‹ La diplomatie de Guillaume IIChapitre 59 sur 133 · ANNEXION DE LA BOSNIE · texte numérisé non relu

ANNEXION DE LA BOSNIE

<l'ailleurs clairement qu'elles n'avaient pas l'intention de faire un casus helli de l'annexion de la Bosnie- Herzégovine, car elle ne changeait pas un état de fait qu'aucune n'aurait jamais pensé à contester et ne portait qu'une offense idéale au principe du respect des traités, mais elles n'avaient fait aucun pas vers la reconnaissance de l'annexion même. L'Autriche armait et observait une attitude énigmatique. L'Allemagne était prête à soutenir l'Autriche en toute occurrence. L'Angleterre et l'Italie se préoccupaient de l'incertitude de la situation et des risques qui en dérivaient pour la conservation de la paix. Le 19 février 1909, le secrétaire permanent du Foreign-Of fice, sir Charles Hardinge, disait au chargé d'affaires d'Italie que l'Angleterre était sérieusement impressionnée de ce qu'elle apprenait que l'Autriche méditait des mesures de coercition contre la Serbie, car un conflit entre l'Autriche et la Serbie troublerait la paix de l'Europe, d'autres puissances devant être entraînées dans cette guerre. Il proposait donc de signifier à Vienne que les puissances étaient disposées à agir à Belgrade pour que tout motif de plainte de l'Autriche soit éliminé. »

« En ma qualité de ministre des Affaires étrangères, j'avais eu la même préoccupation depuis quelque temps. Je me hâtai donc de télégraphier à l'ambassadeur d'Italie à Berlin la communication de sir G. Hardinge, m'y associant pleinement et ajoutant que j'estimais essentiel d'avoir le concours du Cabinet de Berlin, sans lequel l'action diplomatique auprès du Gouvernement austro-hongrois aurait perdu toute

efficacité... J'insistais avec la plus grande force pour que le Gouvernenient allemand adhérât à la démarche proposée par l'Angleterre... En même temps, je télégraphiai au chargé d'affaires d'Italie à Londres, me félicitant de l'initiative de l'Angleterre et insistant pour qu'elle s'explique sans retard, me déclarant prêt à m'y associer avec chaleur...

« Une période de conversations sans résultat appréciable suivit : protestations de tous au sujet de leurs intentions pacifiques, réitération par l'Allemagne de sa résolution de rester dans tous les cas du côté de l'Autriche, récriminations de l'Autriche contre la Serbie. Ce fut alors que je pensai qu'on pourrait trouver un moyen d'en sortir en faisant revivre l'idée de conférence qui, proposée par l'Angleterre et la Russie au commencement de la crise de la Bosnie- Herzégovine, n'avait pas été acceptée par l'Autriche. Il me semblait évident que la question de la Bosnie étant réglée entre les grandes puissances, toute agitation cesserait en Serbie, et par suite l'Autriche n'aurait plus de raison ou de prétexte pour troubler la paix. En conséquence, pendant que toutes les puissances exerçaient une action modératrice à Belgrade, je proposai confidentiellement la réunion de la Conférence et comme la répugnance de l'Autriche à y accéder dérivait de son programme indéterminé et illimité, je proposai que la Conférence fût étroitement limitée aux points sur lesquelles maintenant toutes les puissances étaient d'accord, c'est-à-dire : prendre acte du traité entre l'Autriche et la Turquie au sujet de la Bosnie-Herzégovine, reconnaissance

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