‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 58 sur 133 · ANNEXION DE LA BOSNIE · texte numérisé non relu

ANNEXION DE LA BOSNIE

en Italie, en Angleterre (') et surtout en Russie, lui donnait l'espoir de trouver des appuis. Tel était la situation le 4 novembre 1908 quand Guillaume vint à Eckartsau pour rendre visite à François-Ferdinand. 11 acheva d'y faire la conquête de cet Archiduc. Quand ils se quittèrent, ils étaient bons camarades. En quittant Eckartsau, Guillaume, accompagné de l'Archiduc, alla rendre visite à François-Joseph à Schonbrunn ; le bruit courut qu'il lui avait demandé d'associer davantage son neveu au Gouvernement et que cette demande n'échoua que devant l'opposition pubHque des Hongrois et l'opposition secrète des archiduchesses. En même temps l'empereur Guillaume manifestait un intérêt marqué pour la princesse de Hohenberg, femme de l'Archiduc. Comme elle venait d'accoucher d'un enfant mort, on n'y vit cette fois rien de particuHèrement significatif.

Après cette entrevue, la tension diplomatique continua comme par le passé. Elle devint telle entre l'Autriche, la Russie et la Serbie que le Gouvernement anglais devint inquiet pour le maintien de la paix ; tout en faisant parvenir des conseils de. modération à Saint-Pétersbourg {') et à Belgrade, il jugea

(^) « Il est public que François-Joseph a été surpris et troublé par l'attitude de l'Angleterre à l'égard de la brusque annexion de la Bosnie- Herzégovine et que les influences anglophobes ont essayé d'en tirer le plus grand parti possible. » {National Review, vol. LVI, p. 388). François-Joseph qui s'était prononcé avec énergie pour l'Angleterre au commencement de la guerre des Boers s'était attendu à lui voir prendre une attitude du même genre. Il appréciait mal la complexité de la situation anglaise.

(*) Le 4 août 1914, sir E. Grey dit à la Chambre des Communes

à propos de donner à l'Alleniagne une preuve de ses sentiments amicaux et le 10 février, Edouard accompagné de la reine Alexandra, alla visiter Guillaume à Berlin. Le Gouvernement allemand avait de son côté, fait la veille une concession à la France en signant avec elle un accord destiné « à faciliter l'exécution de l'acte d'Algésiras et à éviter toute cause de malentendus à l'avenir )) sur ce sujet. Enfin le 26 février, comme nous l'avons dit, l'Autriche acheta l'acquiescement de la Turquie. La situation étant ainsi consolidée du côté de ces trois puissances, la Russie et la Serbie se trouvèrent isolées. C'est alors que commença la péripétie principale de cette crise encore obscure et sur laquelle M. Tittoni, alors ministre des Affaires étrangères d' Italie a fait un peu de lumière dans le récit suivant :

« Je ne pourrais rien dire qui ne soit connu sur ce qui se passa d'octobre à décembre 1908. Au contraire au commencement de 1909 commencent les nuages et ceux-là enveloppent encore partiellement la période qui s'étend entre les premiers jours de janvier 1909 et la présentation a Pétersbourg de l'ultimatum germanique... Durant le mois de janvier, les relations entre l'Autriche et la Serbie devinrent sans cesse plus mauvaises. Les puissances montraient

« Je déclarai nettement, en 1909, à M. Isvolski que comme c'était une crise balkanique, une affaire balkanique, je n'étais pas d'avis que l'opinion publique anglaise nous approuverait si nous donnions quoi que ce soit plus qu'un appui diplomatique. » La presse germanique ayant continué néanmoins à soutenir que l'Angleterre avait excité la Russie à agir en 1909, sir E. Grey publia sa lettre du 27 février 1909 à sir A. Nicolson, ambassadeur d'Angleterre à Pétersbourg, qui prouvait le contraire. (Petit Parisien du 31 mai 1916.)

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