A >" N E X I O X DE LA BOSNIE
feinte destinée à naénager la situation de cette puissance vis-à-vis de la Turquie, et à rendre moins pénible à l'Angleterre et à la France de n'avoir pas été consultées. Le comte Reventlow dit {Auswartige Politik, p. 326) : « yEhrenthal avait fait confidence au baron de Schôn, secrétaire d'Etat allemand des Affaires étrangères, et à M. Tittoni, ministre des Affaires étrangères d'Italie, de son dessein d'annexer les territoires occupés et ils ne lui avaient fait aucune objection ; il leur avait seulement tu le moment où il voulait faire l'annexion et il semble que ces deux hommes d'Etat ne lui avaient fait aucune question à ce sujet ». L'assentiment de l'Italie semble d'ailleurs avoir été acheté par le consentement de l'Autriche à la conquête de la Tripolitaine par la première. ^Ehrenthal avait aussi discuté la question de l'annexion avec M. Isvolsky et il semble que le consentement de l'Autriche à l'établissement de la liberté du . passage des vaisseaux de guerre à travers le Bosphore et les Dardanelles, avait été le prix demandé par la Russie pour donner son assentiment, ^hrenthal parut d'abord accepter, mais il se ravisa après coup. Le ministre autrichien, en refusant cette satisfaction à cette puissance, savait que la France seule était f avorable au désir de celle-ci.
En annonçant à Constantinople l'annexion, l'Autriche y avait fait savoir qu'elle évacuerait le sandjak de Novi Bazar où elle tenait garnison et qu'elle le remettrait entièrement à la Turquie. Cette concession, faite sans doute à l'instigation de l'Allemagne protectrice de la Turquie, ne suffit pas à calmer les
Turcs. Ils menèrent grand bruit de leur indignation et boycottèrent d'une façon fort effective les marchandises autrichiennes, j^hrenthal, pour les séparer de la Russie et de la Serbie, dut acheter leur acquiescement par une grosse indemnité (26 février 1909.) Ce qui avait d'ailleurs contribué à augmenter l'indignation des Turcs, est que le prince de Bulgarie, la veille de l'annexion, avait déclaré l'indépendance de sa principauté et pris le titre de Tsar. Il avait été convenu entre Ferdinand de Cobourg et ^Ehrenthal que cette déclaration aurait lieu le 4 octobre et que l'annexion serait annoncée le lendemain afin de la présenter comme une réponse à la déclaration de la Bulgarie, mais une erreur du comte Khevenhûller, ambassadeur d'Autriche à Paris, qui annonça le tout au président Fallières le 3, dévoila cette supercherie. En prenant le titre de Tsar, Ferdinand de Cobourg montra qu'il ne craignait pas de blesser les sentiments de l'empereur Nicolas et des Russes qui avaient jusqu'alors considéré ce titre comme un privilège de la Russie. Il y avait probablement été incité par ^hrenthal qui tenait à le brouiller avec la Russie, la Serbie et la Turquie, pour le tenir sous sa dépendance et le leur opposer en cas de besoin. Mais la Serbie était cette fois assez exaspérée de l'annexio.n de la Bosnie pour ne pas s'occuper des progrès de la Bulgarie. Elle avait toujours espéré obtenir tôt ou tard, une partie de la Bosnie et par ce moyen un accès à la mer. Elle jugea propice l'occasion de l'annexion pour demander un dédommagement et mobilisa. Le mécontentement soulevé par l'annexion