ENTREVUE DE R E "V A L
sir Charles Hardinge et M. Isvolski, qui accompagnaient leurs souverains, se mirent d'accord au sujet d'un programme qui, dit-on, comportait la nomination d'un gouverneur général pour la Macédoine... ^hrenthal et la presse germano-juive d'Autriche- Hongrie et d'Allemagne affectèrent de voir dans cette entrevue une conspiration contre le statu quo {^) et une attaque contre la souveraineté du Sultan à laquelle l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne devaient résister. La version austro-allemande sur l'entrevue de Reval fut disséminée dans toutes les loges maçonniques juives de Salonique et de Macédoine où se réunissaient les conspirateurs jeunes-turcs. On leur prêcha qu'ils devaient accélérer leur action en vue du péril qui menaçait l'Empire ottoman. Le 24 juillet, la révolutioQ éclatait... » (Steed, loc. cit., p. 238.) .,
Miss E. Sellers [loc. cit.,' p. 234) prétend que la demande de concession du chemin de fer de Novi Bazar fut faite sans en informer Guillaume, qu'il l'appuya néanmoins et qu'il n'en fut pas remercié, tout au
jamais la tristesse et la méfiance pendant le repas et comment elles disparurent peu à peu devant le tact infiniment patient du Roi et le charme irrésistible de sa personnalité. La cérémonie qui avait si mal commencé finit par une promenade des deux souverains bras-dessus bras-dessous sur le pont pavoisé, pendant que les vivats de la vaste multitude rassemblée autour du port rententissait à leurs oreilles. L'objet du Roi en allant en Russie était exactement le même que celui qui l'avait conduit à Cronberg et à Ischl : c'était la paix du monde. I! cherchait par sa présence et son amitié à fortifier les efforts de ses ministres qui recherchaient également la paix du monde. » (H. Begbte, Vindication, p. 37). (^) Guillaume II fit comme elle. La Dortmunder Zeitung divulgua les paroles prononcées par lui à l'issue d'une inspection de cavalerie à Doeberitz : « Il semble vraiment que l'on veuille nous encercler et nous provoquer. Nous saurons le supporter. Jamais le Germain n'a mieux combattu que lorsqu'il eut à se défendre de tous les côtés. Qu'ils viennent donc contre nous. Nous serons prêts. » Le sens général de ces paroles ne fut pas démenti. (Arren, Guillaume II, p. 302.)
moins par François-Ferdinand. « En tout cas, quand l'Empereur et l'Impératrice vinrent à Vienne pour le jubilé de François-Joseph, l'Archiduc fut tout au moins aussi réservé que précédemment ; il permit au président du Reichsrath, son partisan dévoué, de refuser une décoration prussienne, et ce qui fut plua grave, invité lui-même aux manœuvres allemandes, commença par s'en excuser. »
« Sa raison pour ce refus était aussi bonne que celle de l'Empereur pour le forcer à accepter : les manœuvres devaient avoir lieu en Alsace-Lorraine et il était probable que les Français seraient mécontents de sa présence dans les provinces qu'ils ont perdues. ' Un des griefs de Berlin contre lui était son admiratioa bien connue pour la France et sa sympathie pour les Français. Finalement, Guillaume l'emporta et l'Archiduc alla aux manœuvres, mais sans cacher se répugnance et seulement, comme il le laissa savoir,, parce que son oncle avait insisté pour qu'il y aille. Il n'en fut pas reçu moins chaleureusement par l'Empereur, et pour la première fois, on nota que l'Archiduc y répondit dans une certaine mesure. S'il écourta son séjour le plus possible, il pressa en revanche, sou hôte de le visiter au mois de novembre suivant à Eckartsau, son nouveau rendez-vous de chasse dans les marais du Danube... »
Cette rencontre de Guillaume et de l'Archiduc avait lieu en septembre 1908, un mois avant l'annexion de la Bosnie. ^Ehrenthal a plus tard déclaré à M. Wesselitzky que l'Allemagne n'avait pas été prévenue d'avance de celle-ci, mais ce n'était qu'une