AFFAIRES MAROCAINES
pays pouvaient s'affirmer, l'établissement de rapports plus étroits, entre les hommes d'affaires français et allemands.jOn pouvait donc espérer que l'accord du 22 août, que le Gouvernement français avait approuvé immédiatement, serait aussi ratifié par le Gouvernement allemand. Il n'en fut rien. Sa réponse, qu'il fit attendre jusqu'au 16 septembre, fut négative, et pour en mieux faire comprendre la portée, il renvoya à Tanger le Dr. Rosen qui incarnait la politique anti-française au Maroc. On continua néanmoins à nous donner de bonnes paroles à Berlin. Rosen fut même rappelé le 1^^ juillet après une incartade un peu trop forte à Tétouan. Il fut remplacé par le baron de Wangenheim, Quand, à l'arrivée de celui-ci à Tanger, M. Robert-Raynaud s'enquit auprès de lui de la suite qu'il se proposait de donner à l'accord ébauché avec le baron de Langwerth et mis aux oubliettes par le Dr. Rosen, le nouveau ministre d'Allemagne lui déclara tout net que l'accord, tel qu'il avait été établi, était inacceptable : le désintéressement politique de l'Allemagne au Maroc ne devait pas être gratuit, il fallait que la France le payât ; les événements qui se précipitèrent ne lui laissèrent pas le temps d'indiquer de quel prix, ni en quelle monnaie. Depuis les premières conversations de M. Robert- Raynàud et du baron de Langwerth, un fait nouveau était survenu : le débarquement à Casablanca (7 août 1907). Le Cabinet de Berlin ne manquait pas une occasion de nous interroger sur la durée de notre occupation de la Chaouya. Le baron de Wangenheim proclamait catégoriquement que son évacuation
était la condition sine qua non de tout accord. II annonçait que les Allemands n'attendaient qu'une occasion pour effectuer de leur côté un débarquement sur un point du Maroc de leur choix ; « ceci est absolument décidé à Berlin », assurait-il. C'est à ce moment qu'éclata l'incident des déserteurs de Casablanca qui, pendant un mois et demi, tint l'Europe en suspens.
yjp