec les Etats-Unis par sa demi-alliance avec l'Allemagne... »

On voit par cet exemple que le Kaiger ne considère pas l'arbitrage comme déshonorant quand il est

imposé par un plus fort ou quand il est la conséquence de la nécessité pour un monarque ambitieux d'éviter les aventures exotiques. Ce que son Gouvernement a dit en juillet 1914 que son honneur de grande puissance défendait à l'Autriche-Hongrie de laisser arbitrer sa querelle avec la Serbie, doit être, d'après les théories du Kaiser, corrigé par l'addition de la phrase « puisqu'elle était la plus forte ». Une pareille théorie ne peut conduire qu'à une longue série de guerres se terminant par la conquête du monde entier par le vainqueur. Mais faire un grand pas dans cette voie et faciliter la victoire finale à un de ses successeurs est depuis longtemps le but de tous les efforts du Kaiser.

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